Comment j’ai créé un feuilleton illustré de A à Z

J’ai créé un feuilleton illustré de A à Z en 1 mois et demi et je n’en reviens toujours pas. Du coup, je vous invite à découvrir les coulisses de ce défi et toutes les leçons que j’ai apprises durant le processus.

Une page de carnet avec un dessin aux crayons de couleurs représentant 2 adultes et des enfants autour d'un sapin décoré.
Le tout dans mon carnet à dessins, évidemment !

Comment m’est venue l’idée d’un feuilleton illustré

Le format feuilleton ne m’est pas inconnu. Il y a quelques années, quand j’ai commencé à écrire Le Cycle du Dieu Noir, je publiais un épisode par semaine sur Ipagination, une plateforme aujourd’hui disparue, il me semble.

J’aime le format du feuilleton car on peut le déguster par petites touches, en particulier quand on n’a pas beaucoup de temps ou que la lecture sur écran ne nous est pas familière.

J’aime aussi la pointe d’impatience qu’on ressent quand la sortie d’un nouvel épisode approche. Je fais partie des personnes qui apprécient la parution hebdomadaire des séries télé plutôt que le binge watching. Certes, j’éprouve la frustration de ne pas accéder à la suite immédiatement, mais j’apprécie d’avoir un rendez-vous régulier avec une histoire que j’apprécie, plutôt que de tout avaler d’un bloc.

Ça fait un moment que je pense à créer ma propre série littéraire. J’en parle, j’en parle, mais le projet reste en suspens. Trop ambitieux, ai-je vraiment le temps de plancher sur un format qui ne sera pas forcément « rentable » ? – oui, j’ai des factures à payer.

Toutes les excuses sont bonnes pour ne pas plancher sur mon projet.

J’ai sans le vouloir créé mon feuilleton durant le Kinktober

En octobre 2025, je me suis lancé dans la deuxième édition du défi Kinktober, 31 dessins sexuellement explicites. Mais si vous me connaissez, vous savez que je ne dessine pas « du cul pour le cul » ; j’aime raconter une histoire en même temps.

Je me suis donc retrouvée embarquée dans un feuilleton involontaire, l’aventure d’un jeune éphèbe kidnappé par la reine des Amazones. Chaque jour, je dessinais et écrivais un paragraphe qui racontait les tribulations de chaque personnage impliqué. Il y avait une intrigue, une campagne de fond et des enjeux pour mes héros.

Un jeune homme nu et terrifié se protège le visage avec son bras tandis qu'autour de lui, des amazones le contemplent comme des lionnes autour d'une proie appétissante.
Le Kinktober est entièrement dessiné au crayon dans mon sketchbook, lui aussi.

J’ai compris à cette occasion que créer un feuilleton illustré n’a pas besoin d’être un chantier pharaonique. Je peux développer un univers cohérent sans y passer des années. Après tout, en 31 jours, j’ai écrit et dessiné une histoire complète.

Comment garder mon élan créatif après le Kinktober

Après quelques jours de repos bien mérité début novembre, je sens toujours en moi l’enthousiasme du défi. Et ça, c’est nouveau.

En général, les défis de dessins quotidiens me drainent plus qu’ils me stimulent. Mais dans le cas présent, après avoir dessiné et écrit pendant 1 mois, j’ai envie de recommencer.

Il me faut un autre défi, mais lequel ?

Le mois de décembre approchant, l’idée germe en quelques secondes : un feuilleton de Noël.

Le format se prête parfaitement au traditionnel calendrier de l’Avent, avec une case quotidienne à découvrir sous la forme d’un épisode.

Super. On est le 10 novembre, j’ai 20 jours pour concevoir 24 épisodes de conte en partant de rien.

Par où je commence ?

Trouver une histoire à raconter, vite !

Comme je pars de rien et qu’en plus Noël au départ, c’est pas une période qui me fait rêver, je procède à un rapide vomi de cerveau.

Je sors un carnet et jette des idées de thèmes quotidiens dessus, façon Inktober. Je me dis qu’une liste de sujets imposés me remettra dans le même état d’esprit qu’en octobre.

Rapidement, je vois que rien ne m’inspire particulièrement dans les mots associés à Noël. Je réfléchis aux thématiques que je veux intégrer ou non dans mon récit :

  • pas un truc trop nian nian façon téléfilm de Noël ;
  • pas d’aquarelle comme medium. J’ai envie de changer et il me faut une technique rapide pour mes illustrations ;
  • du suspense ;
  • du sexe, mais pas un truc trash. Juste de quoi me motiver à dessiner régulièrement ;
  • du folklore pour le côté fantastique.

Je me souviens d’un scénario de jeu de rôle que mon chéri a maîtrisé quelques années plus tôt et je décide de reprendre un élément particulier de l’intrigue, la boule à neige.

À partir de là, je déroule un fil conducteur pour un embryon d’intrigue.

Qui seront les héros ?

En l’occurrence, les héroïnes, parce que mon univers est toujours résolument féminin.

Pour un conte de Noël, mon imagination visualise un orphelinat, une ambiance un peu surannée, loin du contemporain.
Katarina et Griselda apparaissent très vite dans ma tête, avec leurs tenues de servantes dans un orphelinat.

Très Dickens tout ça, mais ça me plaît.

Voyons voir, je sais qui sont mes héroïnes, où elles se trouvent au départ (un vieil orphelinat) et quel événement va changer leur vie.

Voilà, j’ai ce qu’il me faut pour commencer. Oui, je suis plutôt du genre jardinière quand il s’agit de créer. Je commence avec ce que j’ai et j’avise ensuite. Du moins en principe. Là, j’ai fini par changer mes habitudes pour le bien de l’histoire.

Mais j’y viens.

C’est le moment de dessiner

Oui, je suis toujours plus efficace quand je dessine avant d’écrire. Ne me demandez pas pourquoi, les idées jaillissent plus facilement une fois que j’ai un visuel sur lequel m’appuyer.

Le support pour accueillir mon feuilleton

Côté dessin :

J’opte pour un carnet à pages ivoire de chez Midori. Leur papier est lisse, doux et accueille le crayon de couleur comme un champion. Mes crayons Polychromos seront de la partie. Je sélectionne une palette de couleurs limitée pour éviter les hésitations.

Une page de carnet divisée en cases de dessins préparatoires façon bande dessinée.
C’est super artisanal comme procédé et j’adore ça.

Côté écriture :

Je ressors mon bon vieux Filofax du tiroir et l’organise pour devenir mon QG créatif durant l’aventure. J’y place du papier coloré pour me motiver à y aller et y noter toutes mes idées. Dites-moi si vous voulez que je vous explique comment je l’utilise, je ne vais pas développer ça ici, sinon cet article n’en finira jamais.

Un classeur Filofax en cuir brun à côté d'un carnet plus petit dans un cuir tirant sur le rouge
Certains travaillent avec des logiciels, moi avec mes carnets, que voulez-vous que je vous dise?

La première page

Commencer par un bâtiment n’est pas forcément le truc le plus fun, mais que voulez-vous ? Je ne peux pas dessiner que des personnages tout le temps, hélas. Je m’attelle donc au « setting » de notre histoire avec une première case présentant l’orphelinat.

Une double page de carnet avec des dessins aux crayons de couleurs marrons représentant une histoire de Noël où des jeunes femmes décorent un sapin.

Notez que je parle de cases. Je ne fais pas de BD à proprement parler, mais pour le conte, je savais que je voulais passer à la vitesse supérieure côté dessin et aller plus loin que durant le Kinktober. Je voulais des pages narratives pour accompagner le texte.

Une fois cette case finie, je peux présenter Katarina et Griselda sur la même page de mon carnet.

Une fois la première double page du carnet terminée, il faut bien que j’organise mes idées pour la suite. Car tout de même, comment faire en sorte que tout tienne en 24 épisodes ? (spoiler, j’ai dépassé…)

Le plan de mon feuilleton illustré

Je vous disais plus haut que je suis une jardinière. Je laisse pousser mes idées, je regarde où ça va et souvent je pleure parce que je ne sais plus comment canaliser tout ça. Généralement, ça finit par l’abandon pur et simple du projet, devenu trop énorme pour moi.

Mais hors de question que ça arrive ici. J’ai annoncé à mes mécènes sur Patreon que j’allais publier un feuilleton, plus le choix maintenant.

Je commence à construire mes épisodes dans mon Filofax. Une ou 2 lignes, pas plus. Si je développe trop, je risque de me bloquer. Il me faut juste une idée par épisode et si possible que ça aille jusqu’à la fin.

Mon plan n’a pas besoin d’être gravé dans le marbre – de toute façon, ça va changer, on est jardinière ou on ne l’est pas -, il est juste là pour m’aider à rester sur les rails.

Le carnet à dessin ouvert sur deux mains tenant une amulette. À côté, le filofax sur lequel j'écris mes idées et premiers jets.
Au bout d’un moment, j’ai écrit les premiers jets de mes épisodes dans mon carnets également.

La régularité d’une montre

Pour mener un projet à son terme, pas de magie. Créer une routine m’est indispensable. En novembre et décembre, je fonctionne avec une organisation très précise :

« Au boulot, l’artiste ! Sors-nous du pétrin dans lequel tu nous as fourrées ! »
  • Le matin, je me lève à 6h, je prends ma douche, je nourris les chats. Je prends mon petit-dej en regardant quelques vidéos de journaling (mon péché mignon)
  • 8h : je m’installe au bureau et je dessine dans mon carnet.
  • 9h00 : pause. Je me lève, je nourris les fauves, je fais chauffer de l’eau. Ma boisson favorite durant la création du conte : le chaï impérial du palais des thés, avec une touche de lait d’amande dedans.
  • Je range un peu, histoire de bouger.
  • 9h30 : retour au bureau pour terminer le dessin du jour.
  • 11h30 : fin de matinée consacrée au conte. Le reste de la journée sera dédiée à mon travail habituel ou à un peu de repos parce que mine de rien, ça pique, comme rythme.

Mes sessions d’écriture ont lieu le vendredi. Je m’appuie sur les dessins et sur mon plan pour écrire chaque épisode.

Le smartphone n’est pas admis dans le process

En 2025, j’ai essayé de lutter contre le syndrome du smartphone greffé à la main. Quoi que je fasse, ce satané machin atterrit toujours devant mes yeux et les réseaux sociaux se lancent comme par magie.

Faire mumuse avec mon portable n’était clairement pas une option durant mes créneaux créatifs. J’ai donc commencé à l’abandonner dans un coin, loin du bureau.
Petit à petit, j’ai développé un rejet de plus en plus fort pour lui et j’ai commencé à lui interdire l’accès à la chambre le soir.

Je dirais donc que ma routine créative contribue grandement à diminuer mon addiction au téléphone, ce qui est un bonus imprévu et non négligeable.
Je perdais un temps fou à scroller chaque jour en me cachant derrière l’excuse de : « oui, mais mon travail, c’est aussi les réseaux sociaux… »

Un plan sur mon bureau en bazar et mes carnets ouverts.
Remplacer le temps passé sur mon téléphone par du temps dans mes carnets a grandement contribué à améliorer mon moral et mon humeur en fin d’année.

En 2026, je poursuis ma routine du matin en y intégrant l’écriture de mes articles de blog et de mes newsletters. Bientôt il faudra que je la consacre à nouveau à la conception d’un nouveau récit !
Ce sera l’occasion de la repenser et pourquoi pas, de vous en parler ici ?

Voilà, vous connaissez à présent le secret derrière la création de mes premiers feuilletons illustrés. Préparation, action, répétition. Jusqu’au point final.

Le Conte de l’Avent – une aventure de Katarina et Griselda, est disponible en pdf dans la boutique en ligne. L’occasion de découvrir (ou de redécouvrir) cette histoire illustrée dans son intégralité. Bonne lecture !

Couverture numérique du conte de l'avent, avec un paysage de neige où se détache un château sombre et deux silhouettes qui marchent dans sa direction.

Tu veux soutenir la création d’autres feuilletons comme celui-ci, mais tu n’as pas envie de devenir mécène sur Patreon ? Tu peux m’offrir une tasse de café à la place, ce sera grandement apprécié.

Marie-Gaëlle

Marie-Gaëlle

Artiste indépendante - Illustratrice

  • L'Oracle des Gardiennes sacrées aux Editions Eyrolles - 2022
  • Le tarot de l'Éternel Féminin : Chemins de l'âme aux Editions Eyrolles- 2024

Créatrice d'univers féeriques, féminins et délicieusement érotiques à l'aquarelle.

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2 Commentaires

  1. Aurélie G

    AAAAAAAAHHHHH ! Trop hâte que ton feuilleton sorte ! Déjà que j’ai dévoré ton kinktober, si en plus tu as raconté une histoire autour de Noël, avec de l’érotique (et j’espère une fin heureuse pour mon petit cœur), alors je ne peux être qu’impatiente !
    Je garde un œil sur ta NL, trop hâte d’en savoir plus !

    Réponse
    • Aemarielle

      Tu vas voir Aurélie, c’est bien plus soft que le Kinktober et j’espère que ça te plaira ! On est en train de finaliser le recueil, ça ne devrait plus trop tarder.

      Réponse

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