Comment les accords toltèques peuvent-ils nous aider à protéger cette denrée précieuse qu’est la créativité?

Si vous faites partie des gens qui mobilisent leur créativité au quotidien, vous avez peut-être déjà expérimenté des phases de blocage liées à la multitude de pensées parasites que nous envoie notre cerveau. Pour les besoins de cet article, nous l’appellerons Bob. (Je n’avais pas d’idée de nom, alors j’ai piqué celui de Florie ! )

Parfois, Bob est sympa et nous inonde d’idées – artistiques ou non, peu importe, créatif ne signifie pas forcément artiste. Mais son côté obscur, Dark Bob, préfère instiller en nous négativité, méfiance, doutes et souffrance.

C’est là que les 4 accords toltèques peuvent nous aider.

1. En quoi consistent les accords toltèques et d’où sortent-ils ?

Parmi mes compagnons de lecture figure ce formidable petit livre, les 4 accords toltèques, de Don Miguel Ruiz. Un tout petit ouvrage d’à peine 150 pages format poche qui contient pourtant des enseignements passionnants pour progresser dans sa recherche de liberté et ses rapports avec les autres. Quand je l’ai terminé, je suis restée un long moment pensive, avec l’envie de le relire. Je sais qu’il va rester avec moi un bout de temps, car si les 4 accords toltèques paraissent évidents, leur mise en place effective réclame beaucoup de persévérance.

4 alliés pour la créativité - les accords toltèques

Non, ce n’est pas un ouvrage ésotérique portant la parole de mystérieux aliens. Il ne s’agit pas non plus d’injonctions ni de commandements gravés dans une tablette d’argile. Même si Miguel Ruiz se définit lui-même comme un nagual (un genre de biclassage prêtre-chamane épique, certainement.), on peut les appréhender sans un quelconque carcan religieux planqué en embuscade derrière. En tant que lectrice tout à fait profane, j’en ai tiré des enseignements utiles sans aucun malaise.laughing

L’idée première de ce livre est de regagner sa liberté. Liberté vis-à-vis des autres, mais surtout vis-à-vis de soi-même. Et autant vous dire que ce genre de message me parle. Pour développer sa créativité, la liberte d’esprit est un ingrédient essentiel. 

 

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Fin de la coupure pub, revenons à nos accords toltèques ! 

Le premier accord toltèque: que votre parole soit impeccable

Le langage est la première arme des humains. 

Docteur Louise Banks, Premier contact.

Vous dire que j’ai aimé ce film, Premier contact, serait un euphémisme. L’intrigue traite de la façon dont les humains tentent de communiquer avec des créatures extra-terrestres mystérieusement arrivées sur Terre. On ressent toute la force du langage, le pouvoir bénéfique qu’il peut revêtir, mais aussi son potentiel destructeur. Là où un groupe d’humains tente d’utiliser la parole pour nouer des liens avec les arrivants, comprendre leur point de vue et leurs intentions, d’autres utilisent la parole pour susciter la peur parmi leurs pairs et générer la haine de l’inconnu.

Tout ce travail autour de la communication et l’apprentissage d’une langue totalement différente m’a fascinée et surtout, j’y ai trouvé une résonnance avec le premier accord toltèque.

La parole n’est pas seulement un son ou un symbole écrit. C’est une force ; elle représente votre capacité à communiquer et à vous exprimer, à penser et donc à créer les évènements de votre vie. […] Mais comme une lame à double tranchant, votre parole peut créer les rêves les plus beaux ou tout détruire autour de vous.

Don Miguel Ruiz

Tout détruire, à commencer par nous-même…

Le plus souvent, cette arme commence par nous nuire à nous-même. Combien de fois nous disons-nous des choses horribles ? Que nous sommes stupides, pas assez doués pour accomplir nos rêves ? Notre parole, au lieu de l’utiliser pour construire, nous l’utilisons souvent pour nous juger, nous dévaloriser, ou perpétuer des croyances limitantes qu’on nous a inculquées depuis notre plus jeune âge. Notre propre parole nous instille la peur ou ce que l’auteur appelle notre poison émotionnel, au lieu de nous nourrir d’amour.

Être impeccable, d’après Don Miguel Ruiz, c’est commencer par ne rien faire contre soi-même. Et là, le travail commence. Il implique de ne pas nous détruire intérieurement avec des mots cruels et des jugements, mais également de ne pas utiliser la parole contre les autres, afin de ne pas retourner notre arme contre nous-même !

Pfiou, faut suivre !

Les mots possèdent un pouvoir magique

Si je m’aime, j’exprimerai cet amour dans mes interactions avec vous et ma parole sera impeccable, car cette manière d’agir produira une réaction similaire. Si je vous aime, vous m’aimerez. Si je vous insulte, vous m’insulterez. Si j’ai de la gratitude envers vous, vous en aurez envers moi. Si je suis égoïste avec vous, vous le serez avec moi. Si j’utilise ma parole pour vos jeter un sort, vous m’en jetterez aussi un.

Don Miguel Ruiz

L’idée est d’apprendre à utiliser la parole dans le sens de la vérité et de l’amour, de ne pas l’employer pour médire ou propager des idées fausses qui se propageront à leur tour.
C’est dur, parce qu’on nous a appris qu’il fallait avoir le dessus sur les autres, avoir le dernier mot, quoi qu’il arrive. Pour y parvenir, on utilise le pouvoir de la parole, soufflant aux autres des idées négatives qu’ils porteront en eux des années durant. Parfois on le fait involontairement, sans réaliser à quel point la magie de la parole est puissante.

Quand l’auteur parle de sort jeté à autrui, j’ai tendance à partager son avis. Si quelqu’un que vous aimez vous dit que vous êtes beau, vous aurez tendance à le croire, à vous sentir beau. Votre confiance en vous sera renforcée. Si vos proches vous rabâchent que vous n’êtes pas capable de réaliser votre projet, que c’est trop dur, vous risquez de les croire et de vous abstenir de le tenter.

Pour ma part, je me suis souvent blessée avec ma parole : « Je ne serai jamais un écrivain légitime, qui en a quelque chose à cirer de ce que j’écris, de toute façon ? Et mes dessins ! Bah, tu ferais mieux de les cacher, ils ne valent pas ceux des vrais artistes ! »

On commence par se parler gentiment, hein !

C’est d’autant plus vrai pour les projets créatifs: abordez les avec des pensées bienveillantes envers vous. Vous êtes capable d’y arriver. Votre projet a de la valeur, mais vous en avez tout autant. Le syndrome de l’imposteur n’est que la manifestation de Dark Bob, votre moi plein de venin. Commencez par vous encourager, en admettant que vous pouvez concrétiser vos idées.

C’est bien beau, mais comment on fait dans la vraie vie pour ne pas se laisser embarquer dans les débats houleux, les échanges de venins sur tel ou tel collègue?

Le silence est d’or. Ce n’est pas une blague.

L’option que j’ai choisie, c’est le silence. Honnêtement, si je sens qu’une conversation part dans une direction qui menace de me faire basculer du côté obscur du ragot, je me contente d’écouter, mais je ne renchéris pas. Je laisse la conversation s’éteindre tout seule et je passe à autre chose.

Bonus : j’ai rédigé une affirmation, inspirée par Aurélie Dolcemascolo, aka Sensuelle Alchimie sur Instagram. Ses conseils m’ont beaucoup aidée récemment, merci à elle.

Je m’engage à travailler sur ma parole, pour la rendre la plus impeccable possible, la guider vers l’acte créateur plutôt que la pensée limitante et négative. Si je vacille, je me rappelle mon engagement avec bienveillance et je repars.

C’est de moaaa !

Le deuxième accord toltèque: n’en faites pas une affaire personnelle

Je vous entends déjà : elle est gentille, elle, mais l’autre, là qui me traite de salope sur Twitter parce que ma photo de profil ne lui plaît pas, un peu que j’en fais une affaire personnelle !

Avant de lui défoncer la tête à coups (de batte de base-ball ! On a toutes envie, pas vrai ? wink) d’insultes bien senties, je vous invite à prendre une grande inspiration, bloquer cette personne et passer votre chemin en l’inondant de votre plus complète et sincère indifférence.

Je vous l’accorde : il est très compliqué de ne pas prendre personnellement des attaques ou des insultes, surtout si la personne en face de vous aimerait que vous les receviez comme telles. Néanmoins, il convient de se souvenir que la personne qui manifeste son venin est victime de ses propres émotions. Par son comportement, iel veut vous amener à entrer dans son scénario et à devenir acteur.ice de son film. La façon dont vous allez réagir ne dépend que de vous, pas de cette personne.

Vous faites une affaire personnelle de ce qui vous est dit parce que vous y donnez votre accord. Dès lors, le poison s’infiltre en vous et vous êtes piégé dans l’enfer. La raison pour laquelle vous vous faites piéger est ce que l’on appelle l’importance personnelle, c’est-à-dire l’importance que l’on se donne. S’accorder de l’importance, se prendre au sérieux, ou faire de tout une affaire personnelle, voilà la plus grande manifestation d’égoïsme, puisque nous partons du principe que tout ce qui nous arrive nous concerne. Au cours de notre éducation, de notre domestication, nous apprenons à tout prendre pour soi. Nous pensons être responsable de tout.

Don Miguel Ruiz

Pourquoi nous sentons-nous visés ?

D’abord, il faut savoir que Bob a un ego et celui-ci a tendance à se donner naturellement de l’importance.

« Je ne comprends pas les gens qui font/disent/portent/aiment… », explique untel sur Twitter.

Forcément, cette personne parle de notre cas, c’est évident. À qui d’autre pourrait-elle faire référence ? Notre ego veut qu’on parle de lui et il occupe une place importante dans notre vie.

Ensuite, parce que nous vivons dans une société qui met le sensationnel en avant à tout bout de champs et nous conditionne à réagir. Pour être considéré comme un esprit fin et brillant, nous devons donner notre avis, réagir à la moindre phrase, fourbir nos arguments et si possible remporter la bataille avec un dernier mot aussi létal qu’une balle de revolver.

Sauf que les blessures que nous infligeons avec nos mots nous meutrissent aussi, cf le 1er accord plus haut. Vous aviez oublié ? Je vous pardonne, cet article est copieux !

Nous vivons les histoires écrites par d’autres

Chacun voit le monde à travers un prisme qui lui est propre et qui varie selon ses expériences passées, son éducation et ses croyances. Nous sommes scénariste de notre histoire, nous en sommes aussi le personnage principal, mais nous essayons d’inviter les autres à prendre part à notre histoire, à y jouer un rôle. Réciproquement, les autres essayent de nous entraîner dans un rôle qu’ils ont choisi pour nous.

Dès l’instant où nous y consentons, nous perdons le contrôle sur notre propre histoire. Tout ce que les autres nous disent n’est qu’une projection de leur scénario sur nous. En prenant personnellement ce qu’ils nous disent, nous finissons par en faire notre vérité.

Si quelqu’un vous donne son opinion en disant : « Qu’est-ce que tu as l’air gros ! », n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en vérité cette personne est confrontée à ses propres sentiments, croyances et opinions. Elle essaye de vous envoyer du poison et si vous en faites une affaire personnelle, alors vous le recevez et vous l’appropriez.

Don Miguel Ruiz

Cet exemple fonctionne aussi très bien avec le fameux : « Ce roman est pourri, je lui mets 1 étoile sur Amazon parce que je peux pas mettre 0 », ou le célèbre : « Mais enfin, tu ne vas pas devenir artiste, c’est pas un vrai métier ! »

Protégez votre créativité en évitant de faire une affaire personnelle des remarques d’autrui

Une fois que vous avez accepté l’idée de ne jamais rien prendre personnellement, vous vous immunisez contre le poison des autres, vous savez que rien de qu’ils vous diront ne vous touchera, car ce qu’ils disent pour vous blesser est en réalité une projection de leur propre souffrance. Dès lors, vous pouvez vous consacrer à la seule chose qui compte : votre art/projet/idée qui changera le monde.

Quelques astuces pour éviter les sources de tension inutiles

Je sais, je suis un peu obsédée par les réseaux sociaux, mais vu la place qu’ils prennent dans notre vie et leur impact sur notre créativité, il faut bien que j’en parle ! laughing Ces conseils concernent principalement votre vie online, parce que nous passons un temps fou sur Facebook, Instagram ou Twitter et nos nerfs sont mis à rude épreuve !

1. Faire du tri dans ses abonnements

Pourquoi ne pas utiliser la méthode Konmari et ne garder dans vos contacts que les personnes qui vous apportent de la joie et du soutien ? Videz votre liste d’abonnements de toutes les personnes qui partagent régulièrement du contenu polémique. Protégez-vous en choisissant en pleine conscience qui vous avez vraiment envie de lire. En plus vous aurez un fil d’actualité plus clair, désencombré et moins stressant.

À l’heure où j’écris cet article, j’ai entamé une cure de désintoxication numérique en m’abstenant d’aller voir les réseaux sociaux pendant 1 mois et demi. Je vous raconterai comment ça se passe dans un autre article, mais à peine 3 jour après, je sens déjà un énorme souffle d’air frais dans ma tête.

2. Faites clarifier sa pensée à la personne concernée

On peut parfois se sentir offensé par une phrase tout simplement maladroite (surtout sur les réseaux sociaux). Plutôt que ruminer une réponse cinglante, respirez, prenez 5 minutes pour réfléchir, relisez et en cas de doute, demandez à la personne d’expliquer son point de vue. Cela peut parfois suffire à désamorcer une engueulade et dédramatiser le problème.

3. Ne nourrissez pas les trolls

Celui-là, vous l’avez bien repéré. Il partage des idées nauséabondes, véhicule des messages agressifs, moqueurs et se croit tout puissant du haut de ses 20 abonnés sur Twitter. Vous allez le remettre à sa place, ça va pas traîner ! Et si vous le laissiez disparaître dans les limbes des fils d’actualité, à la place? Épargnez-vous l’énergie nécessaire à rédiger votre réponse flamboyante. Cette personne cherche à vous piéger, contentez-vous de l’ignorer. Ou bloquez-la. Ne lui faites pas la joie de propager son poison émotionnel à vos abonnés (Vous les aimez trop pour ça, puisque vous ne les avez pas virés de vos contacts !)

L’objectif de ce grand ménage de printemps est non seulement de vous préserver, mais surtout de ne pas laisser des facteurs extérieurs envahir votre espace mental et bousiller vos ressources créatives.

 

Le troisième accord toltèque : ne faites pas de supposition

Aah, celui-ci ! J’essaye de l’appliquer depuis longtemps, mais je passe mon temps à faire des suppositions et à angoisser toute seule.

Les suppositions sont aussi inutiles que dangereuses. Nous imaginons des choses à propos des gens, de leurs attentes, leurs motivations, nous imaginons qu’ils nous aiment ou au contraire, qu’ils ne nous aiment pas, nous en faisons une affaire personnelle et nous nous empoisonnons, ainsi que les autres.

Il vaut toujours mieux poser des questions que faire des suppositions, parce que celles-ci nous programment à souffrir.

Don Miguel Ruiz

Combien de fois me suis-je fait des films dans ma tête, à redouter des entretiens professionnels parce que je me faisais une montagne des attentes des gens? En réalité, ils n’en avaient aucune et surtout, n’avaient aucun grief à mon égard. Quel stress inutile ! Si j’avais éclairci d’entrée de jeu l’objectif de l’entretien, j’aurais peut-être mieux dormi…

Pourquoi on se fait des films?

Il se trouve que notre cher Bob a horreur du vide. 

Pour se rassurer, il a besoin de réponses. Comme nous n’osons pas poser les questions nécessaires, Bob est inquiet. Son mécanisme de défense consiste à fabriquer les réponse dont il ne dispose pas pour combler le vide. Il élabore donc des théories, des idées, de fausses croyances et comme Bob est persuasif, nous commençons à les croire.

S’exprimer, un besoin vital

Oui je sais, j’ai écrit que le silence était d’or, mais ça, c’est quand vous avez envie de cracher du venin sur vous ou sur autrui. Là, c’est pas pareil !

Faire des suppositions à propos de nos relations est le moyen le plus sûr de s’attirer des problèmes. Par exemple, nous supposons généralement que notre partenaire sait ce que nous voulons ; nous croyons donc ne pas avoir besoin de lui dire. Nous pensons qu’il va faire ce que nous désirons, parce qu’il nous connait bien. Et s’il ne le fait pas, nous nous sentons blessés et lui reprochons : « Tu aurais dû le savoir. »

Don Miguel Ruiz

Le plus souvent, nous n’exprimons pas nos besoins, nos attentes et nous comptons sur les autres pour les deviner. De l’autre côté, les autres sentent que quelque chose ne va pas, mais n’osent pas poser la question, de peur de déclencher une dispute. Le cercle vicieux, quoi.

Nous craignons la réaction des autres parce que nous sommes tellement habitués à nous maltraiter nous-mêmes que nous présupposons une attitude similaire chez nos interlocuteurs. 

Par exemple, j’étais du genre à ne jamais montrer mes dessins à mes proches et à les cacher dès que quelqu’un passait trop près. J’étais persuadée qu’ils allaient trouver ça moche et se moquer. En réalité, quand j’ai admis l’idée de montrer mon travail, les réactions ont été très bienveillantes.

Ne partez pas du principe que les gens ne vont pas vous soutenir, ou qu’ils vont critiquer votre travail. Vous vous enfermez dans une spirale bloquante pour votre créativité. Faites votre travail, au calme, sans vous faire de scénario sur l’accueil réservé à votre projet. 

Le quatrième accord toltèque : faites toujours de votre mieux

Ami.e.s perfectionnistes, celui-ci est pour vous. Ne me remerciez pas !

Il était une fois un homme qui voulait transcender sa souffrance. Il se rendit à un temple bouddhiste pour trouver un maître qui puisse l’aider. Quand il trouva le Maître, il lui demanda : Maître, si je médite quatre heures par jours, combien de temps me faudra-t-il pour atteindre la transcendance ?

Le Maître le regarda et lui dit : Si tu médites quatre heures par jour, peut-être parviendras-tu à transcender ton existence dans dix ans.

Convaincu qu’il pouvait faire mieux que cela, l’homme lui demanda : Oh Maître, et si je méditais huit heures par jour, combien de temps cela me prendrait-il ?

Le Maître le regarda et lui répondit : Si tu médites huit heures par jour, il te faudra probablement vingt ans.

Mais pourquoi cela me prendrait-il plus de temps si je médite plus ? interrogea l’homme.

Le Maitre lui répondit : Tu n’es pas là pour sacrifier ta joie ni ta vie. Tu es là pour vivre, pour être heureux et pour aimer. Si tu fais de ton mieux en méditant deux heures, mais que tu y consacres huit heures à la place, tu ne feras que te fatiguer, tu passeras à côté de ton objectif et tu n’apprécieras pas ton existence. Fais de ton mieux et peut-être apprendras-tu que, peu importe la durée de la méditation, tu peux vivre aimer et être heureux.

Don Miguel Ruiz

Révisons notre niveau d’exigence

On pourrait traduire cet accord par : arrêter de se fixer des exigences irréalistes dans notre travail. Nous sommes des humains, notre art et nos créations n’ont pas vocation à être parfaites.

L’auteur nous conseille de toujours faire de notre mieux, ni plus ni moins. C’est l’essentiel. Notre mieux sera différent à chaque tentative, selon qu’on soit en forme, malade, fatigué ou plein de motivation. Quoi qu’il arrive, donnons notre meilleur sans forcer, sans culpabiliser parce qu’on voudrait faire plus. Si on force, si on s’obstine à exiger plus que ce qu’on peut donner, on se vide de notre énergie et on risque de laisser le champ libre à l’autocritique. En faisant de son mieux, on se protège de la culpabilité et du jugement, de la honte et de l’autoflagellation. Et on progresse !

Faire de son mieux implique d’agir

Dark Bob aimerait nous convaincre qu’on n’est pas prêt, qu’on n’est pas assez compétent pour tenter le coup. Mais si on fait toujours de notre mieux, il n’y a pas de raison de tergiverser. Passer à l’acte, c’est une façon de regagner sa liberté. Vous ne pourrez rien vous reprocher, vous aurez fait de votre mieux.

Conclusion

Si vous ne deviez appliquer qu’un seul des accords toltèques dans votre vie créative, je vous conseillerais de vous exercer sur le premier: que votre parole soit impeccable. En effet, c’est de lui que découlent les 3 autres. Utilisez votre voix intérieure pour vous aimer, croire en vous et apaiser Bob. Bâtissez votre confiance en vous, votre estime de vous-même en refusant l’autoflagellation et la critique permanente. L’introspection, aussi utile soit-elle, ne doit pas vous amener à souffrir, mais à progresser, à votre rythme.

Et surtout, faites de votre mieux. 

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