La main dans le sac 5/5

Pour lire le 4/5, c’est par ici

Le temple de la déesse à tête de vache, dont Aenar ne parvenait pas à se souvenir du nom, se détachait dans la crasse environnante par ses murs de calcaire blanc qui se distinguaient même sous l’épais rideau de la nuit. Un fronton à l’effigie de la voluptueuse dame des cultures rehaussé d’un disque d’or – trop lourd pour être volé – accueillait les visiteurs. L’extérieur de l’édifice paraissait minuscule, mais Aenar savait que de nombreux bâtiments de la ville basse s’enfonçaient dans la colline contre laquelle était construite Djedou. Celui-ci ne faisait sans doute pas exception. Un instant, Aenar redouta qu’on le refoule au vu de l’heure tardive, mais dès qu’il eut franchi le seuil et que ses pas résonnèrent sur la pierre froide, une silhouette pelotonnée dans un châle aussi noir que le limon du Neilos émergea de la pénombre en baillant. Un prêtre au crâne nu et à la stature encore adolescente, les yeux bouffis de sommeil, tendit son bâton vers les arrivants.

— Qui va là ? ânonna-t-il.

— Voyageur, répondit Aenar. Accueil.

— La Maison des Voyageurs est là pour t’aider, ami. Nous ne sommes pas autorisés à recevoir les profanes.

— Pas moi, elle.

Aenar brandit Alaia devant lui comme un paquet de linge sale. L’enfant s’éveilla et écarquilla les yeux. Un torrent de larmes inonda ses joues. Elle s’accrocha à lui en gémissant :

— Me laisse pas, siteplé. Me laisse pas…

Au prix d’un immense effort de volonté, Aenar déposa la petite sur les dalles froides en évitant de s’attarder sur son visage froissé de chagrin. On peut vraiment s’attacher à quelqu’un aussi vite, quand on est môme ?

— Non, non et non ! Je ne l’accepte pas, s’offusqua le prêtre. Elle… C’est une souillure pour cet endroit !

Aenar fouilla dans sa besace et en tira une bourse, où il puisa une épaisse roue de cuivre. À sa vue, le visage du jeune Kémite se radoucit. Un soupir magnanime s’échappa de ses narines.

— Bon, je pourrais peut-être faire quelque chose pour cette pauvre enfant.

Alaia tendit ses petits bras vers Aenar, qui fit de son mieux pour l’ignorer.

— Elle dort et elle mange, décréta-t-il à l’attention du prêtre si aisément corruptible.

— Pour le repas, il en faudra plus, l’ami.

Le prêtre tendit la main de manière explicite. En dépit de ses difficultés linguistiques, Aenar le voyait venir avec ses gros sabots. Il fourra un deuxième shât dans la paume du freluquet et le saisit fermement par l’épaule. Le jeune homme frémit et son teint vira au gris.

— Elle dort, elle mange et si problème, je reviens te trouver. Compris ?

— C’est très clair. Que vas-tu imaginer ? Elle peut rester jusqu’au matin, je veillerai à ce qu’il ne lui arrive rien.

Le prêtre déposa les deux shât près de l’autel de sa déesse. Aenar était persuadé qu’il les conserverait pour lui ; il se trompait souvent sur les gens, ces derniers temps.

— Tu reviens ? demanda la petite, soudain pleine d’espoir.

Elle l’avait entendu. La guigne !

Alaia sécha ses joues d’un revers de sa menotte et le regarda avec tout le sérieux dont pouvait faire preuve une gamine de son âge.

— Tu reviens, hein ? Je veux pas rester ici, me laisse pas toute seule.

— Tu es bien ici. Prêtre gentil.

— Je parle pas d’ici, répondit Alaia, je veux pas rester avec Them. Il est méchant, il me punit tout le temps. Toi tu es gentil, je veux rester près de toi.

Pourquoi pas, après tout ? songea Aenar. Qu’est-ce que ça lui coûterait ? Par réflexe, il saisit le manche de Skaering. Non mais quelle idée ! T’es pas venu ici pour adopter tous les gamins perdus du patelin !

— T’es un grand, ajouta la fillette. Them osera jamais venir m’embêter si tu me gardes.

Aenar leva les yeux au ciel. Comment gérer une situation de la sorte ? Il choisit la solution qu’il maîtrisait le mieux.

— Écoute. Moi, travail ici. Quand fini, je viens.

— Demain matin ?

— Ja. Oui, corrigea-t-il.

L’expression de soulagement de la fillette s’enfonça dans le cœur d’Aenar comme un poignard. Le prêtre et lui échangèrent un regard ; le Kémite esquissa un sourire sans équivoque. Les épaules d’Aenar s’affaissèrent et il rajouta un shât dans le réceptacle avant de partir.

Ce petit mensonge lui coûtait décidément très cher !

Fin de la première partie, à vendredi pour la suite !

Become a Patron!

La main dans le sac 4/5

Avez-vous lu le 3/5 ?

Aenar n’avait pas mis les pieds à Djedou depuis une paire d’années et il n’était plus certain du chemin à suivre pour accéder au temple de la déesse-vache qui, s’il se souvenait bien, était une divinité nourricière et protectrice. Les rues serpentaient sans logique entre de vieilles maisons de guingois aux murs effrités. Seules quelques lampes distillant une lueur tamisée lui permettaient de se repérer dans l’obscurité. À chaque pas, il devait prendre garde à ne pas trébucher sur tout ce que les habitants laissaient à l’extérieur : tabourets vermoulus, tables branlantes et empilements d’ordures en tout genre.

— For porkker ! jura-t-il en se cognant le bout du pied dans une brique de terre cuite.

Il s’attira un regard effrayé de la petite accrochée à sa pogne. Cette môme n’avait pas les yeux dans ses poches. Elle inspectait tout autour d’elle, ne se cognait nulle part, sursautait au moindre son, agitant ses doigts minuscules dans la main d’Aenar. Il raffermit sa prise pour la calmer. Que fichait-elle dehors au beau milieu de la nuit ? Les Kémites ne veillaient-ils pas sur leur progéniture ?

Soudain, la fillette lui tira gentiment le bras en désignant une grosse amphore près d’une masure aux murs rongés de lézardes.

— Quoi ?

— T’es couvert de sang…, expliqua-t-elle en pointant son index vers son arme et ses joues.

Aenar se dirigea vers le conteneur et en souleva le couvercle. Il y découvrit de l’eau fraîche, ainsi qu’une sorte de louche en bois à l’aspect grossier. Cette petite avait de la suite dans les idées ; non pas que la Medjaï patrouillât souvent dans les parages, mais mieux valait éviter d’attirer l’attention sur lui. Il s’aspergea rapidement, soucieux de ne pas souiller l’eau laissée gracieusement à disposition des habitants, et effaça les traces écarlates de son visage et de ses bras. Puis il nettoya soigneusement la lame de Skaering avant de reprendre sa route, l’enfant sur les talons.

— Naeme ? demanda-t-il avant de se corriger. Nom ?

— Alaia, répondit la gosse après un instant d’hésitation. Et toi ?

— Aenar.

Elle acquiesça sans plus de commentaire. Comme elle peinait à suivre ses grandes enjambées, il la prit dans ses bras. D’abord surprise, l’enfant se laissa aller à sourire, puis saisit une des nattes d’Aenar pour l’examiner attentivement.

— Beau comme or, comprit-il au milieu d’une phrase au contenu énigmatique.

— Merci !

L’enfant était sale, empestait le vieux poisson, mais son sourire détonnait au milieu de toute cette crasse. Blanches et en parfait état, les dents de lait qui lui restaient démontraient une bonne santé générale.

— Bons dieux, tu pues ! cracha-t-il dans sa langue.

Le pli de son nez rendait sa phrase limpide ; la petite tira la langue et porta son regard au loin, vers un établissement où s’attroupait une faune intimidante. Prudent, Aenar évita les abords du Mulet, la maison de bière la plus mal famée du coin ; il risquait d’y croiser d’autres bougres désireux de s’approprier son bien. Mieux valait encore se perdre dans le dédale du quartier portuaire.

Pour passer le temps, Aenar échangea quelques phrases avec l’enfant, qui semblait ne pas avoir le moins du monde sommeil. Il posait des questions, elle répondait de sa voix flûtée, riait parfois lorsqu’il se trompait. C’était agréable d’avoir un peu de compagnie après un début de soirée aussi agité.

Le guerrier soupira et observa le ciel à la recherche de la lune, réduite à un faible croissant suspendu au-dessus des toits de la cité. Difficile de savoir s’il serait à l’heure pour son rendez-vous après avoir déposé la gamine à l’abri. Une envie fugace de la garder près de lui titilla son esprit. Il la rejeta avec force : la Maison des Voyageurs n’était pas un endroit pour une fillette des rues. Il pullulait de marins, de soiffards et d’ « honnêtes marchands » qui ne feraient qu’une bouchée d’une petite au sourire aussi tendre.

— Temple de Vache, bon endroit pour toi, dit-il.

Alaia ne répondit pas. Ses yeux étaient fixés vers la sacoche accrochée à l’épaule d’Aenar. Elle la scrutait avec tant d’attention qu’elle n’en cillait plus. À la lumière d’une torchère, il remarqua qu’elle avait les yeux bleus, d’une nuance plus sombre que les siens, aussi vive que le lapis-lazuli dont se paraient les dames Kémites. Elle murmurait des mots dans sa langue.

— Hé, ça va ? s’enquit Aenar en claquant des doigts près de son oreille.

La fillette mit quelques instants à s’extraire de sa contemplation. Elle cligna des paupières et bâilla sans retenue avant de se lover contre l’épaule de son porteur. Son absence était sans doute liée à la fatigue, imagina Aenar. Les enfants sont comme ça, on pense qu’ils n’arrêteront jamais, et ils tombent comme des mouches quand on ne l’espère plus.

Malgré tout, un léger malaise s’empara de lui. D’instinct, il soupesa sa musette, où le rubis était en sécurité. Une part de lui avait hâte de s’en défaire. Une autre était pétrie de la désagréable sensation d’être observé. Pourtant, les rues étaient désertes, à peine avaient-ils croisé un chien errant et un homme endormi dans une allée, enveloppé d’une couverture rongée aux mites. Non, cela n’avait rien à voir ; un fourmillement caractéristique s’immisçait dans ses doigts quand son instinct pressentait un danger. La fillette dormait déjà à poings fermés, elle ne sentit pas son geste en direction de Skaering. La présence de la hache apaisait toujours Aenar. Avec elle à son bras, il ne risquait rien, se rassura-t-il. 

Cette histoire vous plait ? Si vous souhaitez m’encourager ou me donner votre avis, laissez-moi un commentaire, je vous répondrai avec plaisir. 
Je vous invite également 
à vous abonner à ma newsletter mensuelleLibre comme l’art, où je vous propose (entre autre) de suivre mon parcours pour vivre de mes crayons.
Je suis très heureuse de partager Le Cycle du Dieu Noir gratuitement avec vous. Une histoire est faite pour être lue. Si vous le souhaitez, vous pouvez soutenir ma création en devenant mécène sur Patreon, à partir du prix d’un café.

Become a Patron!

En route pour la fin de ce chapitre !

En route pour le 4/5

La main dans le sac 2/5

Si vous préférez, commencez donc par le chapitre 1/5 !

Une fois son repas avalé, Alaia serra son compagnon dans ses bras, enfouit son nez dans la fourrure noire et respira son odeur : musc et poisson mort. Elle s’en fichait. Tout ce qui lui importait, c’était ne plus être seule dans la nuit. Un frisson lui parcourut alors l’échine.

— Viens, décida-t-elle, on va chercher un endroit où tu seras bien au chaud.

À dire vrai, elle ignorait où trouver un tel refuge, aussi se borna-t-elle à gagner le port. Avec de la chance, elle pourrait chiper une couverture et dormir dans un entrepôt sans être ennuyée par les soûlards sortis des infâmes maisons de bière des quais.

« Ne t’approche pas de ceux-là ! »

Les conseils de Them l’énervaient. Le simple fait de penser à lui l’irritait. Guidée par l’odeur du fleuve, elle se faufila à travers des rues aussi étroites que des coursives, franchit des porches minuscules, jusqu’à aboutir dans le chaos du port, amoncellement de maisonnettes et de greniers à grains, repères à mouettes et nids à rats. À cette heure-ci toutefois, le calme y régnait, à l’opposé de la fièvre des journées.

Parvenue à proximité des embarcadères, elle s’immobilisa et étreignit le chat un peu plus fort : un navire massif à l’allure sinistre dominait les bateaux de pêche kémites. Même avec sa voile repliée, d’un rouge grenat, il surpassait les frêles esquifs par la taille de sa coque. Alaia ignorait sa provenance, mais sa proue, un immense serpent de mer à la gueule béante, lui donna la chair-de-poule.

« Viens, petite étincelle ! »

Alaia sursauta. Le chaton feula avant de lover sa tête au creux de son épaule. Elle promena son regard un peu partout autour d’elle sans voir personne.

— C’était quoi ?

Elle se mordilla les lèvres avec angoisse. Son ouïe perçut bientôt des notes de musique émanant du navire étranger : plusieurs hommes chantaient au son d’un instrument à cordes. Alaia soupira de soulagement.

— On va se cacher dans les entrepôts, chuchota-t-elle à l’attention de son compagnon. Personne ne viendra nous déranger là-bas.

Les employés portuaires n’étaient pas du genre à rester éveillés pour en protéger l’accès. Alaia savait qu’elle pourrait facilement se glisser à leur insu dans l’un des bâtiments.

Alors qu’elle se coulait dans l’ombre des baraquements, elle entendit des bruits suspects et des voix provenant d’une ruelle. À la lueur d’une lampe à huile abandonnée sur le bord d’une lucarne, Alaia repéra quatre silhouettes. Intimidée, elle se pelotonna contre un mur et ne bougea plus.

Dagues brandies, trois hommes vêtus de pagnes et de châles en lin encerclaient un gigantesque étranger, dont les longues tresses blondes se détachaient dans la nuit.

Son torse massif disparaissait sous une carapace de cuir renforcée de métal. Alaia n’avait jamais rien vu de tel. Dans son dos reposait un bouclier rond et à son côté, une hache dont le tranchant luisait malgré la pénombre. Il patientait, la main tapotant une besace à bandoulière bien garnie.

— On sait ce que tu transportes, le sauvage. Remets-nous ton butin et on te laissera partir.

Du kémite local, mâtiné de l’accent du coin. De son côté, le géant sourit et rétorqua d’une voix caverneuse et traînante :

— Si vous tenez votre vie, vous partez. Je donne pas ça. Pas à vous.

— On est plus nombreux et t’as pas envie de te mettre la Confrérie à dos, insista le Kémite. Fais pas le malin.

La Confrérie.

Alaia frémit et se recroquevilla davantage. Them avait peur d’eux. Il prétendait ne craindre personne, mais sa voix tremblait quand il prononçait ce nom. L’étranger lui, ne se départait ni de son calme ni de son sourire.

— Il entrave même pas ce que tu racontes, s’énerva l’un des voleurs, servons-nous !

Sur ces mots, il se précipita sur le colosse, la dague tendue vers sa cuisse. Celui-ci se contenta de saisir le bras et de le retourner. Alaia entendit craquer les os de l’épaule. Avec un grognement de douleur, le Kémite lâcha son arme, la surprise et l’incompréhension se reflétant dans ses iris. D’un ample mouvement, l’étranger leva haut la hache.

Alaia ferma les yeux. Le hurlement s’éteignit dans un bruit écœurant de métal qui pénètre la chair. Dans ses bras, le chat restait immobile, indifférent à toute cette agitation. Elle le sentit ronronner contre elle, mais se garda d’ouvrir les paupières. À quelques pas, la rixe se poursuivait sous un tombereau d’insultes et de cris.

Finalement, la curiosité l’emporta. Elle risqua un regard, vit le colosse empoigner les cheveux de l’un de ses adversaires et lui fracasser la mâchoire contre son genou levé. Des dents volèrent autour des deux combattants et du sang éclaboussa l’étranger.

— Dum Kahël ! exulta-t-il, hilare.

Terrorisée, Alaia aperçut le troisième larron tenter de frapper le géant par sa droite. Hélas pour lui, rien ne semblait échapper à la vigilance de ce monstre. Il n’eut qu’à pivoter et la dague glissa sur l’armure, ne réussissant qu’à s’accrocher à la lanière de la besace, la sectionnant net. Le contenu du sac tomba par terre et dans un bruit désagréable, un coffret de bois se brisa sous l’impact.

Alaia vit briller l’or et les gemmes quand une avalanche de bijoux se répandit sur le ponton.

— Ach, braend im Hilverde ! Dom !

Nul besoin de connaître sa langue pour comprendre que l’homme était furieux. D’un coup rageur, il fendit le crâne du malheureux qui titubait devant lui, les mains crispées sur ses maxillaires. Puis il dégagea son arme ensanglantée et se tourna vers le dernier sicaire. Mû par la terreur, celui-ci s’enfuit avec sagesse.

Alaia éprouva un bref soulagement. Jamais elle n’avait assisté à un tel déferlement de violence et elle en venait à plaindre ces pauvres hères.

— Flyven, Skaering, entendit-elle.

Elle se mordit la lèvre pour ne pas crier quand l’homme projeta sa hache. Dans un sifflement lugubre, celle-ci se ficha dans le dos du bandit. L’infortuné s’effondra dans la poussière.

— Bastet, supplia-t-il, protège-moi, par pitié.

Déjà l’étranger marchait dans sa direction. Il posa son pied sur le dos de son adversaire et en extirpa son arme avec autant de désinvolture que s’il avait fendu une bûche. Un flot de sang accompagna son geste et les prières cessèrent.

La main dans le sac - l'homme à la hache- Le Cycle du Dieu Noir

Votre soutien est grandement apprécié

Cette histoire vous plait ? Si vous souhaitez m’encourager ou me donner votre avis, laissez-moi un commentaire, je vous répondrai avec plaisir. 
Je vous invite également 
à vous abonner à ma newsletter mensuelleLibre comme l’art, où je vous propose (entre autre) de suivre mon parcours pour vivre de mes crayons.
Je suis très heureuse de partager Le Cycle du Dieu Noir gratuitement avec vous. Une histoire est faite pour être lue. Si vous le souhaitez, vous pouvez soutenir ma création en devenant mécène sur Patreon, à partir du prix d’un café.

Become a Patron!

En route pour la suite (3/5)


Voyager sereinement en Kemet

Aujourd’hui, je laisse la parole à Corina, voyageuse insatiable et chroniqueuse pour la revue Conquêtes et cultures, numéro un des ventes sur l’archipel de Minos. Corina va nous expliquer comment voyager sereinement en Kemet, profiter des meilleures adresses et s’intégrer en toute subtilité à la population. Son article du jour: le « bien manger ». J’en salive d’avance !

Pour découvrir Le Cycle du Dieu Noir, cliquez ici

À toi Corina !

Que manger lorsqu’on voyage en terre étrangère ?

Il y a des étapes essentielles quand on voyage : découvrir les joyaux architecturaux, les piller, savoir comment se comporter avec les autochtones et trouver de quoi satisfaire son appétit ou simplement sa curiosité culinaire. En tant que chroniqueuse influente pour Conquêtes et cultures, j’ai la chance de voir du pays et de pouvoir vous conseiller au mieux durant vos pérégrinations.

Vous venez d'arriver en Kemet et vous êtes curieux de goûter les spécialités locales ? Ne cherchez plus, voici mes astuces pour bien manger sur les terres de Pharaon
J’ai déjà faim, pas vous?

Le Kemet, terre de saveurs et de couleurs

Après un long périple sur les étendues limpides de la Grande Verte, la première chose que vous noterez en accostant sur les côtes Kémites, c’est leur luxuriance. Les contes dépeignent souvent cette contrée comme une terre désertique, où les héros agonisants rampent le long des dunes ocre de Décheret, « le désert rouge », jusqu’à ce que Nebetou, la déesse protectrice des voyageurs ne leur vienne en aide.

Leurs auteurs oublient de décrire les innombrables nuances de vert qui accueillent les visiteurs dès leur arrivée au port d’Aqabir. Car aucun pays ne peut s’enorgueillir de posséder une terre plus riche, plus fertile que celle du Ventre-de-la-Vache. C’est à cet endroit, irrigué par Neilos, le fleuve dieu, que les récoltes sont les plus prolifiques. Hathor, la dame des cultures, oeuvre main dans la main avec Neilos pour nourrir le peuple Kémite et leur prodiguer des aliments variés et délicieux.

Les aliments préférés des Kémites

Légumineuses et céréales, les bases de l'alimentation kémite. Guide pour voyager sereinement en Kemet

Les basiques | Céréales

Le Kemet est un des plus grands producteurs de céréales, du blé principalement, mais aussi de l’orge du seigle ou de l’avoine. Un des en-cas les plus courants et accessibles est un pain compact et plat à base d’orge et d’amidonnier que vous trouverez aisément sur tous les étals. Alors, je l’ai goûté – je suis une chroniqueuse sérieuse – et on ne va pas se mentir, ce n’est clairement pas le met le plus savoureux que j’ai mangé dans ma vie. Néanmoins, il tient au corps et ne vaut qu’un deben de cuivre la miche.

Si vous avez une petite soif (vous aurez forcément une petite soif par cette fournaise!) et que vous en avez assez de l’eau tiède, je ne saurais trop vous conseiller une coupe de heneqet, petite bière d’orge sans prétention, mais très rafraîchissante. Il est courant de voir les ouvriers se rassembler après une journée de travail pour la déguster à l’ombre d’un figuier. C’est une bière pour le peuple, mais il y a un côté très immersif à la déguster tout en faisant le tour des échoppes.

Où trouver de la bière? C’est un peu la boisson nationale, on la consomme en toutes circonstances, et ce qu’importe le niveau social. Les Kémites la surnomment leur « pain liquide » et toutes les maisons de détente en proposent. On appelle ces établissements des maisons de bière. Pour les localiser, chercher la mention « du pain et de la bière » sur les enseignes.

Les fruits et légumes

Les Kémites sont friands de préparations mijotées à base de légumineuses. S’ils adorent les lentilles, ils ne rechignent pas non plus à consommer des fèves, des pois-chiches, des petits pois. Ils aiment y mêler de l’ail, des oignons, du chou, des poireaux, mais aussi des radis, du lotus ou de la fleur-du-roi, cette plante qui pullule au bord du Neilos.

J’ai goûté un succulent écrasé de concombre, huile d’olive, oignons et pois-chiche dans un roulé de feuille de laitue croquante. Un régal !

Plus onéreux, mais savoureux, vous pourrez vous procurer sur les marchés « haut-de-gamme » des fruits comme du raisin, des dattes confites au miel, de la grenade (excessivement cher!), des figues, de la pastèque et des melons gorgés de soleil.

La viande

Sujet épineux que la viande en Kemet. Certaines sont autorisées, d’autres font l’objet de tabous. Vous pourrez vous régaler d’œufs, de brochettes de mouton grillé, de volaille et de porc sans grande difficulté. Attention néanmoins aux périodes de fêtes religieuses – elles sont légions en Kemet : durant ces journées, le végétarisme est de rigueur pour tous ceux qui foulent la Terre Noire. Il faut également savoir que nombre de Kémites refusent de consommer de la viande au quotidien, pour éviter de froisser les dieux.

Heureusement, le poisson ne fait l’objet d’aucun tabou. Le plus fréquent dans les assiettes est le mulet, prisé pour sa chair et ses œufs. On le sert séché, confit, grillé, mariné, mijoté.

Outarakhon: cette recette m’a été servie lors d’un déjeuner aux Coffres d’Ouadjour, la plus grande place marchande de Djedou. Il s’agit d’une poche d’œufs de mulet ( les gonades femelles, quoi!), salée et séchée, accompagnée de laitue fraîche. En dehors de l’aspect déroutant, ce plat est succulent. Et je dois dire que l’atmosphère du lieu a beaucoup contribué à faire de ce repas un moment exceptionnel. Ajoutez à cela quelques coupes de seremet ( la bière de dattes) et vous avez tous les ingrédients pour une journée idéale.

Les impairs à éviter

Si vous avez préparé convenablement votre voyage, vous savez certainement que le peuple de Kemet est zoolâtre. Selon la nome (ils nomment – jeu de mots!– leurs provinces ainsi) où vous vous trouvez, il est strictement interdit de mettre à mort ou de consommer la chair de certains animaux. Un exemple: Djedou se trouve sur la nome de l’Aigle, sous le protectorat d’Ishtar. Vous vous dites sûrement: Bon, ça ne risque rien, je ne compte pas chasser l’aigle durant mon voyage. Mais attention: Ishtar est aussi connue pour ses chevaux à la robe d’or sur lesquels elle traverse le désert au grand galop. Donc, si vous ne voulez pas finir démembré en place publique, ne vous faites pas prendre en train d’acheter ou de manger de la viande équine, mes chéris ! Conseil d’amie.

Amis minoens qui me lisez fidèlement: je sais que comme moi, vous adorez la viande d’âne séchée accompagnée de tomates confites et de fromage de brebis. Ne vous laissez pas aller à en consommer en Kemet, sous aucun prétexte. Les ânes sont des offrandes pour Set, surtout si leur robe est noire. Mieux vaut ne pas s’attirer de problème. Ne me demandez pas pourquoi le roi des dieux Kémites affectionne les ânes, je n’ai pas eu l’occasion (ni l’envie) d’aller interroger un prêtre de Set à ce sujet.

Les mets réservés à l’élite

Le grenade, le fruit des rois. Guide pour voyager sereinement en Kemet
Les grenades, fruits des rois et des reines

Eh oui mes chéris ! Corina a ses entrées dans les plus prestigieuses maisons. J’ai adoré profiter du confort de la demeure de mon grand ami Kleios. C’est un proche du nomarque, mais c’est avant tout quelqu’un de très humble. J’ai pu déguster en toute quiétude des vins de dattes et d’orge absolument divins. Comme nous n’étions pas en période de végétarisme, il m’a fait goûter une viande de bœuf marinée dans des épices et du miel. C’était… déroutant. Sur Minos, nous ne cuisinons pas la viande rouge de cette façon. D’ailleurs, nous la cuisinons rarement. Kleios m’a expliqué que Kemet considère les bovins comme les enfants d’Hathor. Leur viande est certes sacrée, mais Hathor est la déesse de l’abondance et de la fertilité. Elle leur offre la chair de ses enfants avec amour. C’est une belle histoire, je trouve.

Pour clore le repas, nous avons bu une délicate infusion de menthe rehaussée de gingembre en dégustant de sympathiques souchet, des petit gâteaux coniques à base de miel et de rhizomes de fleur-du-roi. Je pense qu’on peut la reproduire chez nous avec des rhizomes de roseaux.

Alors, mes chéris, j’espère que vous avez apprécié ce petit tour culinaire en ma compagnie ! J’espère que vous ferez de belles découvertes durant votre séjour et surtout, n’oubliez pas de tout bien noter pour votre rapport votre carnet de voyage.

Affectueusement.

Voyager sereinement en Kemet par la chroniqueuse Corine
Corina, chroniqueuse influente pour la revue Conquêtes et cultures et maîtresse-espionne de l’Académie de Minos

Merci infiniment pour votre visite. Je suis Aemarielle, artiste strasbourgeoise distillatrice de nectar de fantasy. Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux. Et si vous souhaitez soutenir mon travail, vous pouvez devenir un de mes mécènes sur Patreon en cliquant sur le bouton juste en dessous !

Become a Patron!

La main dans le sac 1/5

Le Cycle du Dieu Noir, roman-feuilleton
dark-fantasy

Titre de la saison 1 : Les enfants de Djedou

Au royaume de Kemet, les destins croisés d’un guerrier venu d’au-delà les mers et d’une jeune voleuse des rues, tous deux prisonniers d’une toile qu’Ishtar, déesse assoiffée de vengeance, a tissé pour eux. À leur insu, Aenar et Alaia pourraient bien attirer sur eux l’attention du redoutable Set. Mais les plans de la déesse ne risquent-ils pas d’entraîner des conséquences plus graves encore ?

Synopsis de l’épisode:

Aenar a un objectif : livrer discrètement une gemme à une cliente ; sûrement pas de s’occuper d’une gosse perdue. Pourtant elle est là, et en prime elle essaye de lui voler son butin. Le pirate n’est pas un monstre, il dépose Alaia à l’abri pour la nuit. Mais par les dieux, pourquoi la guigne s’acharne-t-elle désormais sur lui ?

Le Cycle du Dieu Noir - Le port de Djedou
Le port de Djedou, où se situe notre action. Carte réalisée par Steph.D

Première partie

La nuit tombait sur la Ruche. La chaleur accablante de la journée laissait place à la fraîcheur du crépuscule, lequel nimbait progressivement les murs en terre cuite des maisons d’un camaïeu d’ombres inquiétantes. À tout instant, Alaia redoutait de voir surgir d’horribles créatures tapies dans les ruelles, derrière les replis des tentures des échoppes.

L’enfant se frotta les paupières. Depuis combien de temps marchait-elle à la recherche de ses camarades ? Them lui avait pourtant ordonné de rester cachée, de se contenter de regarder, mais l’attente s’était révélée trop longue pour elle.

Elle s’ennuyait vite. Merit disait que c’était normal, qu’elle était « trop jeune pour le boulot », ce à quoi Them lui répondait de se taire ; lui seul en jugeait.

Alaia le détestait. Il était méchant, constamment de mauvaise humeur. Il la traînait chaque jour derrière lui comme un poids mort. Parfois, il lui pinçait le bras très fort ou lui tirait l’oreille quand elle n’écoutait pas.

« Tu me dois tout, espèce d’ingrate ! répétait-il. Si tu veux manger, t’as intérêt à apprendre fissa ! »

L’apprentissage selon le garçon revenait à dérober leur bourse aux badauds. Lui-même excellait à cet exercice, mais se montrait piètre professeur. Alaia aurait préféré rester avec Merit, plus gentille, malheureusement Them refusait. Et Them était le chef. Un chef qui criait tout le temps, surtout le soir, quand tout le monde se rassemblait dans le terrier. Sa main, délicate quand elle fouillait les affaires des gens, devenait brique lorsqu’elle distribuait les coups.

Aujourd’hui, elle aurait dû lui obéir, se tenir tranquille derrière les jarres d’huile du vieux Kop et le regarder œuvrer, mais elle avait remarqué ce joli lézard se faufiler sur un mur chauffé par le soleil et n’avait pas pu résister à l’envie de l’attraper.

La vitesse du reptile l’avait surprise ; à peine parvenait-elle à l’effleurer qu’il reprenait sa course. Pour autant, ses yeux ne lâchaient pas leur proie. Sa vue était excellente, de jour comme de nuit, et Them l’encourageait à profiter de ce don. C’était comme un exercice après tout…

Finalement, le lézard avait disparu entre deux briques en terre crue, la laissant frustrée et surtout perdue. D’habitude, elle se contentait de suivre Them ; à présent, les rues lui paraissaient immenses, les allées innombrables et bruyantes. Comment le retrouverait-elle ? Il allait encore s’énerver. À cette pensée, son nez se mit à couler, des larmes embuèrent ses yeux. Elle glissa son pouce dans sa bouche et arpenta la Ruche en pleurnichant, à bonne distance des marchands qui, à cette heure avancée, commençaient à ranger leurs étals.

« Tu ne dois pas t’approcher d’eux, pas maintenant, avait expliqué Them, ces gens n’ont que des coups de bâton à t’offrir, voire pire. »

Parfois, Alaia écoutait ses conseils.

Maintenant, il faisait noir et elle sentait son cœur battre à tout rompre. Elle risquait de mourir dévorée par un monstre aux aguets et en plus, elle avait les pieds en feu et l’estomac dans les talons.

Une odeur de vase parvint à ses narines : les effluves du Neilos, comprit-elle. Elle se dirigeait vers le port, l’un des pires quartiers de la ville. Un rire gras résonna dans une allée toute proche ; d’instinct, elle rasa les murs.

Des flambeaux éclairaient la façade d’une maison devant laquelle se pressaient des silhouettes effrayantes. Sur le perron, des femmes dévêtues les accueillaient avec des sourires et des postures étranges. Les visiteurs se collaient à elles et les embrassaient goulûment sur les lèvres. C’était dégoûtant, comme lorsque Nizul explorait la bouche de Merit avec sa langue.

Alaia bâilla et son estomac enchérit en gargouillant. Elle n’avait rien avalé de la journée. Peut-être qu’une de ces dames accepterait de l’aider ? Alaia s’approcha de la maison, avisant une jeune fille copieusement fardée. Comme elle était jolie ! s’extasia-t-elle.

Sitôt qu’elle l’aperçut, la beauté écarquilla les yeux et la poussa dans l’ombre d’une ruelle.

— File ! la houspilla-t-elle. Allez, fiche le camp d’ici !

Aussi méchante que Them…

Vexée, Alaia tira la langue et s’enfuit sans demander son reste. Soudain, elle se figea : un bruit suspect s’échappait d’un tas d’immondices au fond de la rue. Elle sursauta quand, en un éclair, une ombre toute de poils et de griffes jaillit devant elle dans un éboulis de déchets. Le cœur d’Alaia fit des bonds dans sa poitrine à l’idée d’un monstre s’arrachant aux ténèbres pour la dévorer toute crue. Son cri mourut au fond de sa gorge à l’instant où la créature terrifiante poussa un feulement presque inaudible, se révélant n’être qu’un minuscule chat noir à la queue ébouriffée de surprise.

Sa peur oubliée, elle souffla, s’accroupit et appela d’une voix douce :

— Oh, tu es tellement mignon… Viens, j’te veux pas de mal, sois gentil.

Elle offrit sa main ; l’animal la considéra avec distance avant de tendre le museau pour humer son odeur. Il frotta sa tête contre les doigts et se mit à ronronner. Comme la plupart des chats à Djedou, il ne craignait pas les humains. Merit racontait souvent des histoires formidables sur les enfants de Bastet, la dame de la chance.

« La protectrice des gens comme nous, disait-elle. Pour ne pas s’attirer la mauvaise fortune, les Kémites prennent soin des enfants de Bastet, bien plus que de leurs nécessiteux. »

Affamée, Alaia scruta le tas de déchets et entreprit de le fouiller, priant la déesse d’y trouver de la nourriture. Elle poussa un cri de joie en dénichant des pelures de légumes ainsi qu’un vieux morceau de pain rassis au milieu d’entrailles de poisson puantes. La chance lui souriait, en effet.

— Merci, dit-elle au chat en espérant que sa divine mère l’entende.

L’animal, les pupilles fendues de plaisir, se frotta contre ses jambes couvertes d’écorchures.

Le Cycle du Dieu Noir épisode 1 - l'homme à la hache - la main dans le sac

Lire La main dans le sac 2/5

Votre soutien est grandement apprécié

Cette histoire vous plait ? Si vous souhaitez m’encourager ou me donner votre avis, laissez-moi un commentaire, je vous répondrai avec plaisir.
Je vous invite également
à vous abonner à ma newsletter mensuelle, Libre comme l’art, où je vous propose (entre autre) de suivre mon parcours pour vivre de mes crayons.

Je suis très heureuse de partager Le Cycle du Dieu Noir gratuitement avec vous. Une histoire est faite pour être lue. Si vous le souhaitez, vous pouvez soutenir ma création en devenant mécène sur Patreon, à partir du prix d’un café.

Become a Patron!

La série littéraire|1

Bonjour tout le monde !

Peut-être l’ignorez-vous si vous découvrez mon blog, mais en plus de dessiner, j’écris une série de dark fantasy mythologique intitulée Le Cycle du Dieu Noir. Je travaille sur ce projet depuis 2013 ( Soudain, je prends un coup de vieux !) et il a énormément évolué depuis le tout premier jet. Initialement, il pesait le poids d’un parpaing, mais aujourd’hui, il connaît une réécriture totale au format série (ou roman-feuilleton).

Avant de vous guider dans les coulisses de mon histoire, je vais vous présenter les raisons qui m’ont poussée à opter pour le format série. Qui sait, peut-être vous instilleront-elles l’envie d’explorer ce format dans vos projets d’écriture ?

Image by Dariusz Sankowski from Pixabay

À l’origine : le roman-feuilleton

Loin d’être un genre nouveau, la série trouve ses origines au 19ème siècle dans le roman-feuilleton. Plébiscité par les journaux qui le publient par épisodes, il a l’avantage de fidéliser les lecteurs. Ainsi, le roman-feuilleton devient très vite un incontournable de la presse. #trendy


Image by Oberholster Venita from Pixabay

Malheureusement, comme tout ce qui se démocratise et devient accessible au plus grand nombre, le roman-feuilleton se coltine une image de sous-produit, de littérature de piètre qualité, plus mercantile qu’artistique. En effet, les revenus des auteurs dépendaient de ces publications rapides et régulières. Toutefois, cette mauvaise image n’a pas empêché des écrivains de renom de s’y lancer : Balzac, Hugo, Dumas, Dickens…

Parmi nos contemporains, Stephen King s’est lui aussi essayé au roman-feuilleton avec La ligne Verte. Et le genre se renouvelle encore grâce à des auteurs comme Cécile Duquenne (Les Foulards Rouges) ou Stéphane Desienne (Toxic), qui donnent de nouvelles saveurs à la série.

Pourquoi j’adore travailler en série:

1. J’aime les personnages et les univers

Vous est-il déjà arrivé d’être frustré.e, à la lecture d’un roman, d’en apprendre peu sur des personnages intéressants ? Ou de passer à côté d’éléments du monde bourrés de potentiel, mais sous-exploités ? Moi oui ! Et c’est normal, parce que durant la rédaction d’un roman, on ne peut pas tout développer.

En ce qui me concerne, quand j’écris, j’ai envie de disposer d’espace pour développer mes personnages. Savoir que je peux les affiner au fil des épisodes est essentiel. En plus, mes personnages ont souvent beaucoup de choses à me raconter, donc ne pas me sentir limitée dans mes idées me convient parfaitement.

2. Le format série est moins intimidant à écrire

Image by StockSnap from Pixabay

De la même façon que découper une tâche énorme en une multitude d’actions plus petites rend la somme de travail moins décourageante, j’ai moins peur d’écrire des épisodes de 15-20000 mots qu’un énorme roman de 150000 ! Bien sûr, c’est une appréciation personnelle qui dépend aussi du projet et de votre façon de construire un récit.

3. Il convient bien aux longues sagas

L’idée de découper une histoire en saisons de plusieurs épisodes a quelque chose de très séduisant. Par exemple, je sais que Le Cycle du Dieu Noir s’étendra sur 3 saisons et je connais les thèmes que chacune d’elle abordera. Alors oui, j’aurais pu en faire une grosse trilogie, mais là encore, gros pavés en perspective, procrastination et doutes à gogo.

4. Le plaisir de lire une série plutôt qu’un énorme pavé

Qu’il me semble loin le temps où je dévorais des romans énormes comme des petits pains ! Aujourd’hui, mon temps de concentration disponible est dévoré par le travail et les préoccupations du quotidien. Naturellement, j’ai tendance à me tourner vers des lectures plus courtes, avec la satisfaction d’arriver à les finir. Voilà pourquoi démarrer la lecture d’un énorme roman me fait peur : j’ai l’impression que même s’il est excellent, je ne le terminerai jamais, et ma pile à lire me semble insurmontable.

On en revient au découpage des actions en petites tâches mesurables et réalisables. #psychologie

5. Le monde de la série littéraire numérique se développe

Je crois fortement au support blog pour la publication de mes textes, mais je me réjouis de l’essor des plateformes de publication de texte au format roman-feuilleton. Wattpad, Scribay, ou Rocambole, pour ne citer qu’elles, offrent énormément de possibilité aux feuilletonistes de diffuser leurs histoires. On peut lire confortablement sur son téléphone dans les transports en commun, ou dans son canapé, peu importe.

De mon côté, je suis convaincue que le format série littéraire est promis à un bel avenir. Et vous, quel est votre avis sur la série ? Je suis curieuse de partager cette aventure avec d’autres feuilletonistes. Et si vous veniez me raconter en commentaire de quoi parlent les vôtres ? Vous pouvez même mettre un lien vers vos œuvres pour que les gens puissent les lire !

Merci infiniment pour votre visite. Je suis Aemarielle, artiste strasbourgeoise distillatrice de nectar de fantasy. Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux. Et si vous le souhaitez, vous pouvez vous abonner à mon blog pour être prévenu.e de la parution des prochains articles.

Le printemps revient, Aemarielle aussi

Source photo : Pixabay

Bonjour tout le monde.

Nous sommes en mars, les arbres sont en fleurs, le printemps revient à grands pas – il est d’ailleurs arrivé en avance à Strasbourg – et, en ce qui me concerne, je le vis comme une renaissance.

Si vous êtes abonné.e à mon blog, vous avez pu constater que je n’ai rien publié depuis plusieurs semaines. Manque d’idées, manque d’envie, rien à raconter etc. Pour être tout à fait sincère, j’ai songé à tout arrêter, à disparaître au fond de mon lit et ne plus en sortir. Ce sentiment de vide me poursuit depuis de longs mois, mais je n’ai accepté de le regarder en face que récemment, lorsque la souffrance est devenue trop lourde à supporter. Un matin, il m’a été impossible de me rendre au travail.

J’ai admis que j’étais malade

J’ai finalement accepté de parler à mon médecin, ce que je refusais de faire en dépit des avertissements de mon mari et d’une de mes collègues parce que bon : « Je vais lui dire quoi ? Je n’ai rien. » Après tout, perdre le sommeil, toute envie de sortir, de voir ses amis, de lire, de bouger, rêver de son travail nuit après nuit, angoisser, ne plus prendre soin de soi, chercher du réconfort dans la nourriture, ce ne sont pas des symptômes, n’est-ce pas ? Et puis s’arrêter, ça signifie abandonner son travail, laisser la charge à ses collègues ; déserter, quoi. Impossible !

« Vous savez que vous avez de nombreux symptômes d’une dépression ? », a résumé le médecin quand j’ai vidé mon sac. Oui, en fait, je le savais, mais j’enfouissais cette pensée sous une épaisse chape de plomb. À l’instant où il a prononcé le mot, j’ai ressenti une profonde gratitude. La raison qui me dissuadait d’aller le voir depuis si longtemps, c’était la peur de m’entendre dire que ce n’était rien, qu’il fallait se donner un coup de pied aux fesses. À mon grand soulagement, ce ne fut pas le cas.

J’accepte de me donner du temps

Je ne guérirai pas en un claquement de doigts. Pour l’heure, je me repose, je me focalise sur les activités qui me font du bien: écrire, dessiner entre autre. Je réfléchis à la direction que je veux donner à ma vie, à l’importance de me respecter, moi et mes valeurs, dans ma route professionnelle.

Et je blogue à nouveau, doucement. J’ai hésité à vous raconter cette histoire parce que jusqu’à présent, j’attachais de l’importance à la « positivitude » dans ma communication. Aujourd’hui, je me rends compte que la sincérité m’importe davantage qu’être pêchue, productive et positive à tout prix, alors qu’à l’intérieur, je m’atrophie. Donc, me revoilà. J’ai une nouvelle raison de bloguer : partager cette tranche de ma vie avec celleux qui jugeront utile de la lire pour leur propre situation, échanger si vous en éprouvez le besoin, vous offrir un havre de paix dans l’océan du Net ; papoter autour de l’art comme thérapie, créer, dessiner, écrire.

Etape 1 : ravalement de façade

Si vous connaissez déjà mon blog, vous aurez peut-être remarqué quelques changements. En effet, quoi de mieux pour se motiver qu’un grand ménage et un coup de frais ? Le blog fait peau neuve, il renaît dans des couleurs douces et des teintes pastel. J’ai aussi modifié légèrement son nom : la plume d’Aemarielle devient Aemarielle, tout court. J’ai également modifié mon avatar en peignant une jolie demoiselle elfe à l’aquarelle.

Aemarielle en mode printemps !

Certaines catégories ont disparu, d’autres ont changé de nom. Bafouilles et gribouillis sont priés d’aller voir ailleurs, je ne « bafouille » pas, j’écris ; je ne « gribouille » pas, je peins. La voie de la guérison passe par une plus grande estime de moi-même.

Je m’amuse en ce moment avec les plugins WordPress, je cherche comment vous offrir un contenu plus joli, plus propre et comment mettre en avant mes illustrations pour créer un chouette atelier d’artiste en ligne. Ne soyez pas étonné.e si dans les prochains temps, le blog évolue encore.

Etape 2 : de quoi parlerons-nous ?

On va se calmer sur les routines, les compteurs de mots, la productivité pour revenir à la créativité pure et les différentes manières dont je l’exprime. Les coulisses de ma série littéraire fantasy, des illustrations en cours, des idées et conseils pour trouver sa raison d’être. On va s’amuser, ce sera chouette ! Qu’en dites-vous, vous en êtes ?

Merci infiniment pour votre visite. Je suis Aemarielle, artiste strasbourgeoise distillatrice de nectar de fantasy. Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux. Et si vous le souhaitez, vous pouvez vous abonner à mon blog pour être prévenu.e de la parution des prochains articles.

Ma routine d’écriture

Ou comment ancrer une habitude au quotidien

Si je reviens sur 2018, une de mes plus grandes sources de frustration aura été l’écriture. J’ai très peu écrit l’an dernier. Vraiment peu. Je pouvais très bien écrire une grosse quantité de mots un jour, puis ne plus ouvrir mon fichier des mois durant. Recommencer. Échouer à nouveau. Et encore, et encore.

Identifier le problème

Avec le recul, je comprends un peu mieux la source de ce blocage. Je n’ai jamais pris le temps de décider de mes priorités en matière d’écriture. Je voulais continuer le Cycle du Dieu Noir, mais en même temps démarrer un nouveau projet; écrire des nouvelles; le tout en débutant une formation à distance. Mon cerveau a dit stop.

Tout était désorganisé, chaotique et bien au-dessus de mes capacités. Fatalement, la procrastination m’a vaincue.

Mettre son cerveau en pause

J’ai passé le dernier trimestre à lire. Principalement des livres sur l’écriture, comme The Right to Write, de Julia Cameron ou The War of Art, de Steven Pressfield. J’ai aussi dévoré La méthode Bullet Journal, de Ryder Caroll.

L’idée était de remettre un peu d’ordre dans mes objectifs. J’aime écrire, mais j’avais perdu de vue mon pourquoi. Pourquoi, en plus de mon boulot à temps plein, et de ma formation, je voudrais trouver de la place pour l’écriture ? Et comment ?

Sachant que la course à l’édition ne m’enthousiasme pas particulièrement, mais que j’écris pour partager mes histoires avec un public, Wattpad est actuellement mon moteur. Si je n’écris pas régulièrement, je n’aurai rien à partager (Bon, mon audience est très réduite pour le moment, mais c’est une motivation tout de même) et je serai malheureuse. Surtout, Wattpad m’aidera à voir si mon récit vaut le coup d’être auto-édité ou non, ou si je me bouge pour trouver une maison à mon bébé, ou encore si je l’enferme à tout jamais dans un placard et passe à autre chose.

Définir le bon moment

Clairement, si je n’écris pas le matin avant le travail, c’est mort. Au réveil, je suis fraîche et motivée; le soir, je suis une loque tout juste bonne à somnoler devant la télé. Donc, il me faut du temps le matin. Mais pas trop de temps, pour ne pas transformer ma plage d’écriture en corvée.

Déterminer l’objectif

Je me suis fixée un but que certain.e.s qualifieraient de peu ambitieux: 300 mots chaque jour. Certes, c’est un petit objectif. Mais il est quantifiable, réaliste et réalisable. Et surtout, il est quotidien, week-end compris. Tous les matins, je consacre une vingtaine de minutes à rédiger mes 300 mots, que je dépasse régulièrement. Car oui, le dépasser, c’est autorisé, bien sûr. Mais je peux aussi m’y limiter les jours où ça ne va pas, et j’ai tout de même accompli quelque chose.

Et sinon, t’écris quoi ?

300 mots par jour, c’est bien, mais si je ne sais pas sur quoi je travaille, ça ne sert à rien. En janvier, j’ai noté dans mon bullet journal que je rédigeais l’arc d’un personnage du Cycle du Dieu Noir: Aenar. Tout mon mois est consacré à lui. Si j’ai terminé fin janvier, je déterminerai mon prochain sujet d’écriture, sinon je continuerai sur février.

Pour m’encourager, j’ai choisi deux options: une page dédiée dans mon bullet journal, où je coche chaque jour où j’ai écrit d’une grosse croix (c’est très satisfaisant! ) et un fil de discussion sur Twitter où je tiens mes abonnés au courant au quotidien de mes avancées. Le bujo est un engagement personnel, Twitter un outil de motivation externe qui me contraint à donner des nouvelles et donc me pousse à écrire.

Bullet journal janvier
Twitter

Concentrez-vous sur une habitude à la fois

Si j’ai un conseil à donner, c’est de ne vous concentrer que sur une habitude à la fois, jusqu’à ce qu’elle soit acquise. Si vous regardez mon tracker, vous verrez que j’avais essayé d’inclure aussi du sport au début (les autocollants verts), en plus de l’écriture. J’ai laissé tomber très vite, on est des humains, ça ne sert à rien de vouloir trop en faire, on risque surtout de tout lâcher.

Et vous, quelles habitudes mettez-vous en place en ce moment ? Comment ça se passe ?

Retrouvez moi sur Wattpad avec une série de fantasy épicée : Le Cycle du Dieu Noir

2019 sur la Plume d’Aemarielle

Bonjour à vous qui me lisez, que ce soit depuis longtemps ou non. Je vous présente mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Qu’elle vous soit douce, clémente, pleine de projets, de réussites, de petits et grands bonheurs.

De mon côté, vous noterez, si vous me suivez depuis longtemps, que je n’ai pas écrit de bilan 2018. Je n’ai pas non plus l’intention de vous présenter mes objectifs 2019. Pourquoi? Tout simplement parce qu’en 2019, sur la Plume d’Aemarielle et sur les réseaux sociaux que je fréquente, j’ai envie de me concentrer sur les actions plus que sur les paroles.

J’ai toujours cette impression étrange que si je vous fais la liste de tous mes beaux objectifs/résolutions, je me tire une balle dans le pied toute seule, parce qu’il y a des risques importants que je ne fasse pas tout ce que j’ai écrit dans l’enthousiasme de la nouvelle année.

Dire, c’est bien. Faire c’est mieux.

Exemple: « Ah! Cette année, c’est décidé, je publie 3 articles par semaine sur le blog. » 2 semaines plus tard: « Pff, j’ai rien à raconter, cette semaine. Je reviendrai plus tard. Ou pas… » Et le blog reste silencieux 3 mois 😀 !

Ne vous méprenez pas: j’ai des objectifs. ils sont notés en évidence dans mon bullet journal, mais ce qui m’intéresse principalement, ce sont les petites actions quotidiennes que je vais réaliser pour les atteindre.

Tiré de Shaun of the Dead

Si vous n’avez pas encore d’idée de ce que vous voulez pour que votre année soit à la fois cool et efficace, je vous propose de jeter un œil du côté de la Nife en l’air, où Florie vous a concocté un programme en 3 étapes pour dynamiser vos réflexions. J’ai fait les exercices, et ça m’a beaucoup aidée à rassembler mes pistes de travail pour 2019

Je reviens dimanche prochain avec un premier article sur la routine d’écriture que je mets en place depuis le 1er janvier. D’ici là, je vous souhaite une très belle semaine.

Retrouvez-moi également chaque semaine sur Wattpad avec Le Cycle du Dieu Noir, une série fantasy épicée !