Voyager sereinement en Kemet

Aujourd’hui, je laisse la parole à Corina, voyageuse insatiable et chroniqueuse pour la revue Conquêtes et cultures, numéro un des ventes sur l’archipel de Minos. Corina va nous expliquer comment voyager sereinement en Kemet, profiter des meilleures adresses et s’intégrer en toute subtilité à la population. Son article du jour: le « bien manger ». J’en salive d’avance !

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À toi Corina !

Que manger lorsqu’on voyage en terre étrangère ?

Il y a des étapes essentielles quand on voyage : découvrir les joyaux architecturaux, les piller, savoir comment se comporter avec les autochtones et trouver de quoi satisfaire son appétit ou simplement sa curiosité culinaire. En tant que chroniqueuse influente pour Conquêtes et cultures, j’ai la chance de voir du pays et de pouvoir vous conseiller au mieux durant vos pérégrinations.

Vous venez d'arriver en Kemet et vous êtes curieux de goûter les spécialités locales ? Ne cherchez plus, voici mes astuces pour bien manger sur les terres de Pharaon
J’ai déjà faim, pas vous?

Le Kemet, terre de saveurs et de couleurs

Après un long périple sur les étendues limpides de la Grande Verte, la première chose que vous noterez en accostant sur les côtes Kémites, c’est leur luxuriance. Les contes dépeignent souvent cette contrée comme une terre désertique, où les héros agonisants rampent le long des dunes ocre de Décheret, « le désert rouge », jusqu’à ce que Nebetou, la déesse protectrice des voyageurs ne leur vienne en aide.

Leurs auteurs oublient de décrire les innombrables nuances de vert qui accueillent les visiteurs dès leur arrivée au port d’Aqabir. Car aucun pays ne peut s’enorgueillir de posséder une terre plus riche, plus fertile que celle du Ventre-de-la-Vache. C’est à cet endroit, irrigué par Neilos, le fleuve dieu, que les récoltes sont les plus prolifiques. Hathor, la dame des cultures, oeuvre main dans la main avec Neilos pour nourrir le peuple Kémite et leur prodiguer des aliments variés et délicieux.

Les aliments préférés des Kémites

Légumineuses et céréales, les bases de l'alimentation kémite. Guide pour voyager sereinement en Kemet

Les basiques | Céréales

Le Kemet est un des plus grands producteurs de céréales, du blé principalement, mais aussi de l’orge du seigle ou de l’avoine. Un des en-cas les plus courants et accessibles est un pain compact et plat à base d’orge et d’amidonnier que vous trouverez aisément sur tous les étals. Alors, je l’ai goûté – je suis une chroniqueuse sérieuse – et on ne va pas se mentir, ce n’est clairement pas le met le plus savoureux que j’ai mangé dans ma vie. Néanmoins, il tient au corps et ne vaut qu’un deben de cuivre la miche.

Si vous avez une petite soif (vous aurez forcément une petite soif par cette fournaise!) et que vous en avez assez de l’eau tiède, je ne saurais trop vous conseiller une coupe de heneqet, petite bière d’orge sans prétention, mais très rafraîchissante. Il est courant de voir les ouvriers se rassembler après une journée de travail pour la déguster à l’ombre d’un figuier. C’est une bière pour le peuple, mais il y a un côté très immersif à la déguster tout en faisant le tour des échoppes.

Où trouver de la bière? C’est un peu la boisson nationale, on la consomme en toutes circonstances, et ce qu’importe le niveau social. Les Kémites la surnomment leur « pain liquide » et toutes les maisons de détente en proposent. On appelle ces établissements des maisons de bière. Pour les localiser, chercher la mention « du pain et de la bière » sur les enseignes.

Les fruits et légumes

Les Kémites sont friands de préparations mijotées à base de légumineuses. S’ils adorent les lentilles, ils ne rechignent pas non plus à consommer des fèves, des pois-chiches, des petits pois. Ils aiment y mêler de l’ail, des oignons, du chou, des poireaux, mais aussi des radis, du lotus ou de la fleur-du-roi, cette plante qui pullule au bord du Neilos.

J’ai goûté un succulent écrasé de concombre, huile d’olive, oignons et pois-chiche dans un roulé de feuille de laitue croquante. Un régal !

Plus onéreux, mais savoureux, vous pourrez vous procurer sur les marchés « haut-de-gamme » des fruits comme du raisin, des dattes confites au miel, de la grenade (excessivement cher!), des figues, de la pastèque et des melons gorgés de soleil.

La viande

Sujet épineux que la viande en Kemet. Certaines sont autorisées, d’autres font l’objet de tabous. Vous pourrez vous régaler d’œufs, de brochettes de mouton grillé, de volaille et de porc sans grande difficulté. Attention néanmoins aux périodes de fêtes religieuses – elles sont légions en Kemet : durant ces journées, le végétarisme est de rigueur pour tous ceux qui foulent la Terre Noire. Il faut également savoir que nombre de Kémites refusent de consommer de la viande au quotidien, pour éviter de froisser les dieux.

Heureusement, le poisson ne fait l’objet d’aucun tabou. Le plus fréquent dans les assiettes est le mulet, prisé pour sa chair et ses œufs. On le sert séché, confit, grillé, mariné, mijoté.

Outarakhon: cette recette m’a été servie lors d’un déjeuner aux Coffres d’Ouadjour, la plus grande place marchande de Djedou. Il s’agit d’une poche d’œufs de mulet ( les gonades femelles, quoi!), salée et séchée, accompagnée de laitue fraîche. En dehors de l’aspect déroutant, ce plat est succulent. Et je dois dire que l’atmosphère du lieu a beaucoup contribué à faire de ce repas un moment exceptionnel. Ajoutez à cela quelques coupes de seremet ( la bière de dattes) et vous avez tous les ingrédients pour une journée idéale.

Les impairs à éviter

Si vous avez préparé convenablement votre voyage, vous savez certainement que le peuple de Kemet est zoolâtre. Selon la nome (ils nomment – jeu de mots!– leurs provinces ainsi) où vous vous trouvez, il est strictement interdit de mettre à mort ou de consommer la chair de certains animaux. Un exemple: Djedou se trouve sur la nome de l’Aigle, sous le protectorat d’Ishtar. Vous vous dites sûrement: Bon, ça ne risque rien, je ne compte pas chasser l’aigle durant mon voyage. Mais attention: Ishtar est aussi connue pour ses chevaux à la robe d’or sur lesquels elle traverse le désert au grand galop. Donc, si vous ne voulez pas finir démembré en place publique, ne vous faites pas prendre en train d’acheter ou de manger de la viande équine, mes chéris ! Conseil d’amie.

Amis minoens qui me lisez fidèlement: je sais que comme moi, vous adorez la viande d’âne séchée accompagnée de tomates confites et de fromage de brebis. Ne vous laissez pas aller à en consommer en Kemet, sous aucun prétexte. Les ânes sont des offrandes pour Set, surtout si leur robe est noire. Mieux vaut ne pas s’attirer de problème. Ne me demandez pas pourquoi le roi des dieux Kémites affectionne les ânes, je n’ai pas eu l’occasion (ni l’envie) d’aller interroger un prêtre de Set à ce sujet.

Les mets réservés à l’élite

Le grenade, le fruit des rois. Guide pour voyager sereinement en Kemet
Les grenades, fruits des rois et des reines

Eh oui mes chéris ! Corina a ses entrées dans les plus prestigieuses maisons. J’ai adoré profiter du confort de la demeure de mon grand ami Kleios. C’est un proche du nomarque, mais c’est avant tout quelqu’un de très humble. J’ai pu déguster en toute quiétude des vins de dattes et d’orge absolument divins. Comme nous n’étions pas en période de végétarisme, il m’a fait goûter une viande de bœuf marinée dans des épices et du miel. C’était… déroutant. Sur Minos, nous ne cuisinons pas la viande rouge de cette façon. D’ailleurs, nous la cuisinons rarement. Kleios m’a expliqué que Kemet considère les bovins comme les enfants d’Hathor. Leur viande est certes sacrée, mais Hathor est la déesse de l’abondance et de la fertilité. Elle leur offre la chair de ses enfants avec amour. C’est une belle histoire, je trouve.

Pour clore le repas, nous avons bu une délicate infusion de menthe rehaussée de gingembre en dégustant de sympathiques souchet, des petit gâteaux coniques à base de miel et de rhizomes de fleur-du-roi. Je pense qu’on peut la reproduire chez nous avec des rhizomes de roseaux.

Alors, mes chéris, j’espère que vous avez apprécié ce petit tour culinaire en ma compagnie ! J’espère que vous ferez de belles découvertes durant votre séjour et surtout, n’oubliez pas de tout bien noter pour votre rapport votre carnet de voyage.

Affectueusement.

Voyager sereinement en Kemet par la chroniqueuse Corine
Corina, chroniqueuse influente pour la revue Conquêtes et cultures et maîtresse-espionne de l’Académie de Minos

Merci infiniment pour votre visite. Je suis Aemarielle, artiste strasbourgeoise distillatrice de nectar de fantasy. Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux. Et si vous souhaitez soutenir mon travail, vous pouvez devenir un de mes mécènes sur Patreon en cliquant sur le bouton juste en dessous !

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4 thoughts on “Voyager sereinement en Kemet”

    1. Corina reviendra pour d’autres articles passionnants ^^ Merci à toi (et malheureusement s’ils n’idolâtrent pas les moutons, ils en mangent ^^)

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