La première fois que j’ai entendu parler du Vodianoï, c’était il y a bien longtemps, dans Sous le ciel de Novgorod, un roman de Régine Deforges. On y suit le destin de la princesse Anna Iaroslavna (Anne de Kiev), future reine de France, arrachée à sa Russie natale.
Elle y évoque brièvement l’horrible Vodianoï, esprit des rivières brutal et maléfique, qui poursuit la belle Roussalka de ses assiduités. Quelques lignes qui restent gravées dans ma mémoire de fan de mythes et légendes. (Les contes slaves m’avaient d’ailleurs inspirée une aquarelle de la belle Snegurochka il y a quelques années.)
Je parle déjà de la figure du Vodianoï dans un billet sur les esprits de l’eau, mais comme il s’est rappelé à moi récemment, j’ai eu envie de lui consacrer un peu plus d’espace.
Qui est le Vodianoï
Dans le folklore slave, le Vodianoï (ou Vodnik) est un esprit cruel, à l’apparence repoussante, qui prend un immense plaisir à noyer les imprudents qui se présenteraient sans offrande à son intention.
Il est décrit comme un génie des eaux amateur de bon tabac et perpétuellement trempé. D’ailleurs, si vous croisez un pilier de bar avec une flaque d’eau sous son siège, c’est potentiellement un vodianoï.
Les vodianoï (au pluriel, cette fois) seraient l’équivalent des ondins et tritons de la mythologie grecque. (source: Wikipédia)
Pourquoi cet esprit des rivières m’inspire
Des années après ma lecture de Sous le ciel de Novgorod, le Vodianoï m’est revenu en mémoire lors d’une campagne de Warhammer, le jeu de rôle, qui se déroulait en Kislev, un royaume évoquant les pays slaves et la Russie en particulier.
L’illustration dans le livre de règles de la campagne le représente sous la forme d’un humanoïde ressemblant à un crapaud, très inspirée par un dessin de 1934 par Ivan Bilibine, auteur et illustrateur russe.

Portée par cette campagne de jdr et par l’image de cet horrible esprit des eaux pourchassant les roussalki tel un Poséidon déterminé à s’accoupler avec toutes les nymphes passant à sa portée, je me suis demandé à quoi ressemblerait le fruit d’une telle union (soutien à celle qui en a fait les frais).
Évidemment, j’en ai peint une aquarelle.
La fille du Vodianoï – ma réinterprétation à l’aquarelle
L’idée derrière La fille du Vodianoï me vient d’une photo partagée par 1Kwords, une modèle et photographe absolument géniale, qui partage des références pour les artistes sur Bluesky.

Quand j’ai vu cette pose de film d’horreur et cette lumière verte autour de la femme, j’ai tout de suite imaginé une créature dans une pose presque prédatrice, prête à bondir ou à fondre sur une proie. Et allez savoir pourquoi, la fille du Vodianoï est née dans ma tête. Le fait qu’à ce moment-là, j’étais dans ma phase esprit des eaux, a sans doute joué sur mon imagination.

Pour cette aquarelle, j’ai sorti ma plus belle palette de verts, de bleus et un noir de pérylène fabriqué de main de maître par Valentine, aka La palette de la Merlette (si vous pratiquez l’aquarelle, allez voir sa boutique, ses peintures sont hyper quali!).
Pour la petite anecdote, j’ai commencé à travailler sur cette aquarelle en 2025, mais j’ai pris une direction qui ne me plaisait pas et j’ai abandonné le projet. Quelques mois plus tard, je suis retombée sur mon croquis et j’ai décidé de recommencer à zéro, avec une ambiance différente.
Très vite, j’ai compris que cette fois, la lumière me plaisait beaucoup plus, avec cet effet de bioluminescence dans le bassin où descend notre créature.
Cette dernière possède la peau verte et verruqueuse de papa, mais la beauté et le charme de maman.

Si vous n’avez rien contre une touche de mystère, d’horreur et de glamour, La fille du Vodianoï est faite pour vous. Elle est disponible dans la boutique en ligne, déjà sertie dans un beau passepartout noir qui fait encore davantage ressortir la lumière du bassin.


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