Le secret des courtisanes dans l’Inde ancienne pour faire tomber les puissants dans leurs filets ? Un manuel écrit et pensé pour elles et pour les femmes de la haute société védique. Un texte dont chaque page exsude le sensualité et élève l’amour au rang d’art mystérieux que les femmes étudient entre elles.
Depuis quelques mois, je lis le Kâmasûtra, traité de l’amour aussi célèbre que méconnu, souvent réduit à une liste de positions sexuelles alors qu’il s’agit d’un ouvrage à la fois poétique et philosophique. (Je vous parlerai plus en détail de ce livre dans un autre article.)
C’est dans cet ouvrage, dont je lis actuellement la traduction par Frédéric Boyer, que j’ai découvert le concept de Ganikâ, qui a évidemment débouché sur une aquarelle.

Comment une courtisane obtient-elle le titre de Gânika ?
Ce qui est intéressant dans le Kâmasûtra, c’est que Vatsyayana, son auteur, accorde aux femmes une liberté et une indépendance assez importante, au point de leur offrir un traité à étudier (alors que l’éducation féminine n’est clairement pas une priorité dans la plupart des sociétés de l’époque.)
Le Kâmasûtra présente à ses lectrices une liste de 64 techniques (rien à voir avec des techniques sexuelles) à étudier pour s’élever en prestige.

Les 64 arts libéraux qu’une courtisane de l’Inde ancienne devait connaître
L’éventail des compétences à maîtriser est assez large ; il s’étend aussi bien à l’art qu’à l’artisanat, en passant par la magie et les connaissances académiques. On y trouve pèle-mêle :
- le chant et la musique
- la danse et le mime
- l’écriture et le dessin
- l’art floral
- les techniques étranges (ne me demandez pas ce que c’est, je ne sais pas)
- la magie érotique
- l’art du puzzle
- la charpenterie (oui c’est vaste)
- la minéralogie
- l’alchimie
- les techniques et sciences arboricoles
- les combats de coqs, perdrix et béliers
- la ventriloquie
- la stratégie
- et plein d’autres trucs totalement wtf.
Alors vos petits curriculums anti brainrot qu’on voit partout sur YouTube, là, excusez-moi !

De courtisane à Gânika
Une prostituée qui possède beauté grâce et talents
s’élève dans la société et obtient le titre de Ganikâ
le roi toujours fait ses louanges les gens l’admirent
on recherche ses faveurs sexuelles on la prend pour modèle
fille de roi ou d’homme puissant qui connaît ces techniques garde son homme aurait-il déjà mille femmes
et une femme qui n’a pas eu de chance séparée de son homme avec ces connaissances même en pays étranger a une vie heureuseExtrait de Kâmasûtra Exactement comme un cheval fou – traduit par Frédéric Boyer
Le titre de Ganikâ n’est donc pas facile à obtenir, on le voit. Les femmes décrites dans le Kâmasûtra sont très loin d’être des beautés sans cervelle.
Quand j’ai lu ce passage, mon imagination est partie en vrille.. Des courtisanes capables d’utiliser la magie érotique, d’écrire le langage magique, c’est le sujet principal du feuilleton sur lequel je travaille depuis des années. Alors évidemment, le Kâmasûtra devient un livre de référence pour moi.
Et la figure de la Ganikâ s’est imposée dans mon esprit sous la forme d’une peinture à l’érotisme très subtil.

Ma vision de la Ganikâ
La plus sublime des courtisanes d’Inde ancienne m’est apparue alanguie sur des étoffes et tapis richement brodés, flanquée de deux tigres, parce que les chats, ce n’est pas suffisamment imposant pour elle. La Ganikâ peut faire chavirer le cœur des rois, elle ne tremble pas devant la puissance du tigre.
Son corps est couvert de tatouages élégants qu’elle a posés elle-même (oui l’art du tatouage corporel fait partie de son arsenal.) Elle semble se reposer avant une soirée socialement épuisante ou peut-être après une session d’étude exigeante.
On a affaire à une boss, ni plus ni moins.
Un écrin spécial pour la plus belle des courtisanes
D’ordinaire, je n’encadre pas mes aquarelles. Je les installe dans un passe-partout et je laisse à mes clients la liberté de choisir le cadre qui leur convient.
Pour Ganikâ, j’ai fait une exception. Après avoir travaillé dessus pendant plusieurs semaines, j’ai eu envie de lui offrir un écrin rien que pour elle.
Je me suis donc rendue chez Hello Cadres à Strasbourg et j’ai confié la belle aux bons soins d’une encadreuse professionnelle qui l’a installée dans un cadre noir en aluminium très élégant, avec un verre anti-reflet parce que même le soleil ne saurait éclipser la beauté de cette courtisane.

Ganikâ n’est pas à la portée de tous. Elle se laisse admirer de loin, mais n’est destinée qu’à une seule personne. Si c’est toi, prépare tes plus beaux poèmes, tes cadeaux les plus somptueux et rejoins la belle courtisane ici pour une conversation inoubliable.
Sources de l’article : Kâmasûtra exactement comme un cheval fou – Traduction de Frédéric Boyer
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