le Cycle du Dieu Noir _la main dans le sac

La main dans le sac 3/5

Vous avez manqué le volet 2/5 ? Il est là

Si Bastet avait assisté au massacre, elle avait jugé bon de s’en tenir à l’écart. Le chat ronronnait doucement contre Alaia. Elle contempla les joyaux épars et y vit l’occasion d’obtenir la clémence de Them. Si ça brille, ça vaut cher !

Ses pensées s’emballèrent : courir, prendre ce qu’elle pouvait et fuir pendant que le démon à la peau pâle était occupé ailleurs. Elle posa le chat et s’élança. Parmi les colliers, bracelets et anneaux, un superbe caillou écarlate, rond et poli, attira son attention. Magnifique et solitaire, d’une beauté incongrue sur la pierre sale du quai. Elle hésita, avant de reporter son intérêt sur un sautoir en or orné d’éclats bleu. Plus grand, plus cher. Alors qu’elle tendait la main vers lui, la gemme rouge s’illumina. Son halo flamboyant captiva Alaia. Elle brûlait d’envie de le toucher, son appel l’attirait comme la flamme d’une chandelle appâte le papillon.

« Viens, mon étincelle, viens à moi, je t’attends. »

L’ordre résonna dans son esprit, suave et étrangement familier. Des images épouvantables envahirent son esprit : un palais dont les tours effilées s’effondraient sous les flammes d’un brasier incontrôlable, le fracas assourdissant de milliers d’armes qui s’entrechoquent et l’air envahi de cendres et de hurlements inhumains. Enfin, la chute, la sensation trop réelle de tomber dans le vide.

Un feulement la tira de sa torpeur, suivi d’un coup de griffes sur les doigts. Surprise, Alaia recula la main avant de décoller du sol. Elle cria de terreur en croisant les yeux délavés du colosse qui la tenait par le col de sa tunique, dont les coutures déjà moribondes craquèrent sous l’étreinte.

— Oh, petite chose ! Pas touche !

Sous sa masse de cheveux blonds, le démon montrait figure humaine, malgré le sang Kémite qui maculait ses pommettes saillantes et son nez légèrement de travers. Son visage arborait une multitude de cicatrices blanchies par le temps, dont une plus marquée sur son front. La férocité qui émanait de lui contrastait cruellement avec son apparente jeunesse. Il fronça les sourcils et agita la hache près du visage d’Alaia en grognant. Celle-ci répondit par la seule stratégie de défense qu’elle connaissait : elle fondit en larmes, ses pieds battant désespérément dans le vide.

Le désarroi se peignit sur les traits bourrus de l’étranger. Suivi de la contrariété quand le chat entreprit de grimper le long de sa jambe.

— Ach, for porkker ! grogna le colosse.

Il posa Alaia et décrocha l’animal de sa chausse avant de le projeter à quelques pas. Offusqué, le félin cracha et s’éloigna en arquant le dos. L’homme rassembla son butin et referma sa besace, non sans avoir soigneusement examiné le joyau rouge, comme pour s’assurer qu’il n’était pas abîmé.

Alaia voulait partir, mais ses pieds ne lui obéissaient plus. L’inconnu se pencha vers elle.

— Toi. Arrête larmes. Retourne chez mama. Ja ?

— J’ai pas de maman, je sais pas où aller. Me frappe pas, s’il te plaît !

Le guerrier maugréa dans sa langue en se grattant la tête. Alaia se ratatina : allait-il la tuer comme ces hommes ? Finalement, il soupira et décréta d’un ton las :

— Allez, viens. J’emmène toi chez prêtres de… (Il hésita.) Vache ! Tu dors avec eux et tu arrêtes larmes. Compris ?

— Oui, promis… balbutia Alaia en ravalant ses pleurs.

Il ne projetait donc ni de la tuer ni de la battre ? Soulagée, elle essuya son nez dans sa tunique avant de glisser sa main dans la pogne du guerrier. Rugueuse comme du cuir, plus grande et forte que celle de Them, pourtant plus délicate autour de la sienne.

— Le chat ! s’exclama-t-elle soudain.

— Na ! Le galeux reste ici !

Ce dernier, nonchalamment étendu sur le flanc, procédait à sa toilette avec indifférence. Attristée, Alaia n’insista pas.

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En route pour le 4/5

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