Le Cycle du Dieu Noir – saison 1 | Les enfants de Djedou.1

Notre rendez-vous du vendredi commence cette semaine avec la publication ici-même de ma série littéraire de fantasy à la sauce Égypte antique. J’ai tellement tergiversé quant à savoir comment vous la proposer à la lecture, mais finalement, la voici ! Celles et ceux qui me suivent depuis longtemps reconnaîtront les premiers chapitres, publiés sur Wattpad ou sous forme d’extraits sur Cocyclics. À vous, je dis merci pour votre fidélité et espère que vous trouverez du plaisir à redécouvrir cette lecture ! Aux autres, j’espère que cette histoire hebdomadaire vous plaira !

Résumé de l’histoire :

Alaia, une voleuse élevée à la dure dans les rues de Djedou, voit son destin bouleversé par une mystérieuse relique. Désormais sous la protection d’Ishtar, la jeune fille se retrouve sans le savoir dépositaire des espoirs de la déesse, déterminée à restaurer sa grandeur perdue. Mais qu’attend réellement Ishtar de sa nouvelle émissaire ?

Bienvenue dans le premier chapitre de ma série de fantasy orientale, assaisonnée de dieux cruels, d’aventures urbaines, de violence et d’une touche d’érotisme. Bonne lecture et n’hésitez pas à commenter, poser vos questions si vous en avez et surtout amusez-vous bien !

 

L’homme à la hache

 

Djedou, deuxième année du règne d’Amosis

 

La nuit tombait sur Djedou. Les murs ocre des maisons viraient à un camaïeu de gris et d’ombres inquiétants. À tout instant, Alaia redoutait de voir surgir d’horribles créatures tapies dans les replis obscurs des tentures des échoppes.

Elle se frotta les paupières. Depuis combien de temps marchait-elle à la recherche de ses camarades ? Thémis lui avait pourtant ordonné de rester cachée, de se contenter de regarder, mais l’attente s’était révélée trop longue.

Elle s’ennuyait vite. Merit disait que c’était normal, qu’elle était « trop jeune pour le boulot », ce à quoi Them lui répondait de se taire ; lui seul en jugeait.

Alaia le détestait. Il était méchant, constamment de mauvaise humeur. Il la traînait chaque jour derrière lui comme un poids mort. Parfois, il lui pinçait le bras très fort ou lui tirait l’oreille en prétendant qu’elle n’écoutait pas.

« Tu me dois tout, espèce d’ingrate ! répétait-il. Si tu veux manger, t’as intérêt à apprendre fissa ! »

L’apprentissage selon Thémis revenait à dérober leur bourse aux badauds. Lui-même excellait à cet exercice, mais se montrait piètre professeur. Alaia aurait préféré rester avec Merit, plus gentille, malheureusement Them refusait. Et Them était le chef. Un chef qui criait tout le temps, surtout le soir, quand tout le monde se rassemblait dans le terrier. Les coups pleuvaient sur ceux qui se rebiffaient ou ne rapportaient pas assez à la bande.

Aujourd’hui, elle aurait dû lui obéir, se tenir tranquille derrière les jarres d’huile du vieux Kop et le regarder œuvrer, mais elle avait remarqué ce joli lézard se faufiler sur un mur chauffé par le soleil et n’avait pas pu résister à l’envie de l’attraper.

La vitesse du reptile l’avait surprise ; à peine parvenait-elle à l’effleurer qu’il reprenait sa course. Pour autant, ses yeux ne lâchaient pas leur proie. Sa vue était excellente, de jour comme de nuit, et Thémis l’encourageait à profiter de ce don. C’était comme un exercice après tout…

Finalement, le lézard disparut entre deux briques en terre crue, la laissant frustrée et surtout perdue. D’habitude, elle se contentait de suivre Them ; à présent, les rues lui paraissaient immenses, les allées innombrables et bruyantes. Comment le retrouverait-elle ? Il allait encore s’énerver. Son nez se mit à couler, des larmes embuèrent ses yeux. Elle glissa son pouce dans sa bouche et arpenta la Ruche en pleurnichant, à bonne distance des marchands qui, à cette heure avancée, commençaient à ranger leurs étals.

« Tu ne dois pas t’approcher d’eux, pas maintenant, avait expliqué Thémis, ces gens n’ont que des coups de bâton à t’offrir, voire pire. »

Parfois, Alaia écoutait ses conseils.

Maintenant, il faisait noir et elle sentait son cœur battre à tout rompre. Elle risquait de mourir dévorée par un monstre aux aguets et en plus, elle avait les pieds en feu et l’estomac dans les talons.

Une odeur de vase parvint à ses narines : les effluves du Neilos, comprit-elle. Elle se dirigeait vers le port, l’un des pires quartiers de la ville. Un rire gras résonna dans une allée toute proche ; d’instinct, elle rasa les murs.

Des flambeaux éclairaient la façade d’une maison devant laquelle se pressaient des silhouettes effrayantes. Sur le perron, des femmes dévêtues les accueillaient avec des sourires et des postures étranges. Les visiteurs se collaient à elles et les embrassaient très fort sur les lèvres. C’était dégoûtant, comme quand Nizul explorait la bouche de Merit avec sa langue.

Alaia bâilla et son estomac enchérit en gargouillant. Elle n’avait rien mangé de la journée. Peut-être qu’une de ces dames accepterait de l’aider ? Alaia s’approcha de la maison, avisant une jeune fille copieusement fardée. Comme elle était jolie !

Sitôt qu’elle l’aperçut, la beauté écarquilla les yeux et la poussa dans l’ombre d’une ruelle.

« File ! la houspilla-t-elle. Allez, fiche le camp d’ici ! »

Aussi méchante que Them… Vexée, Alaia tira la langue et s’enfuit sans demander son reste. Soudain, elle se figea : un bruit suspect s’échappait d’un tas d’immondices au fond de la rue. Elle sursauta quand, en un éclair, une ombre toute de poils et de griffes jaillit devant elle dans un éboulis de déchets. Le cœur d’Alaia fit des bonds dans sa poitrine à l’idée du monstre né des ténèbres pour la dévorer toute crue. Son cri mourut au fond de sa gorge à l’instant où la créature terrifiante poussa un feulement presque inaudible, se révélant n’être qu’un minuscule chat noir à la queue ébouriffée de surprise.

Sa peur oubliée, elle sourit, s’accroupit et appela d’une voix douce :

« Oh, tu es tellement mignon… Viens, j’te veux pas de mal, sois gentil. »

Elle offrit sa main ; l’animal la considéra avec distance avant de tendre le museau pour humer son odeur. Il frotta sa tête contre les doigts et se mit à ronronner. Comme la plupart des chats à Djedou, il ne craignait pas les humains. Merit racontait souvent des histoires formidables sur les enfants de Bastet, la dame de la chance.

« La protectrice des gens comme nous, disait-elle. Pour ne pas s’attirer la mauvaise fortune, les Kemites prennent soin des enfants de Bastet, bien plus que de leurs nécessiteux. »

Affamée, Alaia scruta le tas de déchets et entreprit de le fouiller, priant la déesse d’y trouver de la nourriture. Elle poussa un cri de joie en dénichant des pelures de légumes ainsi qu’un vieux morceau de pain rassis au milieu d’entrailles de poisson puantes. La chance lui souriait, en effet.

« Merci », dit-elle au chat en espérant que sa mère l’entende. L’animal, les pupilles fendues de plaisir, se frotta contre ses jambes couvertes d’écorchures.

Une fois son repas avalé, Alaia serra son compagnon dans ses bras, enfouit son nez dans la fourrure noire et respira son odeur. Musc et poisson mort. Elle s’en fichait. Un frisson lui parcourut l’échine.

« Viens, décida-t-elle, on va chercher un endroit où tu seras bien au chaud. »

À dire vrai, elle ignorait où trouver un tel refuge, aussi se borna-t-elle à gagner le port. Avec de la chance, elle pourrait chiper une couverture et dormir dans un entrepôt sans être ennuyée par les soulards sortis des infâmes maisons de bière des quais.

« Ne t’approche pas de ceux-là ! »

Les conseils de Thémis l’énervaient. Penser à lui attirait les larmes. En arrivant près des embarcadères, elle s’arrêta net et étreignit le chat un peu plus fort : un navire aux voiles d’un rouge rendu presque noir par la pénombre dominait tous les autres par sa taille et son allure. Alaia ignorait sa provenance, mais sa proue, un immense serpent de mer à la gueule béante, la fit frissonner de tout son corps.

À la lueur des torchères fixées sur le bastingage, Alaia repéra quatre silhouettes sur le ponton. Intimidée, elle se pelotonna contre un mur et ne bougea plus.

Dagues brandies, trois hommes au teint olivâtre du cru, vêtus de pagnes et de châles en lin encerclaient un gigantesque étranger, dont les longues tresses pâles se détachaient dans la nuit.

Son torse massif disparaissait sous une carapace de cuir où brillaient des éclats métalliques. Alaia n’avait jamais rien vu de tel. Dans son dos reposait un bouclier rond et à son côté, une hache dont le tranchant luisait sous les flambeaux. Il patientait, la main tapotant une besace à bandoulière bien garnie.

« On sait ce que tu transportes, le sauvage. Remets-nous ton butin et on te laissera partir. »

Du kemite local, avec l’accent du coin. De son côté, le géant sourit et répondit d’une voix caverneuse et traînante :

« Si vous tenez votre vie, vous partez. Je donne pas ça. Pas à vous.

— On est plus nombreux et t’as pas envie de te mettre la Confrérie à dos, insista le Kemite. Fais pas le malin. »

La Confrérie. Alaia frémit et se recroquevilla davantage. Thémis avait peur d’eux. Il prétendait ne craindre personne, mais sa voix tremblait quand il prononçait ce mot. L’étranger lui, ne se départait ni de son calme ni de son sourire.

« Il comprend même pas ce que tu racontes, s’énerva l’un des voleurs, servons-nous ! »

Sur ces mots, il se précipita en avant, la dague tendue vers la cuisse du colosse. Celui-ci se contenta de saisir le bras et de le retourner. Alaia entendit le craquement de l’épaule derrière le grognement de douleur. Le Kemite lâcha son arme. D’un ample mouvement, l’étranger leva haut la hache.

Alaia ferma les yeux. Le hurlement s’éteignit dans un bruit lugubre de métal contre de la chair. Dans ses bras, le chat restait immobile, indifférent. Elle le sentit ronronner contre elle, mais se garda d’ouvrir les paupières. À seulement quelques pas, la rixe se poursuivait sous un tombereau d’insultes et de cris.

La curiosité l’emporta. Elle risqua un regard pour voir le colosse empoigner les cheveux d’un de ses adversaires et lui fracasser la mâchoire contre son genou levé. Des dents volèrent autour des deux combattants et du sang éclaboussa l’étranger.

« Dum Kahël ! » exulta-t-il, hilare.

Terrorisée, Alaia vit le troisième larron tenter de frapper le géant par sa droite. Hélas pour lui, rien ne semblait échapper à ce monstre. Il n’eut qu’à pivoter et la dague glissa sur l’armure, ne réussissant qu’à s’accrocher à la lanière de la besace, la sectionnant net. Le contenu du sac tomba par terre et dans un bruit désagréable, un coffret de bois se brisa sous l’impact.

Alaia vit briller l’or et les gemmes quand une avalanche de bijoux se répandit sur le ponton.

« Ach, braend im Hilverde ! Dom ! »

Nul besoin de connaitre sa langue pour comprendre que l’homme était furieux. D’un coup rageur, il fendit le crâne du malheureux qui titubait devant lui, les mains crispées sur ses maxillaires. Puis il dégagea son arme ensanglantée et se tourna vers le dernier sicaire. Mû par la terreur, celui-ci s’enfuit avec sagesse.

Alaia éprouva un bref soulagement. Elle n’avait jamais assisté à un tel déferlement de violence et en venait à plaindre ces pauvres hères.

« Flyven, Skaering », entendit-elle.

Elle se mordit la lèvre pour ne pas crier. Dans un sifflement lugubre, la hache se ficha dans le dos du bandit. L’infortuné s’effondra en avant.

« Bastet, supplia-t-il, protège-moi, par pitié. »

Déjà l’étranger marchait dans sa direction. Il posa son pied sur son dos et retira son arme avec autant de désinvolture que s’il avait coupé une bûche. Un flot de sang accompagna son geste et les prières cessèrent.

Si Bastet avait assisté au massacre, elle avait jugé bon de s’en tenir à l’écart. Le chat ronronnait doucement contre Alaia. Elle contempla les joyaux épars et y vit l’occasion d’obtenir la clémence de Thémis. Si ça brille, ça vaut cher !

Ses pensées s’emballèrent : courir, prendre ce qu’elle pouvait et fuir pendant que le démon pâle était occupé ailleurs. Elle posa le chat et s’élança. Parmi les colliers, bracelets et anneaux, un superbe caillou écarlate, rond et poli, attira son attention. Magnifique et solitaire, d’une beauté incongrue sur la pierre sale du quai. Elle hésita, avant de reporter son intérêt sur un sautoir en or orné d’éclats bleu. Plus grand, plus cher. Alors qu’elle tendait la main vers lui, la gemme rouge s’illumina. Son halo flamboyant captiva Alaia. Elle brûlait d’envie de le toucher, son appel l’attirait comme la flamme d’une chandelle appâte le papillon.

« Viens, mon étincelle, viens à moi, je t’attends. »

L’ordre résonna dans son esprit, suave et étrangement familier. Alaia se sentit envahie d’images épouvantables : guerre, flammes, douleur…

Un feulement la tira de sa torpeur, suivi d’un coup de griffes sur les doigts. Surprise, Alaia recula la main avant de décoller du sol. Elle cria de terreur en croisant les yeux délavés du colosse qui la tenait par le col de sa tunique, dont les coutures déjà moribondes craquèrent sous l’étreinte.

« Oh, petite chose ! Pas touche ! »

Sous sa masse de cheveux blonds, le démon avait l’air humain, malgré le sang qui maculait ses joues. Le sang de ses ennemis. Il fronça les sourcils et agita la hache près du visage d’Alaia. Celle-ci répondit par la seule stratégie de défense qu’elle connaissait : elle fondit en larmes, ses pieds battant désespérément dans le vide.

Le désarroi envahit les traits bourrus de l’étranger. Suivi de la contrariété quand le chat entreprit de grimper le long de sa jambe.

« Ach, for porkker ! » grogna-t-il.

Il posa Alaia et décrocha l’animal de sa chausse avant de le projeter à quelques pas. Offusqué, le félin cracha et s’éloigna en arquant le dos. Impassible, l’homme rassembla son butin et referma sa besace, non sans avoir soigneusement examiné le joyau rouge, comme pour s’assurer qu’il n’était pas abîmé.

Alaia voulait partir, mais ses pieds ne lui obéissaient plus. L’inconnu se pencha vers elle.

« Toi. Arrête larmes. Retourne chez mama. Ja ?

— J’ai pas de maman, je sais pas où aller. Me frappe pas, s’il te plait ! »

Le guerrier maugréa dans sa langue en se grattant la tête. Alaia se ratatina : allait-il la tuer comme ces hommes ? Finalement, il soupira et décréta d’un ton las :

« Allez, viens. En ville. J’emmène toi chez prêtres de… » Il hésita. « Vache ! Tu dors avec eux et tu arrêtes larmes. Compris ?

— Oui, promis… » balbutia Alaia en ravalant ses pleurs.

Il ne projetait ni de la tuer ni de la battre ? Soulagée, elle essuya son nez dans sa tunique avant de glisser sa main dans la pogne du guerrier. Rugueuse comme du cuir, plus grande et forte que celle de Thémis, pourtant plus délicate autour de la sienne.

« Le chat ! s’exclama-t-elle soudain.

— Nein ! Le galeux reste ici ! »

Ce dernier, nonchalamment étendu sur le flanc, procédait à sa toilette avec indifférence. Attristée, Alaia n’insista pas.

*

L’étranger tint parole. Il la conduisit d’un bon pas jusqu’au quartier des temples, où le parfum des fleurs remplaçait l’odeur de la vase. Il donna une offrande d’un shât en échange d’une nuit sous la protection de la douce Hathor, mère des cultures. Une somme impressionnante qui aurait réjoui Thémis. Jamais ce dernier n’aurait payé ne serait-ce qu’un deben pour elle.

Un novice en robe noire lui servit un bol de bouillon et désigna un coin dans l’entrée, près d’un brasero, en guise de chambre. Du bout des doigts, sans chercher à dissimuler son dégoût, il lui tendit une couverture avant de l’abandonner à son sort.

Alaia dormit d’un sommeil agité où se mêlaient combats, hurlements et brutes sanguinaires. Des créatures ailées, toutes de griffes et de crocs, parcouraient le ciel en crachant des éclairs sur d’immenses murailles d’obsidienne, tandis qu’au sol, des armées s’affrontaient dans un vacarme assourdissant.

« N’aie pas peur, petite étincelle, n’aie pas peur… »

Une voix féminine, plus douce et caressante que le souffle du vent de Peret murmurait à son oreille.

« Tu étais si proche, pourquoi hésiter ? Ce n’est pas grave, juste un obstacle dans la course du temps. Je veillerai à mieux te guider désormais. »

Un parfum délicatement musqué emplit l’air quelques instants et Alaia s’éveilla. Le soleil baignait déjà l’entrée du temple. Le novice lui intima l’ordre de partir. Personne ne désirait s’encombrer d’une gamine puante. Elle se retrouva de nouveau seule, à se demander où était passé son sauveur. Lui non plus ne voulait pas d’elle ; il avait filé une fois sa bonne action accomplie.

Elle marchait depuis peu, le moral en berne, quand quelqu’un lui saisit le bras. Une gifle magistrale lui échauffa la joue. Elle reconnut le visage longiligne et les cheveux crasseux du gamin qui la dominait d’une tête. Ses narines palpitaient comme chaque fois qu’il était en rogne.

« T’étais où, espèce de poison ? Tu crois que j’ai que ça à foutre de te chercher partout ?

— C’est pas ma faute, me suis perdue ! pleurnicha-t-elle. J’ai passé la nuit toute seule et j’ai failli mourir, mais un géant m’a sauvée ! »

Son minois baigné de larmes avait ému ledit géant. Pas Thémis. Insensible à ses protestations, il croisa ses bras maigres et leva les yeux au ciel.

« C’est ça, ouais, fais la maligne ! Ce soir, quand j’en aurai fini avec toi, tu regretteras que ton foutu géant t’ait pas bouffé ! »

Sur ces mots, il s’empara d’elle et la traîna à travers la ville. Cette fois, elle resta sagement à ses côtés, tout en cherchant du regard la haute silhouette de son sauveur. En vain. Le soir, pendant que Them honorait sa promesse à l’aide d’une tige de fleur-du-roi, elle comprit qu’il ne servait à rien de compter sur lui. Il se fichait de son sort, comme tout le monde.

« N’aie pas peur, petite étincelle, nous veillons sur toi. »

La voix féminine de son rêve ! Alaia en oublia les coups et la brûlure de la branche sur ses cuisses et son dos. Tous ses sens se focalisaient sur la lumière rouge du joyau solitaire à portée de ses doigts.

« Écoute l’appel, ne cesse jamais de lui prêter attention »

Et Alaia tendit l’oreille. Cette nuit et toutes les suivantes, la litanie l’accompagnerait dans ses rêves.

« Viens, mon étincelle, viens à nous, nous t’attendons. »

À suivre…

Droit vers l’épisode 2: Décherchéni

Petite remarque de l’autrice: j’ai pris le parti de ne mettre aucune note ni aucun lexique pour voir si le texte se comprend sans explication. En avez-vous besoin pour comprendre certains éléments de vocabulaire du Kemet ?

 


14 thoughts on “Le Cycle du Dieu Noir – saison 1 | Les enfants de Djedou.1”

  1. Whoua…. quelle évolution dans le travail de ce premier chapitre. C’est hyper fluide et ça se déguste tout seul comme du petit lait. Et je trouve qu’on comprend très bien sans lexique, mais je n’ai pas besoin d’explications sur tout à titre perso pour apprécier ma lecture, donc à voir avec davantage de retours. Je retrouve avec joie Alaïa et ta plume absolument merveilleuse, hâte de lire la suite et je débouche le nénuphou pour cette première publi !^^

    1. Merci de ta lecture et de ton ressenti ! Je suis contente que ce début te plaise, c’est vrai que j’ai tellement retravaillé ce texte ! Il était temps de le laisser aller ^^
      Merci aussi pour le nénuphou et pour ton soutien permanent! Je note pour le lexique, pour le moment, les retours me disent que ça se gère sans, c’est bien.

  2. Ce chapitre a été retouché on dirait ? En tout cas j’adore toujours autant. Je suis excitée comme une puce de retrouver cette histoire, tu ne peux pas imaginer. Je n’ai ressenti aucun souci à comprendre les quelques mots que tu introduis. Ils sont, selon moi, bien distillés dans leur contexte pour qu’on parvienne à en décrypter le sens. Bon après ayant déjà lu une partie, cela peut fausser la donne… Themis est toujours aussi intrigant (je suis restée frustrée de ne pas savoir tout son devenir…) et Alaïa toujours aussi attachante.

    1. Et moi je suis très flattée que tu sois impatiente de retrouver mon histoire ! Tu es attentive, j’ai effectué quelques petites retouches discrètes, en effet !
      Ok, c’est bien parce que manifestement, le texte se comprend facilement sans annotations (mais je retiens que tu connais déjà un peu le contexte, c’est vrai)
      Promis, je raconterai ce qui arrive à Them plus tard 😀

  3. Moi je trouve tout ça très clair. C’est très immersif et j’aime beaucoup les changements que tu as apportés. Je fonce lire la suite (oui, j’attendais de récupérer un peu de temps pour mieux savourer les extraits).

    1. Je suis contente, on dirait que ça se lit pas trop mal, finalement ^^
      Merci pour le temps consacré à me lire, surtout avec ton planning de dingue <3

  4. Ayé ! Lu !
    Et j’aime ! 🙂

    Je n’ai pas ressenti le besoin d’un lexique, les informations viennent au juste moment. Et quand c’est Thor (ou son cousin) qui parle, puisqu’on est du point de vue d’Alaia, c’est normal qu’on ne comprenne pas même si on a une idée de l’émotion derrière.
    🙂

    1. Merci d’avoir pris du temps pour découvrir cette histoire, Jo Ann <3 J'ai bien ri quand tu as parlé de Thor ^^ On va dire que c'est son petit cousin raté, ce sera plus juste !

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