Le Cycle du Dieu Noir : Djedou, la carte

En vue de la publication prochaine du Cycle du Dieu Noir en série ici-même, je me suis dit que ce serait sympa de préparer le terrain pour les hordes de quelques lecteurs d’avoir une idée de l’endroit où va se passer la majeure partie de la saison 1.

J’ai la chance d’avoir à mes côtés un artiste talentueux qui adoooore réaliser ce genre de choses, donc je lui ai demandé d’illustrer Djedou. On a beaucoup discuté en amont, en plus il connait l’histoire, autant dire qu’il était le plus compétent pour la représenter.

De mon côté, j’avais d’abord peint une petite illustration à l’aquarelle de l’extérieur de la cité.

Ma série débute dans un cadre urbain et je considère la ville comme un personnage important, en tous cas, j’espère parvenir à lui donner cette profondeur. Mes personnages principaux viennent tous d’ici, ils évoluent dans des mondes différents, mais toujours à l’abri des murs de Djedou.

Mais là, Steph a atteint un niveau de détail dont je suis bien incapable. Tout est formidable dans cette carte : les couleurs, le fourmillement des maisons, les différences entre quartiers, c’est vraiment génial de pouvoir visualiser la cité portuaire avec autant de précision, je suis fière et ravie !

Merci de ne pas réutiliser cette carte sans l’autorisation de son auteur

Ne manquent plus que les légendes pour compléter l’ensemble, et la carte sera parée pour accompagner le texte. De son côté, Steph a expliqué son travail sur son propre blog, Artis-Delirium. N’hésitez pas à aller lire comment il procède et à lui laisser un petit mot si le résultat vous plait.

Alors, vous la trouvez comment cette carte ?

Ecriture : serais-je en train de devenir architecte ?

Pour ceux qui l’ignorent, je me suis mise à l’écriture en 2013, soit assez tardivement, avec la trentaine. Bon, j’ai toujours eu la fibre littéraire, ce n’est pas pour rien que je suis sortie d’un Bac L, mais je préférais lire, je ne me sentais pas capable de raconter des histoires. Je laissais ça aux autres, plus doués – oui, mon manque de confiance en moi remonte à loin !

C’est un mal-être général qui m’a laissé penser que peut-être, je n’autorisais pas assez ma fibre créative à s’exprimer. Pourquoi ne lui donnais-je pas une chance ? Pourquoi me concentrais-je uniquement sur le travail, au point d’en tomber malade ? J’ai donc entamé la rédaction du Cycle du Dieu Noir, d’abord à titre thérapeutique, avant de bien vouloir admettre que non seulement, c’était génial d’écrire, mais qu’en plus je n’y étais pas trop mauvaise.

À partir de ce moment-là, j’ai commencé à me documenter, à chercher les moyens de progresser et découvert des concepts comme les points de vue, les dialogues, l’art de concevoir une histoire et de la préparer. J’ai découvert que chaque écrivain fonctionne à sa manière, notamment ce que G.R.R Martin appelle les jardiniers et les architectes. Ceux qui fonctionnent à l’instinct ou avec un plan déjà bien précis.

Sans surprise, j’étais une jardinière…

Rédiger un plan ? Pourquoi faire ? J’avais une idée du début et de la fin en tête, des personnages assez clairs, tout était bon ! Je voyais à peu près la route à suivre, même si parfois mes héros me faisaient bifurquer brusquement vers l’imprévu et j’adorais leur laisser la main.

Au fond de moi, je suis désorganisée, mais je finis toujours par arriver à destination. C’est juste long, très long. Trop long. Cela explique sans doute mon intérêt pour les outils comme le bullet journal, comme une volonté de ma part de structurer mes pensées et mes actions pour gagner du temps.

Les jardiniers sèment leurs idées, les arrosent, les laissent croître à leur rythme, selon l’angle qu’elles choisissent. C’est un peu le chaos, ça prend du temps, mais à la fin, en général, ils obtiennent un jardin luxuriant. Charge à eux de tailler, repiquer et désherber pour donner à cette masse sauvage l’aspect ciselé d’un roman. Ou d’abandonner, découragés par la masse de travail, c’est selon !

Du travail, encore du travail…

Etre un jardinier implique en effet un somme considérable de boulot après coup. Quand j’ai écrit le premier jet du tome 1 du Cycle…, c’était un pavé énorme, brut, sorti tout droit du terreau de mon imagination, mais impossible à éditer en l’état, je l’admets aujourd’hui. Cela m’a poussée à réfléchir à sa réécriture. Et aussi à ma façon d’écrire.

Si je ne me cadre pas, ma réécriture sera encore plus bordélique que la précédente. C’est pourquoi j’ai décidé de laisser parler la minuscule part d’architecte qui sommeille en moi.

Poser des bases avant l’écriture

Au contraire des jardiniers, les architectes, eux, préparent le terrain avant de commencer la rédaction. Ils peuvent avoir un synopsis détaillé, des fiches de personnage, une bible d’univers complète avant de se lancer et savent précisément ce qu’ils vont écrire, même s’ils peuvent se laisser la liberté de modifier leur plan.

L’inconvénient de cette préparation, c’est que parfois, à force de jalonner le chemin, on finit par tellement connaître l’histoire qu’on se retrouve à ne plus avoir envie de l’écrire.

Ce que j’essaye de mettre en place, c’est un mélange harmonieux de ces deux aspects de ma personnalité : la bordélique à l’imagination débridée et la fille organisée qui chapeaute un peu l’ensemble. Je suis convaincue qu’elles peuvent bosser ensemble.

Ma méthode actuelle :

  • Je rédige un squelette pour chaque gros épisode.

Quels événements sont prévus ? Où doivent aller les personnages ? Quelle conclusion ? Pas trop de détails, juste un cadre qui me laisse encore de la place pour improviser.

  • Je prépare un mini synopsis de chaque scène avant de l’écrire
  • Plus de premier jet à l’ordi.

J’écris d’abord sur papier avec un stylo. Pourquoi ? Parce qu’écrire à la main nécessite plus d’effort qu’au clavier. Un effort conscient qui me pousse à réfléchir à mes phrases, à peser mes mots. Comme je me fatigue plus vite à la main, je cadre davantage l’histoire, j’écris un premier jet concis et j’évite la dispersion. Une fois que je reprends mon chapitre sur le PC, je suis libre d’aménager mes descriptions, ciseler mes dialogues et ajouter les détails qui manquent à chaque scène. En plus, écrire à la main me détache de l’ordinateur et surtout d’internet, donc je me concentre plus et je procrastine moins !

Bien sûr, au fil de l’eau, j’ajusterai cette méthode pour l’améliorer.

Et vous, comment pratiquez-vous l’écriture ? Préparation complète avant ? Plongée en apnée et advienne que pourra ? Racontez-moi, ça m’inspirera peut-être !

Alors, elle parle de quoi ton histoire, en fait ?

Un billet avec de gros morceaux de résumé croquants dedans !

Avec l’arrivée de la rentrée, mon projet de publication sur le blog devient de plus en plus concret. C’est là qu’intervient le moment stressant pour tout auteur/ autrice, celui où l’on doit expliquer aux lecteurs de quoi parle son histoire. Alors en général, quand on n’est pas préparé, ça donne à peu près ça :

« EUHH, alors en fait, il y a cette petite fille, tu vois, c’est une voleuse, dans un genre d’Égypte antique, mais pas vraiment réaliste, en fait. Et euuuuuhhh… elle a trouvé une pierre magique, et euh, mais en fait elle l’a plus, hein, elle l’a juste approchée et depuis, une déesse s’intéresse de près à elle – je raconte mal, désolée, c’est le stress ! C’est compliqué, il se passe plein de trucs dans sa vie ! »

Je crois que j’ai trouvé pire que la rédaction du premier jet d’un roman : en écrire le pitch !

Tiré de « The Big Lebowski », des frères Cohen

 

Attention, je ne parle pas de la quatrième de couverture, mais bien de ces quelques phrases qui donnent le ton, éveillent l’intérêt pour le texte. Vous savez, quand vous lisez le programme télé, ce tout petit synopsis qui va vous inciter à vous poser devant tel film ou à zapper pour regarder Top Chef.

Après tout, en tant qu’autrice, je connais mon projet par coeur, chaque méandre, chaque secret (enfin sauf qu’en bonne jardinière, ce n’est pas tout à fait vrai, mes personnages arrivent très souvent à me surprendre !) et je n’ai aucune difficulté à cerner les enjeux de mon récit.

Le problème, c’est de réussir à les résumer à mes futurs lecteurs pour leur donner envie de plonger dans mon histoire ! Et le plus fun, c’est que non seulement je dois résumer la série, mais aussi chaque épisode ! Youhou ! Elle est pas belle, la vie ?

Allez, comme je suis d’humeur joyeuse, je vous montre un peu le chemin parcouru dans mon carnet pour pondre une version acceptable du truc ! 

Et encore, je vous épargne les 2 pages précédentes, déjà pleines de ratures 🙂
Là, on commence à approcher du résultat voulu !

Que dire dans un pitch ?

Dans un pitch, la tentation est grande d’essayer de tout expliquer, de l’intrigue principale aux personnages. Après tout, ne sont-ils pas fascinants ? On a tant travaillé, sué sang et eau pour donner corps à nos idées, il parait normal d’avoir envie de tout dire, pas vrai ?

Le problème, c’est que c’est impossible. Si on veut « vendre » notre histoire, il faut cibler l’essentiel, être percutant, et surtout bref.

Pour aller à l’essentiel, on doit connaître les éléments qu’on désire mettre en avant. Qu’est-ce qui est réellement important, qu’est-ce qui va donner envie, ouvrir l’appétit ? Très honnêtement, je me cherche encore de ce côté-là. Néanmoins, ça commence à venir, au fil des essais. J’ai soumis mon brouillon à Cocyclics, afin de recevoir un coup de main de la part d’autres auteurs et après quelques retours, voici le résultat :

Pitch de la saison 1

Alaia, une voleuse élevée à la dure dans les rues de Djedou, voit son destin bouleversé par une mystérieuse relique. Désormais sous la protection d’Ishtar, la jeune fille se retrouve à son insu dépositaire des espoirs de la déesse, déterminée à restaurer sa grandeur perdue.

Mais qu’attend réellement Ishtar de son émissaire ? Quelles épreuves Alaia devra-t-elle affronter sur son chemin ?

Est-ce que ce résumé vous donne envie, à vous ? Et comment vivez-vous l’étape du pitch de votre côté ? Bête noire, trop facile ? Si on en parlait ?