Je confesse une certaine tendance à chercher l’inspiration et la motivation auprès des auteurs et artistes anglo-saxons, qui sont souvent assez prolifiques en conseils et retours d’expérience. C’est le cas d’Austin Kleon, ou encore d’Elizabeth Gilbert, qui ont écrit des livres sur la créativité et l’art de construire une vie artistique et inspirante.
Ça ne m’empêche pas d’observer ce que font mes copines et la façon dont elles construisent leur univers et évoluent professionnellement dans leur métier créatif.
On ne s’en rend pas toujours compte, mais notre entourage peut nous entraver ou au contraire, nous porter vers l’infini et au-delà.
C’est le cas de Siècle Vaëlban, dont le nom apparaît de plus en plus souvent dans le monde littéraire de l’imaginaire.

Un univers original, très doux et humain
Il y a dans les œuvres de Siècle une sagesse très particulière, sans doute issue de ses voyages. On navigue dans de la fantasy, des univers post-apo et des contes philosophiques qui ont tous le don de me subjuguer. Ne cherchez pas d’Heroic Fantasy sanglante et bourrine chez elle. Ses livres sont des bijoux d’humanité et de réflexion.
Les décors époustouflants de Plein Ciel, le bleu infini de la mer dans La demeure des Mah-Haut-Rels, les cloches étranges du Cri soleil. Chaque roman est un bonbon que je cherche à garder le plus longtemps possible en bouche.

Pourquoi je considère Siècle Vaëlban comme un exemple à suivre
J’ai rencontré Siècle sur un forum d’écriture (CoCyclics) il y a quelques années et tout de suite, j’ai accroché à cette plume si riche dont je découvrais des bribes sous forme d’extraits à bêta lire.
J’ai notamment eu la chance de lire les premiers chapitres de Plein Ciel, dont elle rédigeait le premier jet. Et j’ai suivi avec délice ses différents challenges autour de Nomorgames, une série que j’ai hâte de voir en librairie !
Elle-même a eu la gentillesse de lire les aventures d’Alaia à l’époque où je commençais à écrire sérieusement et de m’offrir de précieux retours.
Au fil de rencontres littéraires, aux Imaginales notamment, nous avons noué des liens amicaux et j’ai vite compris que Siècle prenait son travail au sérieux.
Elle m’a d’ailleurs confié quelques commandes de dessins pour accompagner ses projets d’écriture sur son site internet. Je débutais ma propre carrière d’artiste à ce moment-là et j’étais très fière de pouvoir illustrer ses idées.

Aucune surprise pour moi quand j’ai appris qu’elle avait signé avec une agente littéraire pour offrir le meilleur à ses romans. Quand, comme elle, on a passé des années à écrire, relire, peaufiner pour ensuite retourner écrire, c’est qu’on traite ses histoires avec déférence.
Je me souviens d’une promenade suivie d’un délicieux dîner à Strasbourg où nous avons évoqué tout le travail que Siècle avait fourni sur plusieurs années, de matinées consacrées à l’écriture, jour après jour.
Je me souviens également de discussions autour des contrats d’édition à l’époque où je travaillais sur L’Oracle des Gardiennes Sacrées et des conseils que me donnait Siècle Vaëlban, qui était en pleine recherche de maisons pour ses ouvrages.
C’est à ce moment-là que j’ai ajouté son nom à la liste de mes « mentors », en tout cas celleux que je considère comme tels.
Autant dire que quand Plein Ciel est paru, je suis allée l’acheter (alors même que Siècle m’en avait réservé un exemplaire relié dédicacé) et j’ai découvert à cette occasion que je figurais dans les remerciements. Si mon pseudo sur Mastodon est « Aemarielle aux pinceaux dorés », c’est grâce à Siècle Vaëlban, sachez-le ! 😁
Être tellement bon qu’on ne peut pas vous ignorer
« Be so good they can’t ignore you. » Steve Martin
Si les sorties se succèdent à un tel rythme aujourd’hui, ce n’est pas une question de chance.
D’abord, il y a le travail acharné fourni par Siècle Vaëlban pour donner vie à ses histoires. Le soin consacré à son style, à sa plume. Il en faut de la dévotion pour écrire, soumettre ses textes aux regards extérieurs, accepter les retours, les critiques et recommencer quand c’est nécessaire.
Pour tenir bon, il faut une résolution hors norme, de la patience et beaucoup de confiance en l’avenir.
Et un agent qui fait un super job, ça compte aussi.

L’importance de l’entourage
Quand un livre de Siècle Vaëlban paraît, c’est le fruit d’un long travail de fond en coulisses :
- obtenir une rémunération correcte,
- faire en sorte que le livre soit bien accompagné avant sa sortie et après. Savoir dire non quand c’est nécessaire.
- s’appuyer sur les bonnes personnes : son agente, les illustratrices qui l’entourent et embellissent ses livres, comme la talentueuse Anouck Faure sur les Mah-Haut-Rels ; sur les auteurices qui l’encouragent au quotidien.
Tout ça, Siècle a appris à le faire parce qu’elle s’est positionnée comme la première championne de son travail. Elle ne passe pas sa vie sur Instagram à faire des reels ou à parler d’écriture. Elle cultive sa plume et rencontre son lectorat avec une immense disponibilité.
Défendre son travail avec fierté
Elle incarne un élément primordial dans la vie d’artiste, dont parle d’ailleurs l’autrice Amy McNee (Inspired to write) sur son Substack.
« You’re the author!?! Dare to champion your creations. » (C’est toi l’auteur !?! Aie le courage de défendre tes créations.)
Quand on a la tête dans le guidon, comme ça m’arrive parfois, on peut céder au découragement, se sentir perdu et oublier pourquoi on fait les choses.
Il m’arrive régulièrement de ne pas être suffisamment active dans la promotion de mes créations, de me dire : « À quoi bon? »
Dans ces moment-là, j’aime pouvoir me raccrocher à des figures inspirantes, comme Siècle Vaëlban, qui ne fait pas du tout la même chose que moi, mais qui incarne à mes yeux quelqu’un qui croit profondément en ce qu’elle fait et déplace des montagnes pour ses livres.
Alors la prochaine fois que vous doutez de vos projets, que vous avez envie d’abandonner, cherchez du côté de vos mentors.
En avez-vous ? Qui sont-ils/elles?
Note de l’autrice : Cet article est une réécriture d’un billet datant de 2021, dans lequel je parlais principalement des illustrations que Siècle m’avait commandées. À présent que ses romans sont parus, je trouve plus intéressant de vous parler d’elle que de moi ☺️.


Tu évoques la difficulté de conserver certains aspects du croquis en mettant au propre : mais oui !!! C’est juste fou comme le caractère ou l’humeur d’un personnage, par exemple, peuvent changer… Franchement, une fois dessinés, même au stade croquis, on dirait qu’ils prennent vie et s’amusent à n’en faire qu’à leur tête !
Ah de toute façon entre le croquis, le dessin au propre et la couleur, le personnage se métamorphose complètement! Et c’est amusant de découvrir le résultat final par rapport au croquis de base. Mais par exemple sur le projet oracle, ça m’a posé des petits soucis quand ma co autrice adorait le regard d’un personnage sur le croquis et qu’elle ne le retrouvait plus dans le dessin travaillé ^^
Oh mais tu sais que je n’ai pas vu passer cet article du tout, ni dans la newsletter, ni sur les réseaux, donc je le découvre à la seconde en farfouillant sur ton site comme dans ma boutique préférée ! C’est toujours un immense plaisir de travailler avec toi, ma chère Aemarielle et je me réjouis à chaque fois que je contemple les icônes que tu as crées pour mon site. Merci de ton écoute, de ta bienveillance et de ton merveilleux coup de pinceau. <3 <3 <3
Ma chère Siècle, j’ai été tellement ravie d’écrire cet article qui a patienté longtemps avant de quitter le tiroir de la confidentialité et surtout de pouvoir te créer tes jolies icônes ! Il me semble l’avoir partagé pourtant, mais dans le flux d’internet, parfois les infos se dissolvent trop vite.