Je quitte mon CDI pour devenir libre comme l’art

par | Fév 26, 2020 | Identité d'Artiste | 9 commentaires

Nous y voilà. Après avoir passé des années à tergiverser, j’ai engagé les démarches : je quitte mon CDI en 2020 pour embrasser ma carrière d’artiste et devenir libre comme l’art !

Ce n’est pas une décision à prendre sur un coup de tête et je suis passée par de nombreuses étapes avant de la concrétiser. La principale : mon épisode dépressif après un burn-out en février 2019. 6 mois, c’est le temps dont j’ai eu besoin pour me relever, mais aussi pour réfléchir. Beaucoup.

Quand tu te retrouves à la maison aussi brusquement, l’estime de toi-même en vrac, il faut un long moment pour être capable de voir l’avenir différemment. Les premiers mois, je les ai passés à culpabiliser et à dormir, comme si mon corps me réclamait toutes ces nuits gaspillées à cauchemarder du travail. Entre deux phases de sommeil, je dessinais puis je peignais. J’ai réalisé un nombre incroyable d’aquarelles durant mon arrêt et j’ai compris que c’était là-dessus que j’avais envie d’axer ma seconde partie de carrière : la création, la peinture, l’écriture.

Tu l’entends venir le : « j’aurais voulu être un artiiiiiiiiiste ? »

Dans cette situation, tu pourrais vouloir te tourner vers tes parents pour chercher de l’aide. Écoute-moi bien : si cette idée te traverse l’esprit, chasse-la très vite ! La plupart du temps, tes parents ne sont pas de bons conseils. Ils s’inquiètent déjà de savoir « quand tu vas retourner au bureau » et ne sont pas aptes à te guider. Ils t’aiment très fort, mais pour eux, tu dois faire front, lever la tête et revenir au travail. « Quitter ton emploi ? Mais tu n’y penses pas ? La vie est dure, tu as tellement de chance d’avoir un CDI ! L’art c’est bien ma chérie, mais en complément de ton salaire ! »

Je savais que je devrais reprendre le chemin du bureau tôt ou tard et cette pensée me rendait malade. Intérieurement, je savais que je n’étais plus du tout à ma place dans mon emploi. Mais que faire ?

La seule personne capable de décider ici, c’est toi.

Toi seule sais ce dont tu as vraiment besoin, tout au fond de toi. Toi seule sais à quel niveau de souffrance tu fais face au travail. (Moi par exemple, je subissais des migraines jusqu’à 3 jours par semaine, sauf quand j’étais loin du bureau ! Les migraineux comprendront…)  

Tu as le droit de ne plus vouloir supporter cette situation. C’est ce raisonnement qui m’amène aujourd’hui à engager une procédure de rupture conventionnelle avec mon employeur. J’ai trop longtemps souffert mentalement sans oser me placer comme actrice de ma vie. J’avais le sentiment d’être prisonnière de ma vie au bureau alors qu’il n’en est rien.

Je quitte mon CDI et je suis libérée.

Allez ! Chante avec moi : Libérééée… Non, ne me remercie pas !

Aucune colère, plus aucun ressentiment ne m’animent depuis que je suis passée à l’action. Avant mon burn-out, j’étais constamment en train de me plaindre (en silence, of course !) des décisions de l’entreprise, du management, des procédures toujours plus complexes, des outils inefficaces. Oui, ces problèmes sont réels, mais je n’ai pas le pouvoir de transformer l’entreprise à ma guise. Par contre, j’ai le pouvoir de dire que la situation ne me convient plus.

Et tu sais quoi ? Ton employeur est parfaitement capable d’accepter cette idée. Aujourd’hui je pars, mais je suis très bien entourée par les Ressources humaines et la directrice de mon établissement à qui j’ai exposé mes difficultés à mon poste et mon projet professionnel. Oh je sais, je suis chanceuse ; ce n’est pas toujours le cas. Il existe des entreprises où les relations sont tout juste humaines. J’aime à penser qu’elles sont minoritaires et que la plupart comprennent qu’aider une salariée à partir dans de bonnes conditions est aussi dans leur intérêt.

Désormais, je compte lancer mon entreprise à temps plein, vivre de mes créations et cela ne s’est pas fait en un battement de cil.

Préparer le terrain

Comme je le disais, on ne part pas du jour au lendemain sans préparer l’après. Pour ma part, j’ai consacré un long moment à :

  • Faire mes comptes pour voir combien de temps je pouvais tenir avec mes économies ;
  • Consulter les informations sur le cadre de la rupture conventionnelle et les droits au chômage ;
  • Me former pour être capable de gérer mon entreprise ;
  • Investir tant que j’ai un revenu fixe pour être plus sereine avant de me lancer ;
  • Étudier les obligations légales de l’artiste et du micro entrepreneur ;
  • Définir ma stratégie pour le démarrage en 2020.

Tout ceci fait partie de mon « Big Plan » pour l’avenir, celui dont je parle souvent dans Libre comme l’art, mon infolettre. Est-ce que tu voudrais que je détaille ces étapes ? Toi aussi, tu es peut-être en train de te chercher, de préparer une reconversion professionnelle dans laquelle tu t’épanouiras? Ce que j’ai appris en 6 mois, c’est que rien n’est définitivement impossible (sauf à la rigueur la téléportation, changer l’eau en vin etc. Et encore… Mais tu vois ce que je veux dire, flûte !). Tout se construit.

Se lancer fait peur — oui, j’ai la trouille ! —, mais une fois le cap franchi, me sentir alignée sur ce qui compte vraiment est un plaisir indescriptible. D’ailleurs, mes collègues voient bien que j’ai repris des forces, que ma voix est plus ferme, enjouée et que je suis heureuse d’avoir amorcé ce mouvement. Je ne pensais pas que mon entourage le remarquerait à ce point.

Et toi, raconte-moi : quelle est la dernière action qui t’a rendue fière ? Tu nous mijotes de beaux projets pour 2020 ?

Et toi, raconte-moi : quelle est la dernière action qui t’a rendue fière ? Tu nous mijotes de beaux projets pour 2020 ?

9 Commentaires

  1. Nathalie Bagadey

    Je suis tellement heureuse pour toi !
    On sent bien que tu as retrouvé ta joie de vivre et c’est ce qui compte.
    Je sais que ton aventure sera belle.

    Réponse
    • Aemarielle

      Merci ma chère Nathalie. On va pouvoir se soutenir mutuellement en tant qu’indépendantes fraîchement sorties du salariat ^^ . Et ne t’en fais pas pour les cœurs, je les devine dans chacun de tes petits mots !

      Réponse
  2. Nathalie Bagadey

    Oops, tous les smiley coeurs ont disparu mais ils sont bien là… 😉

    Réponse
  3. Jo Ann

    Vivre ses rêves et non plus rêver sa vie. ♥ Je suis avec toi de tout cœur !

    Réponse
    • Aemarielle

      C’est exactement ça ! Merci infiniment d’être là 🙂

      Réponse
  4. Siècle Vaëlban

    Je suis hyper touchée et heureuse de cet article, ma chère Aemarielle, et je te souhaite de voler sur les ailes de ton art en savourant pleinement cette liberté créative et créatrice que tu as eu le courage de te redonner. ♥ ♥ ♥

    Réponse
    • Aemarielle

      Mille mercis ma chère Siècle, je te suis pour toujours reconnaissante de ta gentillesse et de tes encouragements <3

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  5. Ifuldrita

    Bravo Aemarielle pour cette étape importante de franchie ! C’est vraiment super de lire que tu ne ressens plus du tout ces petites « colères » quotidiennes, ces râleries qu’on a tous et qui, effectivement, ne nous mènent à rien.
    J’ai hâte de voir la suite de ton parcours ! Tes dessins nous régalent déjà 🙂

    Réponse
    • Aemarielle

      Merci Ifuldrita ! Désormais, je gère les petites tracasseries administratives, mais comme c’est pour le meilleur, ça ne me dérange pas trop 🙂

      Réponse

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