Le deuxième accord toltèque: n’en faites pas une affaire personnelle

Bonjour à tous !

Cette semaine nous poursuivons notre chemin à travers les 4 accords toltèques, de Don Miguel Ruiz, pour que janvier ne soit pas un mois de déprime hivernale, mais plutôt un mois consacré à l’amélioration de nos relations avec nous-même et les autres.

Lundi dernier, nous avons discuté du premier : Que votre parole soit impeccable. Nous avons vu que cette simple petite phrase contient en réalité un pouvoir énorme sur vous et sur les autres. C’est probablement le conseil le plus important et le plus difficile à mettre en place, mais bien suivi, il peut nous mener vers la quiétude et une liberté retrouvée.

Les 3 accords suivants découlent naturellement du premier, vous verrez. Aujourd’hui, nous abordons le deuxième :

Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle

Alors, même si le premier accord toltèque est le plus exigeant, je trouve que celui-ci est presque aussi compliqué à aborder. Nous avons été habitués à prendre personnellement tout ce qui se passe autour de nous. Le monde actuel nous pousse à prendre parti pour toutes sortes de choses. Un exemple flagrant à mes yeux, ce sont les réseaux sociaux. Combien de fois ai-je assisté à des disputes, à des débats qui tournaient au pugilat sur Facebook ou ailleurs ?

Pourquoi ?

Vous faites une affaire personnelle de ce qui vous est dit parce que vous y donnez votre accord. Dès lors, le poison s’infiltre en vous et vous êtes piégé dans l’enfer. La raison pour laquelle vous vous faites piéger est ce que l’on appelle l’importance personnelle, c’est-à-dire l’importance que l’on se donne. S’accorder de l’importance, se prendre au sérieux, ou faire de tout une affaire personnelle, voilà la plus grande manifestation d’égoïsme, puisque nous partons du principe que tout ce qui nous arrive nous concerne. Au cours de notre éducation, de notre domestication, nous apprenons à tout prendre pour soi. Nous pensons être responsable de tout.

Don Miguel Ruiz, les 4 accords toltèques

Parce que nous avons été programmés pour avoir le dernier mot. Si quelqu’un nous oppose un argument, nous nous faisons un devoir de lui prouver qu’il a tort et que nous avons raison. Parce que nous en faisons une affaire personnelle. En réagissant à des propos négatifs, voire à des insultes, nous invitons les gens à nous inclure dans leur vision du monde et à nous infecter avec leur poison.

Car c’est bien de poison qu’il s’agit, vous savez, poison émotionnel dont l’auteur parlait déjà dans le premier accord. En prenant les choses de façon personnelle, nous devenons vulnérables à la souffrance, à la colère et aux croyances mensongères projetées vers nous par les autres. Et nous courons le risque de les projeter à d’autres à notre tour.

L’idée, c’est que chacun voit le monde à travers un prisme qui lui appartient. Nous sommes le scénariste de notre histoire, nous en sommes aussi le personnage principal, mais nous essayons d’inviter les autres à prendre part à notre histoire, à y jouer un rôle. Réciproquement, les autres essayent de nous entraîner dans un rôle qu’ils ont choisi pour nous. Si nous y consentons, nous perdons le contrôle sur notre propre histoire. Tout ce que les autres vous disent n’est qu’une projection de leur scénario sur vous. En prenant personnellement ce qu’ils vous disent, vous risquez d’y croire.

Si quelqu’un vous donne son opinion en disant : « Qu’est-ce que tu as l’air gros ! », n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en vérité cette personne est confrontée à ses propres sentiments, croyances et opinions. Elle essaye de vous envoyer du poison et si vous en faites une affaire personnelle, alors vous le recevez et vous l’appropriez.

Don Miguel Ruiz, les 4 accords toltèques

Si vous avez accepté l’idée de ne jamais rien prendre personnellement, vous vous immunisez contre le poison des autres, vous savez que rien de qu’ils vous diront ne vous touchera, car ce qu’ils disent pour vous blesser est en réalité une projection de leur propre souffrance.

Dans mon travail, je suis confrontée à la clientèle, en face à face et au téléphone. Autant dire que les risques de conflits sont légions. Combien de clients viennent cracher leur mécontentement chaque jour dans mon bureau ? Je l’ignore. Ce que je sais, maintenant, c’est qu’en ne prenant plus leur colère à titre personnel, non seulement je m’épargne de l’angoisse et de la culpabilité inutiles, mais je limite fortement la virulence des gens. Pour autant, je ne suis pas toujours aussi détachée que je le voudrais. Il m’arrive encore de me sentir blessée par des remarques au quotidien, alors qu’elles n’ont en réalité rien à voir avec moi. C’est du boulot, ces accords, je vous le dis !

Comme toujours, n’hésitez pas à donner votre opinion dans les commentaires. Pensez-vous maîtriser cet accord ? Sinon, avez-vous l’intention d’essayer ?

En attendant, je vous souhaite une excellente semaine et vous dis à lundi prochain!

 


7 réflexions au sujet de « Le deuxième accord toltèque: n’en faites pas une affaire personnelle »

  1. Encore un grand merci pour cette série d’articles autour de accords toltèques! C’est une belle redécouverte de ces principes (qui m’a donné envie de relire le livre, d’ailleurs).

    Ce deuxième accord a été le plus difficile pour moi à intégrer, mais aussi le plus libérateur. La première fois que j’ai lu le livre, je travaillais en boutique Orange, et, comme toi, j’ai pu appliquer ce principe aux clients mécontents des services Orange, qui venaient s’en prendre au premier interlocuteur qu’ils trouvaient, à savoir moi (ou mes collègues).

    Mais ce qui est le plus difficile je trouve, ce n’est pas de l’adapter dans ce contexte, qui est professionnel et finalement avec peu d’affect (la qualité du service Orange ne me tenait pas plus à coeur que cela, en dehors de la qualité de mon propre travail). Mais plutôt d’apprendre à ne pas en faire une affaire personnelle quand il s’agit de personnes dont on est proche ou de sujet qui tiennent à coeur comme les valeurs que l’on défend. Quelque part, quand une personne vient remettre en question une opinion, une position, une conviction que tu défends, c’est comme s’ils remettaient en cause une partie de ton identité.

    L’autre difficulté, c’est d’admettre qu’en effet, quand les gens réagissent à toi, ils le font en rapport avec eux-mêmes et souvent, leur parole est un reflet de leur propre monde et non un jugement sur toi, personnellement. Parce que accepter ça, ça veut dire accepter que dans leur tête, eux-mêmes sont plus importants que moi. Accepter de ne pas en faire une affaire personnelle, c’est accepter que l’on n’est pas si important que ça aux yeux des autres. Personnellement, en tant qu’introvertie, cela a été très rapidement une libération, mais je peux comprendre que beaucoup de gens se sentent menacés à cette idée…

    Enfin (oui je sais le commentaire est long :/), j’ai remarqué une autre chose par rapport à ça, c’est de lâcher prise sur le besoin d’être compris. Par exemple, j’ai écrit un article récemment sur mon parcours professionnel et mon choix de quitter mon CDI, qui a été pas mal repris et suscité tout un tas de réactions. Déjà, ça a été assez difficile de ne pas prendre personnellement les commentaires négatifs, surtout que c’est un sujet intime. Mais surtout, ce que j’ai trouvé très difficile, c’est quand les gens se sont approprié mon message et n’ont pas du tout compris ce que je voulais dire, voire l’ont interprété à l’opposé du message que je voulais envoyer. J’ai eu envie de me justifier, d’expliquer ce que je voulais dire, d’être comprise. Et en fait, il faut accepter qu’une fois que le message est public, il ne m’appartient plus, les gens se l’approprient et je ne dois pas faire une affaire personnelle de leur interprétation. Mais c’est dur de lâcher prise sur l’envie d’être compris.

    Voilà, désolée pour la lecture pavé ^^ Ou plutôt, merci beaucoup d’avoir pris le temps de lire mon long commentaire en entier! (je viens de lire un article qui dit de dire merci au lieu de désolée 😉 )

    1. Quand le témoignage est encore plus clair que l’article! 😀 Merci à toi Florie, j’ai adoré lire ton pavé qui montre que tu as su t’approprier cet accord dans ta vie perso. Tes choix sont tiens, ils n’appartiennent qu’à toi, peu importe ce que les gens en pensent ou veulent te contraindre à croire !

  2. Très bel article, once again. Merci, ma chère Aemarielle. Et merci aussi à toi, Florie, pour ton témoignage. <3 Je me retrouve aussi fortement dans cette idée du "poison" qu'on récupère, via des confrontations, des jugements, et même des remarques innocentes en provenance du monde extérieur. Or, ces remarques n'ont d'impact sur nous que parce que nous acceptons de les considérer, de les "intégrer", nous avons le choix de cesser de nous empoisonner, en prenant un recul, une forme de "détachement", en n'en faisant pas une affaire personnelle justement. 😉 Pour moi, cet accord là est presque plus difficile que le premier, parce qu'il concerne la relation à soi-même. Et ce qu'on choisit pour soi, ce qu'on s'accorde, la place qu'on se donne, et par rebond, la liberté d'être léger et libre du regard des autres.

    1. C’est tout à fait juste, et je partage ton sentiment: c’est probablement le plus compliqué à intégrer. On a tellement l’habitude de se placer au centre de tout, qu’on en oublie que les autres aussi se voient au centre ^^

  3. Comme je le disais dans le précédent article, c’est cet accord que j’ai le plus de mal à mettre en pratique.
    Je pense que l’auteur occulte tout de même un point important : tout le monde n’a pas la même sensibilité. Je pense que j’ai été terriblement blessée et déçue dans ma vie, mais qu’une autre personne aurait ri de ce qui lui arrivait.
    Par contre, ça vaut effectivement la peine de prendre du recul, dans son propre intérêt.
    Donc, au boulot ! 😉

    @ Florie : je suis désolée d’apprendre que tu as reçu des commentaires négatifs en postant ton article, que j’avais trouvé beau et courageux. 🙁
    Je ne sais pas si tu as choisi de les laisser, mais personnellement, je vais beaucoup mieux depuis que je supprime les commentaires fielleux (et d’ailleurs, je n’en ai pas reçu depuis longtemps : les trolls ont dû comprendre que ça ne servirait à rien) : en effet, je considère mon blog comme mon espace, un espace positif et d’échanges mais je n’ai pas à être la garante de la liberté d’opinion. Si des propos sont haineux, je les supprime sans même y répondre.
    AInsi, je reste dans ma bulle et je protège aussi ceux qui viennent sur mon blog de lire ce genre de poison…

    Mais ce n’est que mon avis. 😉

    A qui le tour du commentaire le plus long ? :p

    1. Je vais organiser le concours du comm le plus long, tiens ! 😀 Sans rire, je crois que tu dis vrai, la sensibilité personnelle est importante, mais je crois que l’auteur ne l’a pas occulté; j’ai l’impression qu’il relie cette sensibilité et ce sentiment de blessure à la petite voix mensongère qui nous martyrise dans notre tête. Mais ça reste super difficile à maîtriser, je le reconnais!
      Tu as bien raison de ne pas laisser de place aux commentaires trollesques et je suis contente que tu ne souffres pas trop de ce fléau sur ton espace !

Laisser un commentaire