Écriture : La genèse du Cycle du Dieu Noir

Bonjour à vous !

Ces derniers temps, je vous ai beaucoup parlé des outils que j’utilise pour écrire, suivre mes projets, mais force est de constater que je suis assez discrète sur le contenu de mon roman lui-même. Non par peur d’un éventuel vol d’idées, mais plus par timidité et peur de déranger.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de vous parler un peu plus en détails des origines du Cycle du Dieu Noir.

Commençons par un résumé:

Le Dieu Noir s’est éteint depuis des siècles, assassiné de la main de son « frère » Set, qui a revendiqué le trône et la main de la Reine des Cieux. Cette dernière, dans l’ombre, ourdit patiemment sa vengeance contre l’usurpateur qui l’a spoliée de son pouvoir et de son époux.

Sur la terre de Kemet, Alaia, une orpheline élevée parmi une bande de voleurs, croise le chemin d’un guerrier inconnu. L’homme transporte une gemme mystérieuse, dont l’appel attire étrangement la fillette. Si Alaia est loin de mesurer le pouvoir qui vient de la frôler, elle se retrouve néanmoins emprisonnée dans la toile tissée par la puissante et retorse Astarté, qui rêve de restaurer sa grandeur perdue.

L’idée de poser cette histoire sur le papier m’est venue après une longue campagne de jeu de rôles dans un univers aux parfums d’Antiquité.

(Pour de plus amples explications sur le jeu de rôles, je vous invite à lire l’article très complet rédigé par Dorian Lake sur son blog.)

À ce moment là, il y a environ trois ans, je n’allais pas très bien moralement et j’avais besoin de me vider la tête. L’envie d’écrire s’est imposée d’elle-même. Jusque là, je n’avais rien écrit d’autres que des historiques pour mes différents personnages. Pas de nouvelles, pas de roman laissé dans un tiroir, rien. Et aucune expérience de la création littéraire non plus, en dehors d’une longue liste de lecture dont il a fallu que je tire l’essence pour savoir comment débuter mon récit.

Ce que je savais faire, en revanche, c’était créer des personnages et leur donner une famille, une vie, des objectifs et des projets. Je suppose que c’est grâce à cela que j’ai mené le tome 1 à son terme au lieu d’abandonner cette idée saugrenue ! (Ça et le soutien sans faille de Monsieur !)

J’avais envie de parler de mes personnages, de les voir évoluer, grandir, souffrir et aimer. C’était au moins un début.

Quand j’ai posé les bases du Cycle du Dieu Noir, je connaissais :

  • l’objectif du récit, puisque je l’avais longuement joué
  • le personnage principal
  • quelques antagonistes

Je savais que je voulais:

  • une femme comme personnage central et si possible, pas une femme sachant manier l’épée à deux mains comme personne et/ou animée d’une envie de vengeance, pouvoir, conquête, trouver le prince charmant, devenir le sidekick de l’élu de la prophétie etc. (Attention, certains romans impliquant ces caractéristiques sont très bien, c’est juste que le schéma ne me parlait pas pour le Cycle du Dieu Noir. ^^)
  • qu’elle ne soit pas la seule femme du récit
  • que les dieux interviennent dans l’histoire, mais de façon subtile.
  • revisiter le thème Isis Osiris.
  • que l’ambiance serait résolument sombre
  • Qu’on puisse reconnaître quelques aspects de notre monde, sans pour autant s’y trouver.

Je précise que ce n’était pas juste pour le plaisir de parler de sexe et de violence que j’évoque l’ambiance sombre, mais parce qu’ayant été nourrie depuis l’enfance avec des bouquins de mythologie Grecque et Égyptienne – les parents ne savent pas toujours ce qu’ils font ! ^^ –, certains récits impliquant meurtres, viols, enlèvements, inceste m’ont laissée imaginer que, non, je n’allais pas écrire la vie des Bisounours !

Ce que j’ignorais:

  • Comment mener Alaia, mon héroïne, du point de départ à l’arrivée, c’est-à-dire au terme de sa quête, tout en la faisant grandir et mûrir de sorte qu’on s’attache à elle malgré ses nombreuses fêlures et défauts.
  • Combien de tomes je voulais vraiment écrire. Je suis passée par des phases de 3 à 6 volets. Finalement, je me demande si le format série n’est pas plus adapté à ce que j’ai envie de développer.
  • Comment introduire les antagonistes de façon crédibles, sans rester dans le schéma classique : « Méchant sorcier noir convoiter puissant artefact-qui-menace-le-monde, tuer famille du brave et courageux héros (forcément en possession de ce maudit truc ) et le poursuivre sans relâche jusqu’à bataille finale !! »

Ces éléments ont heureusement eu le temps de décanter au fil de l’écriture et des réécritures ! En plus, j’ai acquis des connaissances à force de fréquenter les forums comme CoCyclics et tous les sites dédiés aux auteurs.

Quand j’ai commencé sa rédaction, j’ai naturellement pensé que Le Cycle du Dieu Noir se destinait aux adultes, au vu de son contenu explicite. Aujourd’hui, je me demande si en réalité, je n’ai pas écrit du Young Adult, étant donné qu’Alaia et ses camarades sont assez jeunes. mais bon, franchement, je ne m’embarrasse pas trop de ces considérations. Le plus important pour moi est le plaisir d’écrire cette histoire et de vous offrir un bon moment de lecture.

Et vous, d’où vous viennent vos idées pour vos projets ? N’hésitez pas à venir en discuter par ici !

Bonne semaine à vous! 🙂

Aemarielle


10 thoughts on “Écriture : La genèse du Cycle du Dieu Noir”

  1. Je ne me souviens plus comment ou pourquoi je me suis lancée dans Fiha (c’était il y a plus de 10 ans !). Mais une chose est certaine, au fur et à mesure que je lisais de la fantasy, j’avais remarqué que toutes les héroïnes étaient des têtes à claques qui n’assumaient pas leurs erreurs et attendaient toujours le héros (ou l’antagoniste) pour la sauver. Et dans le cas de l’antagoniste, il devenait mou du genou quand il voyait l’héroïne.
    Comment dire…

    1. C’est un peu pareil pour moi. Je ne rejette pas toutes mes lectures fantasy, après tout, elles m’ont donné envie d’en écrire, mais certains schémas concernant les personnages féminins avaient quelque chose d’un peu frustrant. Mourir pour motiver le héros à se bouger, se faire enlever bêtement, commettre des bourdes que le héros devait réparer… et j’en passe.
      Autant essayer de modifier un peu l’ordre des choses ^^
      Même si Fiha (comme Alaia) a des soucis avec certains membres de la gent masculine, elle n’attend pas son preux au sommet de la tour, elle mène sa vie avec intelligence et courage! La base, quoi! 🙂

  2. Cet article est passionnant !
    C’est fou de voir d’où tu es partie et où tu te trouves aujourd’hui (et nul doute que ça continue à évoluer ;p).
    Bravo pour tout ton travail <3

  3. Voici un thème que j’aime beaucoup ! Le processus de création est si passionnant je trouve. Tes bases étaient déjà bien solides (quand tu parles notamment d’objectif de récit, je ne peux qu’approuver, moi qui ne le décèle que tard dans l’écriture 😉 ). Et constater le résultat aujourd’hui atteste que tu ne t’es pas écartée de tes buts, mais que tu as su les enrichir. Cela me donne toujours à réfléchir quant à ma manière de débuter : les personnages naissent et seuls leurs traits de caractère réussissent à déclencher le rythme du tip tap top du clavier. Je dois deviner l’histoire au fur et à mesure que je leur donne vie. C’est un processus long mais dont je n’arrive pas à me défaire. Comme celui qui nait actuellement dans ma tête : j’ai les protagonistes en tête mais je n’ai aucune idée du monde et de l’enjeu à créer…
    Merci pour cet article <3

    1. Mais ma chère Yria, c’est que tu es une pure jardinière qui a besoin de liberté pour écrire. Je l’étais aussi, je t’avoue: même si je connaissais l’idée, je n’avais aucun plan pour aller de ce fameux point A au point B. Avec le temps, j’ai dû modifier ma façon de travailler parce que je partais dans tous les sens (c’est ce qui occasionne la réécriture du tome 1, d’ailleurs), créant des persos qui n’avaient rien à faire là, laissant les gens errer à leur guise. Aujourd’hui, je les encadre plus. Je suppose que c’est l’expérience qui m’a douchée! ^^
      et je t’en prie, merci à toi d’avoir pris le temps de lire et commenter ! <3

  4. C’est super intéressant de pouvoir lire ton processus de création, merci beaucoup de l’avoir partagé avec nous 🙂 J’ai l’impression que tu as beaucoup avancé et progressé depuis les premières idées, bravo pour ta persévérance!
    Du coup tu envisages carrément un format série finalement pour le cycle du Dieu Noir, plutôt qu’une histoire en 3 tomes?

    1. Hi hi hi, un jour je retrouverai les premiers chapitres que j’ai écrits en 2013, une catastrophe absolue ! ^^ Donc oui, je pense avoir progressé et heureusement d’ailleurs pour vos pauvres petit yeux!
      En fait oui, je me dirige de plus en plus vers une série en plusieurs saisons qu’en tomes classiques. J’aime l’idée de pouvoir développer mes persos au fil des épisodes, ça me laisse de la place! 🙂

  5. Merci pour ce partage, Aemarielle, c’est effectivement passionnant de voir comment nait une histoire, puis comment elle évolue en même temps que son auteur.^^ Et c’est toujours à la fois euh… terrible et très satisfaisant de constater la marge de progrès depuis le premier « premier jet » et l’endroit où l’on se trouve aujourd’hui.^^

    1. C’est vrai que voir ses progrès a quelque chose d’extrêmement plaisant. Pour ma part je suis très curieuse de savoir d’où te viennent toutes tes fantastiques idées de romans. Je trouve ton univers tellement original, poétique et décalé ! Si jamais tu ouvres ton blog, ce serait un plaisir d’en savoir plus sur tes écrits et la façon dont ton esprit les dessine!

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