Le Cycle du Dieu Noir – saison 1 | Les enfants de Djedou.1

Notre rendez-vous du vendredi commence cette semaine avec la publication ici-même de ma série littéraire de fantasy à la sauce Égypte antique. J’ai tellement tergiversé quant à savoir comment vous la proposer à la lecture, mais finalement, la voici ! Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps reconnaîtront les premiers chapitres, publiés sur Wattpad ou sous forme d’extraits sur Cocyclics. À vous, je dis merci pour votre fidélité et espère que vous trouverez du plaisir à redécouvrir cette lecture ! Aux autres, j’espère que cette histoire hebdomadaire vous plaira !

Résumé de l’histoire :

Alaia, une voleuse élevée à la dure dans les rues de Djedou, voit son destin bouleversé par une mystérieuse relique. Désormais sous la protection d’Ishtar, la jeune fille se retrouve sans le savoir dépositaire des espoirs de la déesse, déterminée à restaurer sa grandeur perdue. Mais qu’attend réellement Ishtar de sa nouvelle émissaire ?

Bienvenue dans le premier chapitre de ma série de fantasy orientale, assaisonnée de dieux cruels, d’aventures urbaines, de violence et d’une touche d’érotisme. Bonne lecture et n’hésitez pas à commenter, poser vos questions si vous en avez et surtout amusez-vous bien !

 

L’homme à la hache

 

Djedou, deuxième année du règne d’Amosis

 

La nuit tombait sur Djedou. Les murs ocre des maisons viraient à un camaïeu de gris et d’ombres inquiétants. À tout instant, Alaia redoutait de voir surgir d’horribles créatures tapies dans les replis obscurs des tentures des échoppes.

Elle se frotta les paupières. Depuis combien de temps marchait-elle à la recherche de ses camarades ? Thémis lui avait pourtant ordonné de rester cachée, de se contenter de regarder, mais l’attente s’était révélée trop longue.

Elle s’ennuyait vite. Merit disait que c’était normal, qu’elle était « trop jeune pour le boulot », ce à quoi Them lui répondait de se taire ; lui seul en jugeait.

Alaia le détestait. Il était méchant, constamment de mauvaise humeur. Il la traînait chaque jour derrière lui comme un poids mort. Parfois, il lui pinçait le bras très fort ou lui tirait l’oreille en prétendant qu’elle n’écoutait pas.

« Tu me dois tout, espèce d’ingrate ! répétait-il. Si tu veux manger, t’as intérêt à apprendre fissa ! »

L’apprentissage selon Thémis revenait à dérober leur bourse aux badauds. Lui-même excellait à cet exercice, mais se montrait piètre professeur. Alaia aurait préféré rester avec Merit, plus gentille, malheureusement Them refusait. Et Them était le chef. Un chef qui criait tout le temps, surtout le soir, quand tout le monde se rassemblait dans le terrier. Les coups pleuvaient sur ceux qui se rebiffaient ou ne rapportaient pas assez à la bande.

Aujourd’hui, elle aurait dû lui obéir, se tenir tranquille derrière les jarres d’huile du vieux Kop et le regarder œuvrer, mais elle avait remarqué ce joli lézard se faufiler sur un mur chauffé par le soleil et n’avait pas pu résister à l’envie de l’attraper.

La vitesse du reptile l’avait surprise ; à peine parvenait-elle à l’effleurer qu’il reprenait sa course. Pour autant, ses yeux ne lâchaient pas leur proie. Sa vue était excellente, de jour comme de nuit, et Thémis l’encourageait à profiter de ce don. C’était comme un exercice après tout…

Finalement, le lézard disparut entre deux briques en terre crue, la laissant frustrée et surtout perdue. D’habitude, elle se contentait de suivre Them ; à présent, les rues lui paraissaient immenses, les allées innombrables et bruyantes. Comment le retrouverait-elle ? Il allait encore s’énerver. Son nez se mit à couler, des larmes embuèrent ses yeux. Elle glissa son pouce dans sa bouche et arpenta la Ruche en pleurnichant, à bonne distance des marchands qui, à cette heure avancée, commençaient à ranger leurs étals.

« Tu ne dois pas t’approcher d’eux, pas maintenant, avait expliqué Thémis, ces gens n’ont que des coups de bâton à t’offrir, voire pire. »

Parfois, Alaia écoutait ses conseils.

Maintenant, il faisait noir et elle sentait son cœur battre à tout rompre. Elle risquait de mourir dévorée par un monstre aux aguets et en plus, elle avait les pieds en feu et l’estomac dans les talons.

Une odeur de vase parvint à ses narines : les effluves du Neilos, comprit-elle. Elle se dirigeait vers le port, l’un des pires quartiers de la ville. Un rire gras résonna dans une allée toute proche ; d’instinct, elle rasa les murs.

Des flambeaux éclairaient la façade d’une maison devant laquelle se pressaient des silhouettes effrayantes. Sur le perron, des femmes dévêtues les accueillaient avec des sourires et des postures étranges. Les visiteurs se collaient à elles et les embrassaient très fort sur les lèvres. C’était dégoûtant, comme quand Nizul explorait la bouche de Merit avec sa langue.

Alaia bâilla et son estomac enchérit en gargouillant. Elle n’avait rien mangé de la journée. Peut-être qu’une de ces dames accepterait de l’aider ? Alaia s’approcha de la maison, avisant une jeune fille copieusement fardée. Comme elle était jolie !

Sitôt qu’elle l’aperçut, la beauté écarquilla les yeux et la poussa dans l’ombre d’une ruelle.

« File ! la houspilla-t-elle. Allez, fiche le camp d’ici ! »

Aussi méchante que Them… Vexée, Alaia tira la langue et s’enfuit sans demander son reste. Soudain, elle se figea : un bruit suspect s’échappait d’un tas d’immondices au fond de la rue. Elle sursauta quand, en un éclair, une ombre toute de poils et de griffes jaillit devant elle dans un éboulis de déchets. Le cœur d’Alaia fit des bonds dans sa poitrine à l’idée du monstre né des ténèbres pour la dévorer toute crue. Son cri mourut au fond de sa gorge à l’instant où la créature terrifiante poussa un feulement presque inaudible, se révélant n’être qu’un minuscule chat noir à la queue ébouriffée de surprise.

Sa peur oubliée, elle sourit, s’accroupit et appela d’une voix douce :

« Oh, tu es tellement mignon… Viens, j’te veux pas de mal, sois gentil. »

Elle offrit sa main ; l’animal la considéra avec distance avant de tendre le museau pour humer son odeur. Il frotta sa tête contre les doigts et se mit à ronronner. Comme la plupart des chats à Djedou, il ne craignait pas les humains. Merit racontait souvent des histoires formidables sur les enfants de Bastet, la dame de la chance.

« La protectrice des gens comme nous, disait-elle. Pour ne pas s’attirer la mauvaise fortune, les Kemites prennent soin des enfants de Bastet, bien plus que de leurs nécessiteux. »

Affamée, Alaia scruta le tas de déchets et entreprit de le fouiller, priant la déesse d’y trouver de la nourriture. Elle poussa un cri de joie en dénichant des pelures de légumes ainsi qu’un vieux morceau de pain rassis au milieu d’entrailles de poisson puantes. La chance lui souriait, en effet.

« Merci », dit-elle au chat en espérant que sa mère l’entende. L’animal, les pupilles fendues de plaisir, se frotta contre ses jambes couvertes d’écorchures.

Une fois son repas avalé, Alaia serra son compagnon dans ses bras, enfouit son nez dans la fourrure noire et respira son odeur. Musc et poisson mort. Elle s’en fichait. Un frisson lui parcourut l’échine.

« Viens, décida-t-elle, on va chercher un endroit où tu seras bien au chaud. »

À dire vrai, elle ignorait où trouver un tel refuge, aussi se borna-t-elle à gagner le port. Avec de la chance, elle pourrait chiper une couverture et dormir dans un entrepôt sans être ennuyée par les soulards sortis des infâmes maisons de bière des quais.

« Ne t’approche pas de ceux-là ! »

Les conseils de Thémis l’énervaient. Penser à lui attirait les larmes. En arrivant près des embarcadères, elle s’arrêta net et étreignit le chat un peu plus fort : un navire aux voiles d’un rouge rendu presque noir par la pénombre dominait tous les autres par sa taille et son allure. Alaia ignorait sa provenance, mais sa proue, un immense serpent de mer à la gueule béante, la fit frissonner de tout son corps.

À la lueur des torchères fixées sur le bastingage, Alaia repéra quatre silhouettes sur le ponton. Intimidée, elle se pelotonna contre un mur et ne bougea plus.

Dagues brandies, trois hommes au teint olivâtre du cru, vêtus de pagnes et de châles en lin encerclaient un gigantesque étranger, dont les longues tresses pâles se détachaient dans la nuit.

Son torse massif disparaissait sous une carapace de cuir où brillaient des éclats métalliques. Alaia n’avait jamais rien vu de tel. Dans son dos reposait un bouclier rond et à son côté, une hache dont le tranchant luisait sous les flambeaux. Il patientait, la main tapotant une besace à bandoulière bien garnie.

« On sait ce que tu transportes, le sauvage. Remets-nous ton butin et on te laissera partir. »

Du kemite local, avec l’accent du coin. De son côté, le géant sourit et répondit d’une voix caverneuse et traînante :

« Si vous tenez votre vie, vous partez. Je donne pas ça. Pas à vous.

— On est plus nombreux et t’as pas envie de te mettre la Confrérie à dos, insista le Kemite. Fais pas le malin. »

La Confrérie. Alaia frémit et se recroquevilla davantage. Thémis avait peur d’eux. Il prétendait ne craindre personne, mais sa voix tremblait quand il prononçait ce mot. L’étranger lui, ne se départait ni de son calme ni de son sourire.

« Il comprend même pas ce que tu racontes, s’énerva l’un des voleurs, servons-nous ! »

Sur ces mots, il se précipita en avant, la dague tendue vers la cuisse du colosse. Celui-ci se contenta de saisir le bras et de le retourner. Alaia entendit le craquement de l’épaule derrière le grognement de douleur. Le Kemite lâcha son arme. D’un ample mouvement, l’étranger leva haut la hache.

Alaia ferma les yeux. Le hurlement s’éteignit dans un bruit lugubre de métal contre de la chair. Dans ses bras, le chat restait immobile, indifférent. Elle le sentit ronronner contre elle, mais se garda d’ouvrir les paupières. À seulement quelques pas, la rixe se poursuivait sous un tombereau d’insultes et de cris.

La curiosité l’emporta. Elle risqua un regard pour voir le colosse empoigner les cheveux d’un de ses adversaires et lui fracasser la mâchoire contre son genou levé. Des dents volèrent autour des deux combattants et du sang éclaboussa l’étranger.

« Dum Kahël ! » exulta-t-il, hilare.

Terrorisée, Alaia vit le troisième larron tenter de frapper le géant par sa droite. Hélas pour lui, rien ne semblait échapper à ce monstre. Il n’eut qu’à pivoter et la dague glissa sur l’armure, ne réussissant qu’à s’accrocher à la lanière de la besace, la sectionnant net. Le contenu du sac tomba par terre et dans un bruit désagréable, un coffret de bois se brisa sous l’impact.

Alaia vit briller l’or et les gemmes quand une avalanche de bijoux se répandit sur le ponton.

« Ach, braend im Hilverde ! Dom ! »

Nul besoin de connaitre sa langue pour comprendre que l’homme était furieux. D’un coup rageur, il fendit le crâne du malheureux qui titubait devant lui, les mains crispées sur ses maxillaires. Puis il dégagea son arme ensanglantée et se tourna vers le dernier sicaire. Mû par la terreur, celui-ci s’enfuit avec sagesse.

Alaia éprouva un bref soulagement. Elle n’avait jamais assisté à un tel déferlement de violence et en venait à plaindre ces pauvres hères.

« Flyven, Skaering », entendit-elle.

Elle se mordit la lèvre pour ne pas crier. Dans un sifflement lugubre, la hache se ficha dans le dos du bandit. L’infortuné s’effondra en avant.

« Bastet, supplia-t-il, protège-moi, par pitié. »

Déjà l’étranger marchait dans sa direction. Il posa son pied sur son dos et retira son arme avec autant de désinvolture que s’il avait coupé une bûche. Un flot de sang accompagna son geste et les prières cessèrent.

Si Bastet avait assisté au massacre, elle avait jugé bon de s’en tenir à l’écart. Le chat ronronnait doucement contre Alaia. Elle contempla les joyaux épars et y vit l’occasion d’obtenir la clémence de Thémis. Si ça brille, ça vaut cher !

Ses pensées s’emballèrent : courir, prendre ce qu’elle pouvait et fuir pendant que le démon pâle était occupé ailleurs. Elle posa le chat et s’élança. Parmi les colliers, bracelets et anneaux, un superbe caillou écarlate, rond et poli, attira son attention. Magnifique et solitaire, d’une beauté incongrue sur la pierre sale du quai. Elle hésita, avant de reporter son intérêt sur un sautoir en or orné d’éclats bleu. Plus grand, plus cher. Alors qu’elle tendait la main vers lui, la gemme rouge s’illumina. Son halo flamboyant captiva Alaia. Elle brûlait d’envie de le toucher, son appel l’attirait comme la flamme d’une chandelle appâte le papillon.

« Viens, mon étincelle, viens à moi, je t’attends. »

L’ordre résonna dans son esprit, suave et étrangement familier. Alaia se sentit envahie d’images épouvantables : guerre, flammes, douleur…

Un feulement la tira de sa torpeur, suivi d’un coup de griffes sur les doigts. Surprise, Alaia recula la main avant de décoller du sol. Elle cria de terreur en croisant les yeux délavés du colosse qui la tenait par le col de sa tunique, dont les coutures déjà moribondes craquèrent sous l’étreinte.

« Oh, petite chose ! Pas touche ! »

Sous sa masse de cheveux blonds, le démon avait l’air humain, malgré le sang qui maculait ses joues. Le sang de ses ennemis. Il fronça les sourcils et agita la hache près du visage d’Alaia. Celle-ci répondit par la seule stratégie de défense qu’elle connaissait : elle fondit en larmes, ses pieds battant désespérément dans le vide.

Le désarroi envahit les traits bourrus de l’étranger. Suivi de la contrariété quand le chat entreprit de grimper le long de sa jambe.

« Ach, for porkker ! » grogna-t-il.

Il posa Alaia et décrocha l’animal de sa chausse avant de le projeter à quelques pas. Offusqué, le félin cracha et s’éloigna en arquant le dos. Impassible, l’homme rassembla son butin et referma sa besace, non sans avoir soigneusement examiné le joyau rouge, comme pour s’assurer qu’il n’était pas abîmé.

Alaia voulait partir, mais ses pieds ne lui obéissaient plus. L’inconnu se pencha vers elle.

« Toi. Arrête larmes. Retourne chez mama. Ja ?

— J’ai pas de maman, je sais pas où aller. Me frappe pas, s’il te plait ! »

Le guerrier maugréa dans sa langue en se grattant la tête. Alaia se ratatina : allait-il la tuer comme ces hommes ? Finalement, il soupira et décréta d’un ton las :

« Allez, viens. En ville. J’emmène toi chez prêtres de… » Il hésita. « Vache ! Tu dors avec eux et tu arrêtes larmes. Compris ?

— Oui, promis… » balbutia Alaia en ravalant ses pleurs.

Il ne projetait ni de la tuer ni de la battre ? Soulagée, elle essuya son nez dans sa tunique avant de glisser sa main dans la pogne du guerrier. Rugueuse comme du cuir, plus grande et forte que celle de Thémis, pourtant plus délicate autour de la sienne.

« Le chat ! s’exclama-t-elle soudain.

— Nein ! Le galeux reste ici ! »

Ce dernier, nonchalamment étendu sur le flanc, procédait à sa toilette avec indifférence. Attristée, Alaia n’insista pas.

*

L’étranger tint parole. Il la conduisit d’un bon pas jusqu’au quartier des temples, où le parfum des fleurs remplaçait l’odeur de la vase. Il donna une offrande d’un shât en échange d’une nuit sous la protection de la douce Hathor, mère des cultures. Une somme impressionnante qui aurait réjoui Thémis. Jamais ce dernier n’aurait payé ne serait-ce qu’un deben pour elle.

Un novice en robe noire lui servit un bol de bouillon et désigna un coin dans l’entrée, près d’un brasero, en guise de chambre. Du bout des doigts, sans chercher à dissimuler son dégoût, il lui tendit une couverture avant de l’abandonner à son sort.

Alaia dormit d’un sommeil agité où se mêlaient combats, hurlements et brutes sanguinaires. Des créatures ailées, toutes de griffes et de crocs, parcouraient le ciel en crachant des éclairs sur d’immenses murailles d’obsidienne, tandis qu’au sol, des armées s’affrontaient dans un vacarme assourdissant.

« N’aie pas peur, petite étincelle, n’aie pas peur… »

Une voix féminine, plus douce et caressante que le souffle du vent de Peret murmurait à son oreille.

« Tu étais si proche, pourquoi hésiter ? Ce n’est pas grave, juste un obstacle dans la course du temps. Je veillerai à mieux te guider désormais. »

Un parfum délicatement musqué emplit l’air quelques instants et Alaia s’éveilla. Le soleil baignait déjà l’entrée du temple. Le novice lui intima l’ordre de partir. Personne ne désirait s’encombrer d’une gamine puante. Elle se retrouva de nouveau seule, à se demander où était passé son sauveur. Lui non plus ne voulait pas d’elle ; il avait filé une fois sa bonne action accomplie.

Elle marchait depuis peu, le moral en berne, quand quelqu’un lui saisit le bras. Une gifle magistrale lui échauffa la joue. Elle reconnut le visage longiligne et les cheveux crasseux du gamin qui la dominait d’une tête. Ses narines palpitaient comme chaque fois qu’il était en rogne.

« T’étais où, espèce de poison ? Tu crois que j’ai que ça à foutre de te chercher partout ?

— C’est pas ma faute, me suis perdue ! pleurnicha-t-elle. J’ai passé la nuit toute seule et j’ai failli mourir, mais un géant m’a sauvée ! »

Son minois baigné de larmes avait ému ledit géant. Pas Thémis. Insensible à ses protestations, il croisa ses bras maigres et leva les yeux au ciel.

« C’est ça, ouais, fais la maligne ! Ce soir, quand j’en aurai fini avec toi, tu regretteras que ton foutu géant t’ait pas bouffé ! »

Sur ces mots, il s’empara d’elle et la traîna à travers la ville. Cette fois, elle resta sagement à ses côtés, tout en cherchant du regard la haute silhouette de son sauveur. En vain. Le soir, pendant que Them honorait sa promesse à l’aide d’une tige de fleur-du-roi, elle comprit qu’il ne servait à rien de compter sur lui. Il se fichait de son sort, comme tout le monde.

« N’aie pas peur, petite étincelle, nous veillons sur toi. »

La voix féminine de son rêve ! Alaia en oublia les coups et la brûlure de la branche sur ses cuisses et son dos. Tous ses sens se focalisaient sur la lumière rouge du joyau solitaire à portée de ses doigts.

« Écoute l’appel, ne cesse jamais de lui prêter attention »

Et Alaia tendit l’oreille. Cette nuit et toutes les suivantes, la litanie l’accompagnerait dans ses rêves.

« Viens, mon étincelle, viens à nous, nous t’attendons. »

À suivre…

Droit vers l’épisode 2: Décherchéni

Petite remarque de l’autrice: j’ai pris le parti de ne mettre aucune note ni aucun lexique pour voir si le texte se comprend sans explication. En avez-vous besoin pour comprendre certains éléments de vocabulaire du Kemet ?

 

Le Cycle du Dieu Noir : Djedou, la carte

En vue de la publication prochaine du Cycle du Dieu Noir en série ici-même, je me suis dit que ce serait sympa de préparer le terrain pour les hordes de quelques lecteurs d’avoir une idée de l’endroit où va se passer la majeure partie de la saison 1.

J’ai la chance d’avoir à mes côtés un artiste talentueux qui adoooore réaliser ce genre de choses, donc je lui ai demandé d’illustrer Djedou. On a beaucoup discuté en amont, en plus il connait l’histoire, autant dire qu’il était le plus compétent pour la représenter.

De mon côté, j’avais d’abord peint une petite illustration à l’aquarelle de l’extérieur de la cité.

Ma série débute dans un cadre urbain et je considère la ville comme un personnage important, en tous cas, j’espère parvenir à lui donner cette profondeur. Mes personnages principaux viennent tous d’ici, ils évoluent dans des mondes différents, mais toujours à l’abri des murs de Djedou.

Mais là, Steph a atteint un niveau de détail dont je suis bien incapable. Tout est formidable dans cette carte : les couleurs, le fourmillement des maisons, les différences entre quartiers, c’est vraiment génial de pouvoir visualiser la cité portuaire avec autant de précision, je suis fière et ravie !

Merci de ne pas réutiliser cette carte sans l’autorisation de son auteur

Ne manquent plus que les légendes pour compléter l’ensemble, et la carte sera parée pour accompagner le texte. De son côté, Steph a expliqué son travail sur son propre blog, Artis-Delirium. N’hésitez pas à aller lire comment il procède et à lui laisser un petit mot si le résultat vous plait.

Alors, vous la trouvez comment cette carte ?

Mes projets 2017

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, je vous propose un zoom sur mes projets en cours pour 2017. Il s’agit principalement d’écriture, mais aussi de dessin.

L’héritier du Shogun :

Là, c’est le pavillon d’Or, le palais de Yoshimitsu Ashikaga. Ça claque, non?

C’est mon projet principal du 1er semestre. Un roman en un seul tome, que j’espère assez court et qui relatera le conflit d’un jeune moine bouddhiste contre un démon déterminé à s’emparer du pouvoir, le tout sur fond de guerre de succession shogunale.

C’est un projet qui m’emballe beaucoup, qui m’inspire des illustrations assez différentes de mes précédentes, mais qui va nécessiter de la discipline de ma part si je veux écrire ce premier jet rapidement. J’y écris pour la première fois au présent et je dois gérer une atmosphère profondément masculine, moi qui ai pour habitude de traiter nombre de personnages féminins. Autant dire que je n’ai pas l’intention de laisser les femmes au placard dans ce récit, mais je vais devoir leur permettre de s’exprimer dans un monde qui a tendance à vouloir les réduire à des objets de décoration. (Ah bon, ça n’a pas vraiment changé ? ^^)

Pour me motiver, j’ai ouvert un challenge sur CoCyclics, mon forum d’écriture chéri, et je suis noyée sous les encouragements des participants, ce qui est une source inépuisable de motivation pour avancer ! Merci à toutes les grenouilles qui donnent de leur temps pour encourager les autres tout en menant leur projet de front !

Eh bien sûr, j’ai un carnet spécialement dédié à cet univers, pour y noter les infos essentielles, compiler des listes de termes japonais, la chronologie et mon synopsis.

Le Cycle du Dieu Noir :

Mon premier bébé, celui qui m’obsède depuis 3 ans, pour qui je me suis présentée, tremblante, au speed dating des Imaginales en 2015. Il a bien changé depuis : de roman-pavé, il devient une série composée d’épisodes plus courts, mais qui me permettront de développer l’univers tranquillement.

Le premier d’entre eux est en cours de publication sur Wattpad. J’y raconte le destin d’une jeune voleuse des rues dans un pays inspiré de l’Egypte ancienne,  contrainte de devenir une courtisane par le truchement d’une déesse déterminée à faire d’elle son outil de vengeance. Au contraire de l’Héritier du Shogun, les femmes tiennent le haut du pavé, même si ce n’est pas toujours facile pour elles. J’espère reprendra sa rédaction après avoir fini l’Héritier, mais j’ai besoin de cette pause pour me vider l’esprit et repartir plus sereinement. En attendant, je prépare une bible d’univers en suivant les conseils de Stéphane Desienne dans ses articles consacrés à l’écriture d’une série sur le blog d’Aude Réco.

Normalement, vu mon rythme d’écriture, je devrais terminer la rédaction de cette saga en 2045 environ ! Tout va bien, donc !

Strasbourg by night :

À l’origine une nouvelle commencée pour rire, ce petit texte sans prétention devient une novella. Elle raconte les tribulations d’un groupe de rôlistes strasbourgeois pour retrouver l’un de leurs amis disparu mystérieusement. C’est ma première incursion dans le « pulp » et je me marre comme une baleine à chaque fois que je reprends l’écriture de cette histoire pas du tout inspirée par mes amis !

Je n’ai pas d’illustration pour ce projet, alors je vous offre un extrait pour la peine!

« Octave ? Oh ! Qu’est-ce que tu fous, tu dors ? »

L’interjection de Lucie résonne à mes oreilles, à la fois proche et distante. Elle me secoue sans ménagement. J’émerge pour entendre une voix de femme qui fredonne une chanson sirupeuse à peine audible à travers les enceintes.

« Nan, mais j’y crois pas ! Tu dors ?

—… Non, j’dors pas… »

Je reprends lentement conscience de la situation. Lumières tamisées, guitare acoustique et piano. Les effluves floraux d’un parfum féminin mêlés à du shampoing montent à mes narines. En dessous de moi, les cheveux épars sur le matelas, Lucie me foudroie du regard, les joues empourprées – non pas d’excitation, mais d’une colère brûlante – et le sourcil mortellement froncé. Mes doigts sont encore mêlés aux siens. Je sens la sueur et les murs tournent autour de moi.

Je crois que j’ai déconné.

« Tu te fous de moi ! J’en ai ras le cul de tes conneries ! »

Elle me repousse et se dégage de l’embryon d’étreinte que je lui offrais. Je reste hébété sur son lit minuscule, ma virilité bien plus éveillée que moi de la voir ainsi. Nue et furibarde, elle se dresse de toute sa hauteur, un halo de mascara noir cerclant ses yeux bleus. Un instant, j’imagine que sa chevelure blonde se mue en un flot de serpents vengeurs prêts à s’abattre sur ma tête. Puis mon regard ne peut s’empêcher de descendre d’un cran, là où ses seins lourds me toisent avec mépris. D’un geste sec, elle se penche et ramasse son soutien-gorge.

« Tu peux les oublier, sale con !

J’ignore quelle suite je donnerai à cette histoire une fois qu’elle sera finie, mais elle me plait beaucoup ! On y trouve du jeu de rôle, de la bière, du vaudou, des mecs un peu boulets, et bien sûr, le cadre enchanteur de Strasbourg.

Itti :

Cette fois, il s’agit d’un projet d’illustration pour des histoires destinées aux tout petits qu’écrit Colcoriane, une adorable autrice rencontrée par le biais de CoCyclics. Je n’ai pas pu lui donner assez de place en 2016, je compte bien y remédier en 2017 !

Pfiou, ça promet une année riche et chargée, mais je ne me mets aucune pression. Je ne veux pas me rendre malade inutilement si je ne parviens pas à tout gérer. Faisons cela sérieusement, mais sans nous prendre au sérieux, hein !

Vendredi fantasy #7: le Cycle du Dieu Noir sur Wattpad

Hello tout le monde,

ça y est, le 7ème extrait du Cycle du Dieu Noir est posté sur Wattpad. Cette semaine, on entrevoit l’influence divine sur le récit.

J’ai toujours aimé les récits mythologiques où les dieux interviennent dans la vie des mortels. Pourtant je suis moi-même complètement athée, allez comprendre ! 🙂

Ceci dit, je préfère toujours que ça reste subtil, donc les miens ne se manifestent pas de façon aussi claire que dans le Choc des Titans, par exemple. NDLA: je parle du vieux film, hein, pas de son médiocre reboot !

Petit à petit, leur présence va se faire sentir de façon de plus en plus palpable, pour le bonheur des uns et le malheur des autres. Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir ça dans le dernier chapitre :


Que lire de beau sur Wattpad ?

Cette semaine, je vous présente Salicorne, un roman mêlant Science-fiction et fantasy écrit de main de maître par KAKY31, qui se déroule dans un monde colonisé par d’étranges et belliqueuses créatures.

J’aime beaucoup la plume de cette auteure au vocabulaire particulièrement riche, mais qui ne nous assomme pas sous un style trop ampoulé. Les personnages sont creusés, l’atmosphère parfaitement décrite. Ça se savoure tranquillement.

Et voilà, ce sera tout pour ce soir, les amis. Ma semaine fut épuisante et j’ai grand besoin de me reposer !

Je vous retrouve dimanche pour de nouveaux gribouillis!

Écriture : La genèse du Cycle du Dieu Noir

Bonjour à vous !

Ces derniers temps, je vous ai beaucoup parlé des outils que j’utilise pour écrire, suivre mes projets, mais force est de constater que je suis assez discrète sur le contenu de mon roman lui-même. Non par peur d’un éventuel vol d’idées, mais plus par timidité et peur de déranger.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous parler un peu plus en détails des origines du Cycle du Dieu Noir.

Commençons par un résumé:

Le Dieu Noir s’est éteint depuis des siècles, assassiné de la main de son « frère » Set, qui a revendiqué le trône et la main de la Reine des Cieux. Cette dernière, dans l’ombre, ourdit patiemment sa vengeance contre l’usurpateur qui l’a spoliée de son pouvoir et de son époux.

Sur la terre de Kemet, Alaia, une orpheline élevée parmi une bande de voleurs, croise le chemin d’un guerrier inconnu. L’homme transporte une gemme mystérieuse, dont l’appel attire étrangement la fillette. Si Alaia est loin de mesurer le pouvoir qui vient de la frôler, elle se retrouve néanmoins emprisonnée dans la toile tissée par la puissante et retorse Astarté, qui rêve de restaurer sa grandeur perdue.

L’idée de poser cette histoire sur le papier m’est venue après une longue campagne de jeu de rôles dans un univers aux parfums d’Antiquité.

(Pour de plus amples explications sur le jeu de rôles, je vous invite à lire l’article très complet rédigé par Dorian Lake sur son blog.)

À ce moment là, il y a environ trois ans, je n’allais pas très bien moralement et j’avais besoin de me vider la tête. L’envie d’écrire s’est imposée d’elle-même. Jusque là, je n’avais rien écrit d’autres que des historiques pour mes différents personnages. Pas de nouvelles, pas de roman laissé dans un tiroir, rien. Et aucune expérience de la création littéraire non plus, en dehors d’une longue liste de lecture dont il a fallu que je tire l’essence pour savoir comment débuter mon récit.

Ce que je savais faire, en revanche, c’était créer des personnages et leur donner une famille, une vie, des objectifs et des projets. Je suppose que c’est grâce à cela que j’ai mené le tome 1 à son terme au lieu d’abandonner cette idée saugrenue ! (Ça et le soutien sans faille de Monsieur !)

J’avais envie de parler de mes personnages, de les voir évoluer, grandir, souffrir et aimer. C’était au moins un début.

Quand j’ai posé les bases du Cycle du Dieu Noir, je connaissais :

  • l’objectif du récit, puisque je l’avais longuement joué
  • le personnage principal
  • quelques antagonistes

Je savais que je voulais:

  • une femme comme personnage central et si possible, pas une femme sachant manier l’épée à deux mains comme personne et/ou animée d’une envie de vengeance, pouvoir, conquête, trouver le prince charmant, devenir le sidekick de l’élu de la prophétie etc. (Attention, certains romans impliquant ces caractéristiques sont très bien, c’est juste que le schéma ne me parlait pas pour le Cycle du Dieu Noir. ^^)
  • qu’elle ne soit pas la seule femme du récit
  • que les dieux interviennent dans l’histoire, mais de façon subtile.
  • revisiter le thème Isis Osiris.
  • que l’ambiance serait résolument sombre
  • Qu’on puisse reconnaître quelques aspects de notre monde, sans pour autant s’y trouver.

Je précise que ce n’était pas juste pour le plaisir de parler de sexe et de violence que j’évoque l’ambiance sombre, mais parce qu’ayant été nourrie depuis l’enfance avec des bouquins de mythologie Grecque et Égyptienne – les parents ne savent pas toujours ce qu’ils font ! ^^ –, certains récits impliquant meurtres, viols, enlèvements, inceste m’ont laissée imaginer que, non, je n’allais pas écrire la vie des Bisounours !

Ce que j’ignorais:

  • Comment mener Alaia, mon héroïne, du point de départ à l’arrivée, c’est-à-dire au terme de sa quête, tout en la faisant grandir et mûrir de sorte qu’on s’attache à elle malgré ses nombreuses fêlures et défauts.
  • Combien de tomes je voulais vraiment écrire. Je suis passée par des phases de 3 à 6 volets. Finalement, je me demande si le format série n’est pas plus adapté à ce que j’ai envie de développer.
  • Comment introduire les antagonistes de façon crédibles, sans rester dans le schéma classique : « Méchant sorcier noir convoiter puissant artefact-qui-menace-le-monde, tuer famille du brave et courageux héros (forcément en possession de ce maudit truc ) et le poursuivre sans relâche jusqu’à bataille finale !! »

Ces éléments ont heureusement eu le temps de décanter au fil de l’écriture et des réécritures ! En plus, j’ai acquis des connaissances à force de fréquenter les forums comme CoCyclics et tous les sites dédiés aux auteurs.

Quand j’ai commencé sa rédaction, j’ai naturellement pensé que Le Cycle du Dieu Noir se destinait aux adultes, au vu de son contenu explicite. Aujourd’hui, je me demande si en réalité, je n’ai pas écrit du Young Adult, étant donné qu’Alaia et ses camarades sont assez jeunes. mais bon, franchement, je ne m’embarrasse pas trop de ces considérations. Le plus important pour moi est le plaisir d’écrire cette histoire et de vous offrir un bon moment de lecture.

Et vous, d’où vous viennent vos idées pour vos projets ? N’hésitez pas à venir en discuter par ici !

Bonne semaine à vous! 🙂

Aemarielle

Vendredi fantasy #6 Le Cycle du Dieu Noir sur Wattpad

Bonsoir à tous,

j’espère que votre semaine s’est bien passée et que vous vous préparez un bon week-end!

C’est déjà ma sixième semaine de publication sur Wattpad et nous avons atteint une partie assez sombre, où j’aborde des thèmes violents (violence physique, mais aussi psychologique) qui peuvent rebuter certains lecteurs. Rassurez-vous, je ne suis pas une auteure cruelle au point de ne pas ménager d’échappatoire à mes personnages. Mais bon, je leur en fais baver, c’est vrai. En même temps, je garde en mémoire l’extase sur le visage d’un des éditeurs rencontrés aux Imaginales quand, tremblante, je lui explique que je suis peut-être un peu méchante avec mes personnages et mon héroïne en particulier. Et lui de me répondre, enthousiaste:

« Ah mais au contraire, c’est génial, ça! Il faut absolument faire souffrir ses héros, sinon, personne ne s’identifie à eux ! Non non, mettez leur en plein la gueule, c’est très bien! »

Donc voilà, je décline toute responsabilité pour les événements dépeints dans ce roman, c’est entièrement de la faute au lecteur qui a besoin que le personnage principal souffre un max pour s’attacher à lui! C’est pas moi qui le dis, en plus!

Je plaisante, bien entendu! En réalité, j’aime beaucoup m’attacher aux réactions des personnages, imaginer comment ils vont réussir à surmonter les drames, les étapes par lesquelles ils vont passer, s’ils vont se laisser avaler par la douleur ou la vaincre. Cela nécessite de laisser son empathie s’exprimer, de se mettre à la place des gens, ce qui est pour moi un exercice très intéressant.


Que lire de sympa sur Wattpad cette semaine ?

Et pourquoi pas un polar, pour changer ! Personnellement, je n’ai rien contre un peu de variété dans mes lectures. Si je lis le plus souvent de la fantasy, je me laisse facilement porter par les autres genres s’ils sont bien écrits. C’est exactement le cas cette petite perle offerte par Florie, du blog la Nife en l’air.


Cette histoire qui nous présente un jeune détective en herbe aussi talentueux qu’irritant est écrite avec raffinement et dans un style enlevé. Si vous appréciez les histoires d’Agatha Christie entre autres, vous devriez trouver votre bonheur en essayant d’élucider ce meurtre à l’ancienne bien mystérieux.

Allez, sur ces bons conseils, je vous souhaite un bon week-end!

 

Mes outils d’écrivain #2: gérer son univers

Bonjour tout le monde, j’espère que votre semaine commence bien !

Aujourd’hui, je continue dans ma série de la rentrée sur mes outils d’écrivain. Dans un article précédent, je vous parlais de mon carnet d’écriture, où je gère mes idées, mes notes, le squelette de certaines scènes, mon plan de correction, etc.

Cette fois, je vais vous expliquer ce que j’utilise pour gérer l’univers du Cycle du Dieu Noir. Et comme vous l’imaginez bien si vous me suivez régulièrement, on va parler papier.

Un cahier pour rassembler mes notes :

Cahier LCDN 1

Je vous présente ma bible, le Précieux qui renferme toutes mes notes sur le Cycle du Dieu Noir. Dans les faits, un simple cahier à la couverture en Kraft, que je me suis empressée de personnaliser en dessinant Alaia ! On ne se refait pas! 🙂

Parce qu’écrire, c’est de la recherche:

Une lectrice sur Wattpad me demandait récemment si je faisais beaucoup de recherches pour créer mon monde. La réponse est un grand oui. Même si comme moi, on écrit un roman de fantasy, située dans un univers imaginaire, il est essentiel que l’ensemble reste cohérent. Pour ma part, mon roman s’inspire de l’Égypte ancienne, entre autres. Je suis donc sans cesse amenée à me documenter pour créer l’ambiance, vérifier certains détails et éviter des anachronismes tout bêtes, genre servir de la dinde à table, alors qu’il n’y en avait pas en Égypte à l’époque. Oui, l’un de mes bêta lecteurs (très proche !) savait ça, moi pas ! 😀

C’est aussi mémoriser certains éléments essentiels:

Par exemple, j’avais collé une petite carte en première page, pour me souvenir de la géographie des lieux. Aujourd’hui, elle est obsolète, il faut que je la change. Mais elle m’a tout de même bien servi!

Cahier LCDN 2
Un sommaire, ça peut servir ! Merci le bullet journal pour ce réflexe 🙂

 

Vous voulez vous souvenir de votre organisation politique ou judiciaire ultra détaillé ? Mieux vaudrait la noter, alors !

Vos fiches de personnages y trouveront aussi leur place, si jamais vous en avez marre de vérifier dans votre texte que tel personnage a bien les yeux bleus ou que l’orthographe de son nom vous échappe !

Pour me faciliter la vie, je me suis fait quelques organigrammes, notamment pour mon panthéon, histoire de me rappeler qui fait quoi, qui a une liaison avec qui ou qui déteste qui.

 

Cahier LCDN 3
Oui, Set s’est envoyé en l’air avec pas mal de déesses et a même un amant ! C’est bon d’être le roi! ^^

 

Cahier LCDN 4
Un peu de politique et d’organisation, ça ne fait jamais de mal !

C’est là que je me rends compte que je ne suis plus si jardinière que cela, quelques réflexes d’architecte apparaissent chez moi.

Là par exemple, j’ai prévu un topo sur un ordre d’enchanteresses, histoire de me donner des bases sur leurs pouvoirs, leur cadre social, etc.

Cahier LCDN 5

Et bien sûr, c’est un outil qui me sert à développer mes personnages. J’y rédige une petite bio, quelques pistes sur leurs motivations et même des fois, je trouve le moyen de les dessiner tout nus! 😉

Désolée pour le texte caché, c'est pour préserver certains secrets !
Désolée pour le texte caché, c’est pour préserver certains secrets !

Bien évidemment, pour certains, les logiciels comme Excel, Scrivener ou One Note rempliront exactement le même rôle. Il faut utiliser ce qui fonctionne le mieux pour soi. Mais pour ceux qui, comme moi, sont habitués au papier, je ne peux que conseiller d’avoir un endroit où tout compiler. Ça peut être un classeur, un bloc-notes, mais à mon avis, il vaut mieux pouvoir tout retrouver facilement. J’éviterais les post-it répartis partout dans le bureau, par exemple ! C’est un bon moyen pour se perdre.

Voilà quelques explications sur mon aide-mémoire dédié à mon roman actuel. J’en utilise un autre pour L’héritier du Shogun, je trouve ça très pratique pour développer ses idées.

Et vous, comment gérez-vous la création de votre monde, de vos personnages ? Support numérique, papier ? Passez-vous beaucoup de temps à faire des recherches ? Comment conservez-vous tout ça?

Peut-être cet article vous a-t-il donné des idées, ou alors avez-vous envie de partager vos tuyaux? Soyez-les bienvenus en commentaires, n’hésitez pas à venir en parler !

Passez une très belle semaine!

Vendredi fantasy #5 : Le Cycle du Dieu Noir sur Wattpad

Bonjour à tous,

cela me fait un drôle d’effet d’écrire cet article de si bon matin, mais que voulez-vous, il faut bien aller travailler !

Donc, comme chaque vendredi depuis août, je vous offre un nouveau chapitre du Cycle du Dieu Noir en lecture libre sur Wattpad. Cette semaine, un passage assez sombre, qui a perturbé quelques unes de mes lectrices sur un forum d’écriture quand je leur ai fait lire la première fois, au point que l’une d’elles m’a demandé de prévenir quand je postais des extraits Public Averti, car elle préférait ne pas les lire !


C’est vrai qu’il est violent et très noir. Je pense que quand on me connait, on ne s’attend pas forcément à ce genre de textes de ma part, étant donné mon caractère assez calme et modéré. C’est une erreur ! Au fond de moi se cache une auteure cruelle, qui déteste la violence, mais qui n’a pas vraiment peur de la décrire.

J’écris des scènes sanglantes – rarement gores parce que je ne cours pas après, mais il faudra que je m’exerce – des scènes érotiques, parfois très très épicées. Je n’y peux rien, j’ai été élevée à la sauce Régine Deforges, je suis restée fascinée par son style souvent cru, mais toujours élégant, sa façon d’explorer l’histoire, de sculpter ses personnages. Si je lis principalement de la SFFF, Régine Deforges reste mon mentor sur beaucoup de points.

Que lire de beau sur Wattpad autrement ?

Si vous aimez le fantastique, le soleil de Californie, les vampires et les sorcières, alors Love Bites est pour vous ! Dorian Lake nous offre une série débutée il y a déjà plusieurs mois, rédigée sans plan ou presque, avec une galerie de personnages savoureux et des intrigues plutôt bien ficelées ! Si le personnage principal, Taylor, est plutôt rigolo, ma préférence va à Lionel, mais je ne dirai pas pourquoi! ^^

Sur ce, je vous retrouve dimanche et je vous souhaite bon courage pour cette fin de semaine !

Gribouillis #3 : Thémis

Bonsoir à tous,

Ce soir, pas de scénette, j’en suis désolée. J’ai passé du temps sur une idée d’écriture de nouvelle (la toute première en fait!) et je n’ai pas dessiné du tout aujourd’hui.

Ceci étant, je vous propose un portrait de Thémis, que nous rencontrons dans le chapitre 3, le Terrier.

Themis-v3

Vous gagnez un bonbon virtuel si vous trouvez de qui il s’inspire! 🙂

Le chef leva la tête et plongea ses yeux bruns dans ceux d’Alaia. Il se dirigea vers elle d’une démarche nonchalante et se campa devant elle. Aussitôt, Charid et Senon la flanquèrent. Un sourire étira les lèvres minces de Thémis. Son visage étroit et son long nez lui donnaient vraiment des airs de fouine.

« Alors, on se décide enfin à rentrer ? Vous étiez passés où ?

— J’ai… On a fini la journée tous les trois, c’est tout.

— Une belle journée, on dirait. Tu me racontes ? »

Un pli caractéristique au coin de sa bouche trahissait son agacement.

Extrait du Cycle du Dieu Noir, chapitre 3 Le Terrier

J’en profite pour remercier les lecteurs adorables qui prennent le temps de passer me lire sur Wattpad et qui m’ont rendu visite sur ce blog. Vous êtes adorables! <3

Sur ce, je m’en retourne à l’écriture! Bonne fin de semaine à vous!

Aemarielle

Vendredi fantasy #3 : Le Cycle du Dieu Noir sur Wattpad

Bonjour les amis,

Pour la troisième semaine, je partage avec vous mon expérience Wattpadienne avec la publication en ligne du Cycle du Dieu Noir. Les choses ont pas mal bougé depuis la parution du deuxième chapitre : mon nombre de vues a augmenté, j’ai reçu énormément de commentaires (bon, qui émanent de peu de personnes, mais c’est déjà ça ! ) et pour le moment, ce qui ressort de ces avis est plutôt positif. On apprécie principalement les descriptions, les personnages et l’ambiance qui se dégage de l’histoire.

Au menu de la semaine:

On découvre un personnage extrêmement sympathique: le chef des Musaraignes, ce cher Thémis ! Et on comprend pourquoi personne ne l’apprécie à sa juste valeur 😉

Pour lire ce nouveau chapitre, suivez le lien donné dans le compteur…

Voici le nouveau compteur:


On approche des 100 vues contre une trentaine la semaine passée. Sachant que je ne suis pas encore dans le classement des œuvres de la catégorie fantastique et que ma visibilité est donc proche du néant, ce n’est pas trop mal après 3 semaines !

Petits conseils de la semaine :

De l’importance des mots-clé:

Choisir des mots-clé adaptés est indispensable, car c’est par ce biais que les lecteurs potentiels pourront vous trouver si vous débutez. Le classement de votre œuvre dépend du nombre de vues, de votes et de commentaires ; or, un nouvel auteur sur Wattpad en aura forcément très peu. On ne pourra donc vous trouver que si on fait une recherche sur un mot-clé que vous avez utilisé.

Aller lire ses petits camarades :

Un autre moyen de se faire connaître est d’aller à la rencontre des autres. Fouinez, cherchez les textes sympas sur Wattpad, lisez et laissez un commentaire à leur auteur. On aime tous avoir un retour sur nos textes, il ne faut pas se le cacher. Donnez et il y a de fortes chances que vous receviez en retour. Les gens s’habitueront à voir votre pseudo sur le site et iront plus naturellement à votre rencontre. N’oublions pas que Wattpad est avant tout un réseau social, il faut donc être disposé à communiquer si on veut en retirer une expérience agréable.

Et une idée de lecture pour les Wattpadiens:


J’ai découvert cette histoire il y a quelques jours et je la trouve très amusante à lire, rythmée et pleine de promesses. N’hésitez pas à y jeter un œil, en plus l’auteure est très sympa !

Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture et une excellente fin de semaine !