L’art de tenir un journal sans stress

En ce début d’année morose côté météo et actus, je vous propose un thème un peu différent de l’habitude : l’art de tenir un journal.

Je termine mon troisième journal de l’année et jamais je n’aurais imaginé que je serais capable de rester régulière dans cette pratique.
Ça fait désormais tellement partie de moi que je me suis dit que j’allais en parler ici avec vous parce que je sais de source sûre que j’ai des fans de journaling ici.

Sur un bureau, mon agenda et journal 2026 ouvert et décoré de stickers, tampons et carte de tarot.
Mon Traveler’s notebook qui intègre mon journal et mon agenda 2026

Je rêvais de tenir un journal, mais je ne faisais qu’acheter du matériel

Je fais partie des personnes qui adoooorent les carnets et la papeterie et pourtant, pendant des années, je me suis contentée de collectionner sans utiliser. J’achetais de beaux carnets, de jolies couvertures en cuir, des marqueurs à ne plus savoir quoi en faire.

Deux couvertures de type Traveler's notebook pour tenir mon journal
Mes couvertures préférées : les Traveler’s notebook format standard, ni trop grand ni trop petits.

J’étais salariée, je n’aimais plus mon travail ; acheter de la papeterie était un moyen comme un autre de me réconforter. Un peu comme acheter des gâteaux pour adoucir une dure journée.

Au fond, je voulais vraiment tenir ce journal, remplir ce nouveau carnet spécialement acheté pour mon futur best-seller, me créer une routine de dessin quotidien dans mon sketchbook.

Quoi je fasse, je finissais toujours par abandonner. Pas le temps, pas l’énergie après le boulot, et puis franchement, ces premières pages, quel ennui ! Je raconte des banalités.

Le mythe du journaling parfait sur internet

Bien évidemment, j’étais happée (et je le suis toujours) par les vidéos de journaling sur YouTube. Je ne peux pas résister à une visite des carnets et journaux d’inconnus sur le web. Tout y est toujours parfait, il n’y a jamais de rature, d’hésitations. Si je vois un personnage de film ou de série utiliser un carnet, je veux absolument savoir ce qu’il y a dedans.

Ces gens ont des choses passionnantes à raconter.

  • le détective qui prend des notes sur son enquête ;
  • ce geek qui consigne ses expériences et dessine des croquis à tomber par terre dont les méchants ont besoin pour réaliser leur plan ;
  • la sorcière qui ajoute une entrée dans son magnifique grimoire ;
  • cette YouTubeuse qui décrit ses voyages dans son carnet avec moult photos et dessins.

Et il y a moi, qui raconte que l’un de mes chats a vomi après avoir mangé ses croquettes trop vite ce matin…

Une page de journal couverte d'écriture à l'encre noire
Ou on parle de caca de chaton aussi, oui…

Forcément, ça vend moins du rêve. Et pendant longtemps, je me suis dit que ma vie n’était pas suffisamment intéressante pour que je tienne un journal. Je passe ma vie à dessiner chez moi, je sors peu et je ne voyage pratiquement pas. Si je n’ai pas d’aventure à raconter, à quoi bon ?

(Imaginez, j’ai quitté mon CDI pour devenir artiste indépendante, je gère ma propre boutique d’aquarelles en ligne et j’arrive encore à trouver ma vie ennuyeuse !)

Intégrer son journal dans son quotidien

Le 1er janvier 2025, pleine de l’énergie des nouvelles résolutions, j’ai attrapé un carnet qui prenait la poussière dans un tiroir, je l’ai installé dans un de mes Traveler’s notebook et j’ai commencé à écrire une page de journal.

Le lendemain, j’ai recommencé. Le surlendemain aussi. Et ça ne s’est pas arrêté de l’année.

3 carnets de notes empilés sur mon bureau.
Ces 3 carnets aux pages fines contiennent une année complète de journaling, qui l’eût cru ?

Sans m’en rendre compte, j’ai créé un rituel quotidien : chaque matin, en buvant mon café, j’attrape mon carnet, mon stylo-plume (toujours le même), un marqueur pour la date, et je me lance.
Le matin, je suis plus dans une forme de nettoyage du cerveau. Je vide mes pensées, je consigne mes émotions. Ça ressemble un peu aux pages du matin dont parle Julia Cameron dans The Artist’s way, mais en plus court.

En fin de journée, je refais une session d’écriture où j’écris ce qui s’est passé aujourd’hui.

Je raconte toujours des banalités dans mon journal. Mes pages sont pleines de bêtises de chats, d’anecdotes qui ne me parlent qu’à moi. Et vous savez quoi ? C’est normal, en fait.

Tenez votre journal pour vous avant tout

Ce qui me bloquait, ce n’est pas le fait que ma vie soit plan plan, c’est l’idée que d’autres risqueraient de trouver ça ennuyeux. Or, mes amis, votre journal, vous ne l’écrivez pas pour internet. Vous l’écrivez pour vous.

Racontez les banalités, répétez les mêmes choses jour après jour si ça vous fait du bien.

Aujourd’hui, tout le monde poste des photos de ses carnets (et franchement, mon côté voyeur adore!), partage l’intime sous forme de contenu vidéo, mais vous n’êtes pas obligé de le faire.

Tenir un journal ne nécessite pas de le poster sur Instagram (d’ailleurs la plupart des gens qui le font ont un but derrière : promouvoir des marques, par exemple…).

Vous n’avez pas non plus besoin d’avoir une belle écriture, de rendre vos pages esthétiques, d’y ajouter des dessins. J’aime l’idée d’avoir de jolies pages, mais un ou deux autocollants suffisent pour ne pas y passer des heures. Je ne dessine pas dans mon journal, il n’est pas là pour ça. (Quand je croise des copines sur des salons ou marchés de créateurs, j’en profite pour faire mon shopping stickers !)

Une couverture de carnet en cuir ouverte sur la page de garde d'un agenda 2026 décoré de stickers et tampons.
J’ai mis un sticker de chez Amande Bleue pour donner l’ambiance de 2026, par exemple ! 🙂

Mon journal est une succession de mots en noir et blanc, pas spécialement « fancy ». J’ai choisi un papier très fin qui me permet d’avoir beaucoup de pages dans un petit volume, c’est tout.

Quelques conseils si vous rêvez de tenir un journal, mais que vous n’y arrivez pas encore

  • Choisissez un petit carnet : pas trop de pages, pas trop impressionnant. Vous le remplirez vite et le sentiment de satisfaction vous donnera envie de continuer.
  • Si la page vous intimide, collez un sticker dans un coin, ou une note repositionnable. Ou faites un dessin si vous en avez envie. Occupez l’espace pour avoir moins à écrire.
  • Vous n’êtes pas obligé.e de remplir une page tous les jours. Parfois, je fais tenir 2 voire 3 jours sur une seule page et ça occupe joliment l’espace.
  • 10 minutes suffisent. Ne vous sentez pas investi.e d’une mission de plusieurs heures de journaling quotidien. Mes sessions durent parfois moins de 10 minutes et c’est très bien ainsi.

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai hâte de noircir de nouvelles pages en 2026. Si vous tenez un journal, racontez-moi comment vous l’utilisez, ça m’intéresse beaucoup, vous vous doutez bien. Et si vous envisagez de (re)tenter, dites-moi tout aussi !

Marie-Gaëlle

Marie-Gaëlle

Artiste indépendante - Illustratrice

  • L'Oracle des Gardiennes sacrées aux Editions Eyrolles - 2022
  • Le tarot de l'Éternel Féminin : Chemins de l'âme aux Editions Eyrolles- 2024

Créatrice d'univers féeriques, féminins et délicieusement érotiques à l'aquarelle.

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2 Commentaires

  1. La Lune Mauve

    Ahlala, heureusement que tu as repris ton blog, je me régale ! Les carnets sont l’un de mes sujets de discussion préféré, héhé.

    Je rejoins complètement ton conseil sur le fait de choisir un carnet pas trop impressionnant. Souvent, j’observe que j’ai plus de facilité à utiliser un carnet un peu lambda, que les carnets un peu trop beaux qui s’empilent dans mes tiroirs, intacts…

    D’ailleurs, c’est un secret, mais je redoute que l’on m’offre des carnets, car je sais d’avance que je ne les utiliserai probablement pas. À moins qu’il ne s’agisse pile du modèle que j’utilise ; mais je me vois mal dire à mes amix « au fait, vous pouvez arrêter de me faire des cadeaux sivouplé, sauf si vous m’achetez les carnets Moleskine 9×14 à couverture ridige et à pages blanches ? » Hum hum.

    Comme toi, je tiens un journal. C’est le matin que j’écris une ou deux pages, pendant mon petit déj. Ensuite je n’y touche plus de la journée, par contre je continue à prendre des notes tout au long de la journée, que ce soit dans le logiciel Joplin ou dans un autre carnet, que j’appelle mon « carnet à tout ». Y’a vraiment à boire et à manger dedans ! Alors que dans mon journal, c’est une écriture plus introspective. Je le vois comme un outil d’introspection et même de métacognition. Souvent, c’est des mois après, en relisant certaines pages, que je détecte certains motifs ou que je réalise certaines choses à propos de moi-même.

    Je n’écris pas forcément tous les jours dans mon journal, ça dépend beaucoup de mon humeur et de mes besoins sur le moment. Souvent, l’alterne avec une lecture active, pendant laquelle je prends des notes aussi.

    J’en profite pour te poser LA question qui me grignote le cerveau depuis des semaines : comment et où ranges-tu tes carnets ? Sont-ils tous réunis au même endroit ? Les ranges-tu posés ou à la verticale ? Est-ce que tu leur donnes un titre, un numéro, est-ce que tu en indexes le contenu, pour retrouver plus facilement telle ou telle note ou idée ? Je veux tout savoir.

    Réponse
    • Aemarielle

      Mais merci pour tes mots, ils me vont droit au coeur et me motivent à continuer d’écrire encore plus de trucs sur mes carnets (et pas que !)
      Figure-toi que moi non plus, je n’aime pas trop qu’on m’offre des carnets parce que moi aussi, j’ai mes standards : les carnets lightweight Traveler’s Company pour mon journal et globalement des Moleskine cahier 14 x 21 quadrillés pour le reste. Genre quand on m’offre des Paperblanks, qui sont magnifiques, je sais pas quoi en faire. Donc maintenant, quand j’ai des carnets inutilisés, je les découpe et j’en fais des feuilles que je perfore pour mettre dans mon Filofax, qui est un peu mon fourre-tout. Comme ça, rien ne se perd.

      Pour les notes numériques, je découvre Obsidian depuis peu, j’aimerais remplacer Notion à terme, histoire de garder mes notes chez moi.

      Concernant le rangement, j’avoue ne pas avoir de méthode. Je ne numérote pas, je n’intitule pas et j’oublie régulièrement d’indexer. En tout cas jusqu’ici. Maintenant que je note beaucoup plus de choses, il va falloir que je pense à un système qui me permette de relire tout ça en cas de besoin, donc de retrouver facilement les choses. Je les stocke dans une grande boîte en plastique actuellement.

      Réponse

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