La Plume d’Aemarielle évolue

Ou plutôt, c’est Aemarielle qui évolue.

Comme je l’expliquais dans mon bilan du mois de janvier, j’ai récemment effectué les démarches pour obtenir le statut d’artiste-auteur auprès du CFE dont je dépend. C’est une étape à laquelle je réfléchissais depuis longtemps sans oser franchir le pas; trop de démarches, la peur de me lancer dans un truc très compliqué, la peur d’oser me qualifier de professionnelle. C’est pourquoi je gardais mes travaux pour moi ou me contentais de les offrir quand quelqu’un s’y intéressait. 

Et puis une commande un peu spéciale est arrivée, qui m’a fait réfléchir sur la valeur que j’accordais à mes dessins. Je suis une autodidacte, je n’ai pas suivi de formation en école d’art, ce qui ne m’empêche pas de consacrer du temps à mes dessins, à faire de mon mieux pour m’améliorer, découvrir des techniques et m’aventurer (parfois!) hors de ma zone de confort. Cette demande rémunérée émanant d’une personne dont j’estime particulièrement le travail m’a poussée à me bouger. Je n’avais plus le choix, il fallait me lancer.

Je me suis donc renseignée sur le site de la Maison des Artistes, pour savoir comment m’inscrire, puisqu’en France, il faut se déclarer, même pour des montants peu élevés. Le site est très clair, il détaille chaque étape et si on suit bien le process, normalement, on ne se trompe pas.

Comment ça marche ?

  1. On s’inscrit sur le site du centre de formalités des entreprises (prévoyez un scan de votre pièce d’identité que vous certifierez conforme) pour obtenir un numéro siret et un code APE (9003 A ou 9003 B pour les artistes-auteurs) par courrier quelques jours plus tard.
  2. Attention, vous recevrez un courrier des impôts peu de temps après pour savoir si vous êtes redevable la cotisation foncière des entreprises avec un questionnaire à remplir. Je ne m’y attendais pas, à celle-là, mais en principe, les artistes tirant des revenus de leur art n’y sont pas assujettis, donc on ne panique pas. Je vous dirai comment ça s’est passé quand je connaîtrai la réponse des impôts.
  3. Dès la première facture émise, il faut remplir la déclaration de début d’activité auprès de la Maison des artistes (on peut le faire sur leur site) avec une copie de la facture. Ceci afin d’obtenir un numéro d’ordre confirmant votre inscription à la Sécurité sociale des artistes-auteurs. NB: cette inscription ne veut pas dire que vous bénéficiez immédiatement de droits à cette couverture. Vous devez juste y cotiser pour être en règle et vos droits éventuels seront évalués l’année suivante lors de votre première déclaration de revenus.

Aujourd’hui, je viens de recevoir mon numéro d’ordre à la Maison des Artistes, ce qui veut dire que, pour le moment, je suis à jour des paperasses (j’espère!) et je n’ai plus qu’à me concentrer sur mes dessins jusqu’à l’an prochain, où j’aurai le loisir de paniquer en comptant mes BNC et mes cotisations sociales ! ^^

Du coup, comme pour le moment, je ne peux pas encore vous montrer le résultat de ma première commande, je me suis armée de mes aquarelles et mes crayons ce week-end autour d’une scène de bain. Je voulais une scène aux tonalités douces et pastel, que j’ai intitulée « les sources de jade ».

Je me suis bien amusée avec cette femme-serpent solitaire en train de jouer dans les eaux cristallines de ces sources chaudes. J’espère qu’elle vous plait. C’est mon premier gros travail personnel depuis mon inscription, je suis toute émotionnée ! 🙂 

Psst: elle est disponible en un seul exemplaire original, envoyez-moi un message sur contact@aemarielle.com si elle vous intéresse. 

J’espère avoir été claire dans mes explications administratives. peut-être que cela servira à d’autres que moi qui attendent dans l’ombre de pouvoir vendre leurs œuvres mais ne savent pas comment s’y prendre. N’hésitez pas si vous avez des questions. Je débute, mais je serai heureuse de vous aider si je le peux.

« Comme par magie, vivre sa créativité sans la craindre », d’Elizabeth Gilbert

Bonjour à tous,

Ces derniers temps, je n’ai pas publié grand-chose sur ce blog, pas plus que je n’ai avancé sur mes différents romans. L’héritier du Shogun est retourné au fond d’un dossier sur ma clé USB et le Cycle du Dieu Noir est resté pendant plusieurs mois au point mort. À vrai dire, je ne sais pas pourquoi j’ai soudainement cessé d’écrire. J’ai eu le sentiment que mon inspiration m’avait déserté, que je n’étais plus bonne à rien. Le peu de mots que je posais sur le papier me paraissait nul et sans intérêt. J’ai même supprimé mon texte de la plate-forme Wattpad car je ne me sentais plus du tout motivée pour y partager quoi que ce soit. Pas tout à fait à tort d’ailleurs, vu que ça n’a manifestement pas été remarqué par grand-monde ! 😀

Je ne voyais plus vraiment de raison pour me consacrer à l’écriture. Pourquoi écrivais-je, en fait ? Si on n’écrit pas dans le but d’attendre en tremblant la réponse des éditeurs, alors pourquoi le faire ? À quoi bon terminer un roman qui ne sera probablement lu que par une poignée de personnes?

Petit à petit, j’ai délaissé la question, je suis partie flâner du côté du dessin si j’y étais (et il se trouve que j’y étais !) et la situation a duré jusqu’à présent. Pourtant, une partie de moi me disait : « Mais c’est pas possible, tu dois reprendre tes travaux, ne laisse pas ton projet en plan comme ça ! »

Je me suis souvenue que Florie, sur La Nife en l’Air, avait évoqué un livre qui avait modifié son approche de l’écriture. (Lisez son billet, il est complet et tout à fait passionnant ! )Elle m’avait aussi parlé des podcasts organisés par l’autrice autour de la créativité, du rapport à l’art, des raisons pour lesquelles on crée quelque chose.

Ce livre, c’est Comme par Magie (ou Big Magic en VO) d’Elizabeth Gilbert. Je suis allée l’acheter un soir de grande déprime après le boulot, en me disant que j’avais besoin de me recentrer sur ce qui comptait vraiment pour moi.

Liz Gilbert est entre autres, l’autrice de Mange, Prie, Aime (que j’avoue sans honte ne pas avoir lu, même si j’en ai beaucoup entendu parler !), et c’est aussi une femme ultra optimiste, qui a connu le long et difficile parcours des écrivains anonymes avant d’arriver à percer. Et sa recette pour y parvenir est un mélange de persévérance, de boulot acharné et de légèreté. Je ne vais pas vous gâcher le plaisir de la découverte en vous révélant trop de son contenu, mais lire son livre m’a pas mal éclairée sur les raisons de mon blocage : parmi elles, la quête de la perfection.

Ouiii ! Le retour du perfectionnisme, celui qui vous dit que ce que vous écrivez est non seulement nul, mais en plus totalement inutile, puisque ça ne vous mène à rien. Celui qui vous informe que de toute façon, sans un vrai message engagé derrière, vos histoires ne servent à rien. Tant de gens écrivent bien mieux que moi, la preuve : les éditeurs apprécient leur travail et les publient parce qu’en plus d’être passionnants, leurs romans sont intelligents et porteurs d’un message important à l’attention du monde entier.

Sauf qu’à la base, j’écris d’abord pour mon petit plaisir égoïste ! J’essaye de raconter l’histoire que j’ai envie de lire, de communiquer avec mes personnages et avec le souffle créatif (appelons-le Muse si on veut) qui me donne l’énergie pour avancer. Si j’aborde parfois des sujets graves, notamment sur la condition féminine dans des mondes profondément patriarcaux, je ne cherche aucunement à imposer une réflexion plus profonde que celle qu’on voudra bien y trouver. Et ce n’est pas une catastrophe, me rappelle l’autrice. Il y aura des gens pour aimer ce que j’écris et il y en aura tout autant pour s’en contrefiche. Je n’en suis pas moins légitime dans mon envie de partager mes textes. Ce livre m’a aussi rappelé que je n’ai besoin de l’autorisation de personne pour exercer ma créativité à tout moment, par l’écriture ou le dessin. J’aime beaucoup cette phrase : si tu es financièrement indépendant et que tu n’ennuies personne, tu as toute liberté de faire ce qui te plait de ta vie.

Eh ben ouais, c’est pas plus compliqué : quand je sors du boulot, je suis une artiste de l’imaginaire ! J’écris des histoires qui n’ont pour autre but que de divertir, des récits où la magie et des créatures fantastiques se promènent en liberté, et j’ai parfaitement le droit de m’en contenter ! Donc, on arrête de pleurnicher et on se remet à l’ouvrage, Madame !

Et vous, connaissez-vous ce petit livre si riche d’expériences et de sagesse? Comment vivez-vous votre créativité au quotidien?

Vous voulez en savoir plus sur Elizabeth Gilbert?

Sa conférence TED Talk  (in English )

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