Le Cycle du Dieu noir – saison 1 | les enfants de Djedou.3

Hé bien , vendredi est déjà là ! Troisième semaine de l’année, le temps file et le moment est venu de découvrir le nouvel épisode du Cycle du Dieu Noir. Nous avons laissé Alaia après sa dernière mésaventure aux Coffres d’Ouadjour. Si vous souhaitez découvrir la suite, elle arrive juste après. 

Pour lire l’épisode 1: l’homme à la hache

Pour lire l’épisode 2 : Décherchéni

Retour à la tanière

 

En silence, les Musaraignes longèrent le sentier qui bordait les murs de la cité et se dirigèrent vers le fleuve. Rê descendait vers l’horizon, peignant le paysage de rouge. Les trois confrères marquèrent une halte sur une butte pour admirer le coucher du soleil. Les yeux d’Alaia se perdirent vers le nord, bien au-delà des montagnes.

« J’aimerais bien voir à quoi ressemble la Grande Verte, avoua-t-elle.

— Qu’est-ce qui nous en empêcherait ?

— C’est loin, à des jours de marche.

— Et alors ? » Charid haussa les épaules. « Avec ce que tu as pris à ce gros sac, on pourrait s’offrir le voyage en bateau. Rien n’est impossible, allons à la mer ! »

Charid et sa simplicité. Rien ne l’effrayait, pas même l’inconnu. Alaia admirait cet état d’esprit ; elle aurait voulu être taillée dans le même bois. Elle esquiva le regard de son ami. Elle y discernait cet éclat particulier qui lui nouait la gorge.

« Charid… commença-t-elle, hésitante.

— Je sais, coupa-t-il en passant un bras autour de ses épaules. De la folie, comme toujours. Mais si tu te décides, tu sais que tu peux compter sur moi, pas vrai ? »

Bien sûr qu’elle le savait. Elle connaissait la nature des sentiments de Charid depuis qu’elle était en âge de les comprendre. Depuis que leurs mains s’étaient enlacées pour la première fois après une correction de Thémis plus forte qu’à l’accoutumée. De sa voix enfantine, il avait juré avec un grand sérieux qu’il la protégerait de tout. Un courant chaud les avait traversés tous deux, et dès lors, Charid avait veillé à ne jamais quitter Alaia.

Elle contempla sa paume avec dégoût. Une angoisse familière revint la hanter. Que lui as-tu fait, monstre ?

« J’adore quand vous faites comme si j’étais pas là, intervint Senon avec un rire moqueur. Bon, déjà qu’on va se faire étriper, on pourrait peut-être abréger le supplice ! »

Ils traversèrent des champs et croisèrent des bergers qui rentraient les troupeaux pour la nuit. Laisser le bétail dehors l’exposait aux attaques des chiens sauvages à l’appétit féroce. À proximité du fleuve, leurs pieds s’enfoncèrent dans le limon noir et riche qui faisait de la région du Ventre de la Vache une terre si fertile.

Ils marchèrent encore un bon moment jusqu’à une petite ferme aux murs décrépis, isolée sur une colline. Ils y voyaient à peine lorsqu’ils l’atteignirent. L’obscurité s’installait et le froid suivait de près, aussi vif et mordant que l’écrasante chaleur du jour. Ils coururent pour se réchauffer et, délaissant la porte d’entrée miteuse de la maison, se dirigèrent vers une trappe dissimulée sous des buissons. Charid la souleva et jeta un coup d’œil rapide dans son dos. Rassuré, il fit passer Senon et Alaia et ferma l’accès derrière eux trois. Avant qu’ils aient pu descendre les marches délabrées, un jeune homme mince aux cheveux châtains coupés ras les héla :

« Alors, on s’est perdus en chemin ? s’enquit Nizul. Thémis est d’une humeur de chien. 

— Le contraire m’aurait étonné, lâcha Charid.

— Il veut voir la p’tite. »

Alaia pâlit, sachant pertinemment ce que ça signifiait.

« Je viens avec toi, la rassura Charid.

— Moi aussi, murmura Senon, bien moins enthousiaste.

Un couloir étroit les mena dans une cave qui sentait l’humidité et le vieux bois. La pièce était presque vide, à l’exception de coffres à grain utilisés comme tables et sièges de fortune. C’était là leur salle de réunion. Les couches se trouvaient à côté, derrière un drap défraîchi suspendu à des crochets. Elles accueillaient dans la plus grande promiscuité une dizaine de gamins d’âges variés, sous la surveillance de Thémis et de ses adjoints, qui bien entendu, s’étaient arrogé des coins bien à eux. Le terrier des Musaraignes dans toute sa splendeur. Certains enfants, assis sur de vieilles couvertures, tressaient des cordes, d’autres roupillaient, recroquevillés sur leurs paillasses sales.

Une odeur de nourriture masquait la puanteur des lieux : Merit était rentrée. Au-delà de la colère, Alaia éprouva un bref soulagement qui s’estompa à la vue de Thémis, penché sur un morceau de parchemin. Celui-là même qui avait failli lui coûter la vie.

Le chef leva la tête et plongea ses yeux bruns dans ceux d’Alaia. Il se dirigea vers elle d’une démarche nonchalante et se campa devant elle. Aussitôt, Charid et Senon la flanquèrent. Un sourire étira les lèvres minces de Thémis. Son visage étroit et son long nez lui donnaient vraiment des airs de fouine.

« Alors, on se décide enfin à rentrer ? Vous étiez passés où ?

— J’ai… On a fini la journée tous les trois, c’est tout.

— Une belle journée, on dirait. Tu me racontes ? »

Un pli caractéristique au coin de sa bouche trahissait son agacement. Alaia soupira.

« Tu sais très bien ce qui s’est passé, pas vrai ? Merit a dû tout te raconter, alors pourquoi tu veux que je développe ? »

Thémis les examina tous les trois un instant, les mains sur les hanches. Puis il reporta son attention sur Alaia.

« Tu sais, petite souris, c’est moi qui ai demandé à Merit de t’emmener. Pourquoi ? Parce que j’avais confiance en toi. Je n’attendais pas grand-chose de toi, juste que tu utilises tes yeux à bon escient. Et voilà que tu allumes le premier singe venu ! Tu te comportes comme une putain et tu compromets tous mes projets ! »

Merit apparut derrière un rideau et coula un regard lourd de sens sur sa cadette. Alaia se mordit la langue pour ne pas cracher ce qu’elle avait sur le cœur. La main de Charid se posa sur son épaule. Si elle ne prenait pas une décision rapidement, il commettrait une grave erreur.

« Je voulais pas le séduire. Il est arrivé et a tout gâché. Il m’a brutalisée.

— Et alors ? La prochaine fois, au lieu de jouer les abeilles affolées, assume et fais ce qu’il demande. Comme ça, on évitera les démonstrations de violence dans les Coffres. » Il se frappa le front en secouant la tête. « Bastet ! Pourquoi faut-il que tu sois si bête ? Et toi, ajouta-t-il à l’attention de Merit, c’est la dernière fois que je te la confie. »

Il saisit le menton d’Alaia et lui tourna le visage sans ménagement. Ses yeux s’arrêtèrent sur la plaie, sur laquelle il posa un index inquisiteur. Elle grimaça quand il appuya plus fort. Il approcha son nez de la pommette, la humant doucement. Alaia retint son souffle. Le sentir tout près d’elle la mettait mal à l’aise. Son bouc – qu’il entretenait pour se donner l’air plus vieux – lui grattait la joue.

« Qui t’a soignée ? » demanda-t-il.

Alaia se tut. Il posa ses lèvres sur la plaie puis la lécha.

« Donne-moi le reste », murmura-t-il.

Elle lui tendit la bourse, qu’il examina avec un haussement de sourcil. Pour la première fois de la soirée, il se détendit.

« Oh ! Petite souris, c’est pas mal du tout, ça. On devrait pouvoir faire quelque chose de toi. »

Il appuya son front contre le sien. Leurs haleines se mêlèrent, celle de Thémis sentait la bière et le vin. Ses cheveux noirs s’échappaient de son bandeau et lui tombaient dans les yeux. Voilà qu’il remettait ça, avec sa douceur de façade. Depuis qu’elle le connaissait, il distribuait violence ou cajoleries de manière imprévisible.

« Laisse-la tranquille, Them », commença Charid.

Le chef l’ignora.

« Qu’est-ce que je pourrais bien faire de toi, hein ? insista-t-il en libérant ses cheveux roux de leur carcan.

— J’en sais foutre rien, répondit-elle, mais la prochaine fois, explique-moi les choses, m’envoie pas à l’aveugle dans une mission dont j’ignore les détails.

— Tu sauras en temps et en heure, c’est moi qui décide de ce que doivent savoir mes troupes. »

Sa main saisit l’amulette-ren autour du cou d’Alaia. Il la tourna entre ses doigts.

« Tu te souviens de ce que je t’ai dit, n’est-ce pas ?

— Oui, murmura-t-elle, le cœur au bord des lèvres.

— Répète-le.

— Celui qui reçoit un nom appartient à celui qui lui offre.

— N’oublie jamais ça, Alaia. » Il sourit. « Et si tu te faisais pardonner, hein ?

— Fous-lui la paix ! » rugit Charid.

Rouge de colère, le jeune homme poussa Thémis avec une force étonnante. Ce dernier recula, pris par surprise.

« Charid, prévint-il, joue pas au con. Tu oublies qui est le chef ici !

— J’oublie rien du tout, répondit Charid, mais ça te donne pas tous les droits ! Touche-la et tu le regretteras !

— Toujours à ouvrir ta gueule, hein ! T’as beau être costaud, tu verras ce qui t’arrivera si tu me cherches, gamin. »

Azul et Kimbra, ses deux cogneurs, le flanquèrent en signe de soutien. Thémis les arrêta avant qu’ils ne lèvent la main sur le rebelle.

« Je suis affilié à la Confrérie, Charid, tu comprends ce que ça signifie ?

— T’es personne, répliqua le garçon, rien qu’une merde de Musaraigne comme nous, personne s’intéresse à toi ! Règle ça avec moi au lieu de te planquer derrière les patrons. »

Les molosses en question éclatèrent de rire. Thémis lui, ne quittait pas Charid des yeux. Une moue étrange déformait le coin de sa bouche. Il avait la trouille, devina Alaia. La trouille de perdre la face devant tout le monde.

« T’es un gamin, Charid. Tu comprends rien à notre monde. Je veille sur vous, je vous nourris, je vous protège, vous obéissez. Sans moi, vous êtes perdus. Toi, par exemple, tu possèdes des muscles impressionnants, mais la cervelle d’une carpe. » Les grands ricanèrent. « Comment un abruti comme toi pourrait protéger qui que ce soit ? Si je dirige, c’est parce que je sais comment utiliser les atouts de chacun pour le bien de tous.

— On n’est pas tes pions, Them, objecta Charid, les poings serrés.

— Si, vous l’êtes ! éructa-t-il. Parce que les dieux ont décidé de vous faire naître dans la rue et que moi, je vous en ai tirés ! Apprends où est ta place, Charid. Tu vis et tu respires parce que je le veux bien. »

Alaia s’interposa entre eux.

« Charid, calme-toi, s’il te plaît. Tout va bien. » Elle inspira pour se donner du courage.  « Je suis la seule responsable. Thémis, s’il te plait, pardonne-lui. Sans lui, je serais morte. »

Elle regarda le chef dans les yeux un instant, priant pour ne pas recevoir une raclée. À son grand soulagement, il ne leva pas la main sur elle. 

« La souris a raison, acquiesça Thémis d’une voix tranchante. Je suis prêt à pardonner ton comportement pour cette fois. Dans quelques jours, le cours de nos vies va changer. Je veux que vous soyez prêts. Vas voir Merit, elle te donnera à manger, et prends la nuit pour réfléchir à la portée de tes actes, compris ? »

La voix se voulait ferme et posée, mais les prunelles brunes luisaient de fureur. Alaia connaissait bien la rouerie du jeune homme ; l’affront ne resterait pas impuni. Thémis ne supportait pas qu’on lui manque de respect.

« Quant à toi, ma petite souris, continua ce dernier, tu n’auras rien à manger, ça apprendra à Charid à fermer son clapet et toi, à me dérober mon bien pour ton usage personnel. » Il afficha un petit sourire suffisant en contemplant la bourse. « Bien sûr, si la punition te paraît injuste, viens me voir, on en discutera tous les deux. »

Alaia détourna le regard et, drapée des lambeaux de sa dignité, alla s’asseoir dans un coin, l’estomac dans les talons. Par tous les dieux, elle le détestait ! Et Charid qui le provoquait sans réfléchir ! Evidemment, c’était elle qui payait les pots cassés !

Si seulement je pouvais partir, quitter Djedou pour ne jamais revenir dans ce trou à rats.

La proposition de Charid hanta son esprit un instant. Partir, voir la mer, voyager. Folie ! Les routes pullulaient de dangers. Même entourées de gardes chevronnés, les caravanes n’étaient pas à l’abri des pillards, alors comment survivraient-ils, seuls ? D’ailleurs, où iraient-ils ? À Fayat comme à Lukhsur, la vie n’était sans doute guère plus clémente pour les orphelins.

Une ombre penchée sur elle interrompit ses réflexions. Senon s’assit à ses côtés et passa la main dans ses cheveux. Son trouble faisait ressortir les innombrables taches brunes sur ses joues et son nez. Lui aussi était inquiet.

« Merit te gardera quelques restes, chuchota-t-il à son oreille. Laisse courir, ce n’est pas grave. Ces deux-là aboient tout le temps, mais ils ne se battront pas. Thémis a besoin de Charid, il le sait.

— Tu as vu ses yeux ? Charid ne devrait pas aller si loin avec lui.

— Il t’aime bien. Il oublie la prudence élémentaire à cause de ça. Euh, je dis pas que c’est de ta faute, hein, mais bon, enfin, tu vois, il te trouve jolie et…

— J’ai compris, coupa-t-elle. Mais prendre autant de risques, juste parce qu’il m’aime bien, c’est stupide !

— Bah ! C’est pas seulement ça. Ils ont tous les deux un tempérament de chef, c’est là que ça coince. Mais Charid n’est pas fou, enfin j’espère ! »

Le susnommé semblait – enfin – avoir réalisé les conséquences de son imprudence ; il s’était isolé plus loin, honteux, se détournant chaque fois qu’Alaia regardait dans sa direction. Pendant un long moment, il hésita, jetant des coups d’œil dans la direction du garde-manger, puis son estomac fit taire sa culpabilité. Il fila chercher sa part de nourriture.

Plus tard, Thémis et Nizul quittèrent le terrier pour la soirée. Thémis devait rendre des comptes à la Confrérie et recevoir ses instructions. Les enfants y trouvaient un peu de répit, malgré la surveillance de Kimbra et Azul. Les matons relâchaient toujours leur attention en l’absence du chef et de son bras droit.

Alaia s’approcha discrètement de Merit. Celle-ci avait rassemblé les gamelles et s’apprêtait à aller les nettoyer. L’estomac d’Alaia choisit cet instant pour manifester son mécontentement par un gargouillis sonore, provoquant l’hilarité de la cuisinière. Elle fouilla son vieux tablier et sortit une grosse boulette de blé cuit aux herbes.  

« Ne te fais pas voir avec ça, ma belle. Je ne tiens pas à avoir d’ennuis. Mais bon, je te dois bien ça. »

Alaia ressentit un immense soulagement alors qu’elle dévorait la nourriture en quelques bouchées. 

« Merci, dit-elle. Pour la nourriture, hein. Pas de m’avoir abandonnée et brodé ta version de l’histoire pour éviter la colère de Thémis.

— C’est la vie, Alaia. Désolée, mais à choisir, je sauverai toujours ma peau en premier. L’essentiel est sauf : il a son plan, il est content.

— Mais c’est quoi au juste, cette histoire ? Dis-moi, tu me le dois aussi !

— Bon, admit Merit, je suppose que c’est vrai. Them a réussi à corrompre un serviteur de la maison Lemphis et a obtenu un plan détaillé de sa villa. Nous attendons le bon moment pour nous y introduire et faire main basse sur ses richesses. Voilà, tu es contente ?

— La villa d’un marchand ? C’est pas un peu trop gros pour nous ?

— D’ordinaire oui, mais la fête du Renouveau approche et Them pense que ce sera le moment idéal pour frapper. Tout le monde sera dans les rues et au temple d’Ishtar, les gens seront ivres. On sera tranquilles.

— Admettons. Et pourquoi faire ça dans le dos de la Confrérie ?

— Alors ça, tu vois, c’est entre Thémis et Phéos. Tu n’as pas besoin d’en savoir plus. Par contre, un petit conseil entre sœurs : préserve-toi. L’amitié, c’est joli, mais ça sert à rien par les temps qui courent.

— C’est-à-dire ?

— Thémis est le chef, pas Charid. Tu n’as pas à payer pour la stupidité de ton ami. Si j’étais toi, je ne me poserais pas de questions, je profiterais de l’attrait que tu exerces sur Them. Tu gagnerais une place enviable.

— Enviable ? J’aurais tout entendu.

— Bah, Thémis n’est pas si terrible que ça ! Crois-moi, il y a des hommes plus laids et plus dangereux que lui au sein de la Confrérie. Et puis, si tu vas avec lui de ton plein gré, ça te paraîtra moins déplaisant que s’il t’y contraint. »

S’imaginer partageant la couche de Thémis provoqua un frisson dans la nuque d’Alaia. Son déplaisir dut se voir, car Merit gloussa. 

« Tu es une petite abeille si naïve, c’est… amusant. Endurcis-toi un peu, ça vaudra mieux pour toi. »

Après avoir emballé les gamelles dans un baluchon, Merit tourna les talons vers la sortie. Alaia demeura songeuse. Une abeille… Une vierge pure et intègre. Quelle idiotie. Elle a raison, se dit-elle, je suis stupide !

Elle avait déjà vu des couples se livrer à leurs ébats. Des prostituées et leurs clients, le plus souvent. Dans des ruelles crasseuses, avec force gémissements. Cela lui semblait tellement bestial qu’elle ne trouvait rien de tentant dans ces étreintes. Comment imaginer quoi que ce soit de plaisant avec Thémis, de toute façon ?

Alaia replia ses genoux contre elle et se cacha sous ses cheveux pour se reposer ; elle n’avait pas envie de penser à ça ce soir. Alors qu’elle était en train de s’endormir, Charid vint la rejoindre et s’assit à ses côtés. Sa mine contrite et sa tête basse la firent rire. 

« Ne fais pas cette tronche, âne bâté, se moqua-t-elle, je t’ai déjà pardonné !

— Je sais, mais je regrette quand même. À cause de moi tu n’as rien mangé. »

Alaia se garda de le détromper ; cela lui servirait de leçon.

« Je m’en fiche d’être punie. Bon, c’est faux, admit-elle, je m’en fiche pas, mais Thémis pourrait te faire du mal, alors sois prudent. Arrête de le défier bêtement.

— Je ferai attention, répondit Charid, et je suis content que tu m’aies pardonné. »

Il la serra dans ses bras comme pour confirmer ses dires. 

« Diviser pour mieux régner, c’est le principe de Thémis depuis toujours », rappela Alaia.

Charid leva son poing devant lui et fit craquer ses phalanges.

« Il peut me prendre pour un imbécile si ça lui fait plaisir, mais je lui déconseille d’essayer de nous séparer. Ma réponse risque de pas lui plaire. »

Vers l’épisode 4: Au service de Djedou


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